Identification

Chroniques régulières

Peaux d’écriture (5) (par Nathalie de Courson)

Ecrit par Nathalie de Courson , le Vendredi, 18 Janvier 2019. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« L’eau verte pénétra ma coque de sapin »

 

Le mot « ciseler » est à la mode dans les chroniques littéraires. Un compliment que l’on adresse fréquemment à un écrivain contemporain est d’avoir « une écriture ciselée ». Est-ce une simple manière de dire que le texte est proprement travaillé, ou entrerait-on aujourd’hui dans une sorte de Parnasse teinté de maniérisme, peuplé d’auteurs chez qui prédomine le soin de sculpter et d’orner les étuis formels qu’au cours des deux derniers siècles d’autres avaient sciemment mis à mal ?

Revenons par exemple à Rimbaud avec un poème des milliers de fois commenté : Le Bateau ivre. La légende rimbaldienne dit que l’adolescent de Charleville-Mézières, invité par Verlaine, est arrivé à Paris en 1871 avec dans ses bagages ce grand poème considéré aujourd’hui comme emblématique du poète Voyant par la richesse de ses images hallucinées.

La Styx Croisières Cie (8) Août 2018 (par Michel Host)

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 20 Décembre 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« … son pied glissa et, à l’instant suivant, plouf ! elle se trouvait plongée jusqu’au menton dans l’eau salée. Sa première idée fut qu’elle était, par suite de circonstances inexplicables, tombée dans la mer. “Dans ce cas, se dit-elle, je pourrai prendre le train pour faire le voyage de retour” (Alice était allée au bord de la mer une fois dans sa vie, et, par une généralisation hâtive, elle en avait conclu que partout où l’on va sur les côtes anglaises on trouve un grand nombre de cabines de bain trempant dans l’eau, des enfants en train de creuser des trous dans le sable à l’aide de pelles en bois, puis une rangée de pensions de famille et, derrière ces pensions de famille, une gare de chemin de fer). Cependant, elle ne tarda pas à comprendre qu’elle se trouvait dans la mare formée par les larmes qu’elle avait versées lorsqu’elle avait deux mètres soixante-quinze de haut ».

Lewis Carroll, traduction H. Parisot

Jules de Montalenvers de Phrysac, noté dans le Livre de mes Mémoires

Le roman de l’apocalypse islamique européenne, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 11 Décembre 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

L’islamisme ronge l’Europe, petit à petit. Sème la terreur et le chaos à une vitesse frappante. Quand il arrivera à mettre définitivement la main de la violence et de la haine sur les sociétés européennes, ses fractions terroristes qui forment son idéologie fasciste se retourneront les unes contre les autres. Et cette guerre islamiste en Europe n’est pas loin. Mais si les islamistes d’aujourd’hui ont trouvé refuge en Europe fuyant leurs frères ennemis des pays islamiques, quel sera-t-il le sort de ces mêmes islamistes européens si demain ils étaient chassés par leurs confrères d’Europe ? Le jour où les islamistes ne trouveront où aller se réfugier, ils se mangeront les uns les autres et l’heure de l’apocalypse sonnera !

Le roman algérien de graphie française, depuis les années cinquante, a été le miroir littéraire reflétant les topographies de l’âme algérienne et maghrébine, dans une géographie humaine européenne, tantôt rêveuse tantôt cauchemardesque. Tantôt prometteuse tantôt désespérante. Violente et clémente à la fois.

Commémoration du centenaire de l’armistice du 11 Novembre 1918 Russes et marocains au secours des français (par Mustapha Saha)

Ecrit par Mustapha Saha , le Vendredi, 07 Décembre 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

A l’occasion de la commémoration du centenaire de l’armistice du 11 Novembre 1918à Paris, Vladimir Poutine, en escapade de la messe officielle, a déposé une gerbe, sous pluie battante, sur le monument en hommage au corps expéditionnaire russe de quarante mille hommes, engagés aux côtés des français pendant la Première Guerre mondiale. Noires limousines et rouges églantines sur statue de bronze. Contrairement à la grande kermesse de l’Arc de Triomphe, la cérémonie sur berges de Seine se déroule dans une étonnante intimité. Le secteur est largement isolé et sécurisé. Ne se profilent sous les arbres qu’uniformes sombres et gendarmes en surnombre. La discrétion des autorités françaises n’est pas anodine. Cette histoire singulière concerne des soldats inclassables, irrécupérables, qui se distinguent autant par leur bravoure sur les champs de bataille que par leur refus des horreurs de la mitraille (Héros et mutins Les soldats russes sur le front français 1916-1918, Eric Deroo, Gérard Gorokhoff,  Gallimard, 2010). (La Révolte des soldats russes en France, Rémi Adam, éditions Les Bons caractères, 2007).

Peaux d’écriture (4) Robert Walser et le territoire du crayon (par Nathalie de Courson)

Ecrit par Nathalie de Courson , le Vendredi, 26 Octobre 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Robert Walser donne l’impression de n’avoir jamais mué, d’avoir gardé à volonté son duvet enfantin, et avec lui sa fragilité. Ses textes nous arrivent turbulents et primesautiers comme des oisillons, donnant le tournis à quiconque voudrait les attraper. C’est particulièrement frappant dans Le Territoire du crayon, dont voici un extrait pris au hasard, p.222-223 (1) :

J’aime lire des poèmes, parce que l’esprit de l’auteur concerné s’y reflète de façon immédiate. Savourer un poème prend si délicieusement peu de temps. Voilà déjà qui a beaucoup de valeur. Mais je voulais parler de couvertures de livres, et là, ce sont les souvenirs les plus agréables qui me reviennent. Des tramways filaient dans les rues. J’avais kidnappé ou, en termes plus mesurés, détourné un enfant d’une des poussettes qui nous entouraient, puis ayant mis en sûreté ce trésor, dans tous les sens du terme, je me rendis dans un club où je réussis à terrasser un géant.