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Chroniques régulières

Le hadj ou la rente divine !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 10 Juillet 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Tout ce qui s’achète se vend. Dans la terre d’islam tout est à vendre. Tout est à acheter. On vend Dieu. On vend la religion. On vend une place au paradis. On vend du pétrole. On vend des dattes. On vend les migrants. On vend des tomates. On vend les pays. On vend les versets. On vend les Lieux saints. On vend des hassanat. On vend l’ombre sur les plages. On vend le sable des plages. On vend le vent. On vend tout parce qu’il y a un acheteur pour tout.

Au fur et à mesure que la guerre dans la région du Moyen-Orient réclame plus d’argent, et afin de payer les factures des usines d’armes américaines, l’Arabie Saoudite trouve en el hadj, le pèlerinage, un moyen de recouvrement opportun. La rente divine !

Au fur et à mesure que le projet saoudien titanesque futuriste appelé Neom sort des sables, un projet du rêve où les taxis volants remplacent les tapis volants, réclamant plus de ressources d’argent, l’Arabie Saoudite augmente dans les taxes des hadjis.

Éphémérides créatives - Gustave Flaubert : « De la forme naît l’idée »

Ecrit par Jean-Marc Dupont , le Jeudi, 05 Juillet 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Le 8 mai 1880, disparition de l’écrivain français Gustave Flaubert (né le 12 décembre 1821).

 

http://flaubert.univ-rouen.fr/

Ici [*] André Verlhac tente « de montrer avec quelle étonnante exactitude les traits de personnalité et de comportement de Gustave Flaubert répondent à ceux du créatif type dépeint par Madame Florence Vidal » en croisant son analyse avec des indices que Flaubert lui-même a écrit dans diverses lettres qui font de sa correspondance un véritable trésor pour mieux cerner son profil créatif.

Les Moments forts (12) : « Vu du pont » aux ateliers Berthier, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 03 Juillet 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

L’on ne saurait évoquer cette pièce sans en résumer l’intrigue, serait-ce brièvement. Résumé que nous donnent Anaïs Bonnier et Frédéric Maurin (in « Vu du pont : l’intensification du point de non-retour ») : « Racontée sous la forme d’un souvenir par l’avocat Alfieri qui en a été le témoin impuissant, l’histoire de Vu du pont se déroule dans le quartier déshérité de Red Hook, à Brooklyn, au début des années 1950. C’est l’histoire d’Eddie Carbone, docker de son état, qui a élevé comme son propre enfant sa nièce Catherine et voit soudain son autorité menacée par le désir d’émancipation de la jeune fille, et son affection, voire une attirance qu’il ne s’est jamais avouée, minée par l’amour réciproque qui naît entre elle et un cousin de sa femme, Rodolpho, fraîchement débarqué d’Italie avec son frère Marco. Blessé dans la virilité de son amour-propre, Eddie n’a de cesse d’accabler Rodolpho, l’accusant d’hypocrisie intéressée, de mensonge sentimental, d’homosexualité, avant de se résoudre à dénoncer les deux clandestins aux services de l’immigration. Marco, en lui crachant au visage, salit son nom ; mais Eddie, en trahissant le code moral, a souillé leur honneur. Mû par un esprit de vengeance, Marco revient le poignarder ».

Les Moments forts (11) : Ivo van Hove et Shakespeare à Chaillot, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 28 Juin 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

ConcernantRichard III, il y eut à Chaillot la vision pétrie d’intelligence du prolifique [1] Ivo van Hove – cela restera l’un de mes hauts souvenirs liés au théâtre –, vision d’une acuité sœur de la plus grande sensibilité (sincérité) qui soit (servie magnifiquement par la scénographie et les lumières de Jan Versweyveld), avec la fin (l’aboutissement) de Kings of War (Chaillot, du 22 au 31 janvier 2016). Spectacle né tout à la fois de Henri V de Henri VI et de Richard III, avec une traduction de Rob Klinkenberg et une adaptation de Bart van den Eynde et Peter van Kraaij (production Toneelgroep Amsterdam, coproduction Barbican à Londres,Théâtre National de ChaillotWiener Festwochen à VienneBL!NDMAN à BruxellesHolland Festival à Amsterdam et Muziektheater Transparant à Anvers).

Et, concernant la sublime pièce de Shakespeare Antoine et Cléopâtre, existent (et c’est heureux !), à Chaillot toujours, les Tragédies romaines du même Ivo van Hove. Spectacle né tout à la fois de Coriolan, de Jules César et d’Antoine et Cléopâtre.

Henry Miller, le verbe en liberté (2), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mardi, 26 Juin 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, Ecrits suivis, La Une CED

 

La passion Anaïs Nin

Après June, l’exil en France, un troisième déclic survient dans la vie de Miller, en la personne d’Anaïs Nin. Il fait sa connaissance à l’automne 1931. Nin décrit ainsi leur rencontre lors d’un repas organisé dans sa maison de Louveciennes : « Lorsque j’ai vu Henry Miller s’approcher de la porte, j’ai fermé les yeux un instant pour le voir d’un œil intérieur. Il était chaleureux, détendu, naturel. Il passerait inaperçu dans la foule. Il est svelte, maigre, pas très grand. Il a un air de moine bouddhiste, un moine à la peau rose, avec un crâne presque chauve auréolé de cheveux argentés et des lèvres pleines et sensuelles. Ses yeux bleus sont froids et inquisiteurs, mais sa bouche a quelque chose de vulnérable. Son rire est contagieux et sa voix caressante, chaude comme la voix d’un noir ». Nin, 28 ans, mariée depuis 8 ans au banquier Hugh Guiler, commence sérieusement à s’ennuyer. Ses aspirations artistiques et sensuelles étouffent sous le corset de l’épouse rangée et vertueuse : « Il n’y a aucune fécondité dans mon mariage avec Hugo. Nous ne créons rien. J’aurais dû avoir des enfants mais je suis une artiste pas une mère ».