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Chroniques régulières

Je veux que mon pays ressemble aux pays des impies !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 21 Août 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Nous sommes musulmans, donc nous sommes parfaits ! Ainsi ronronne ce vieux disque rayé tournant sur un vieux phonographe, depuis des siècles ! Et depuis des siècles les musulmans avancent les pieds enfouis dans la boue de leur Histoire et les têtes pendues aux illusions ! Sous-développement. Guerres. Famines. Peur. Haines. Dictatures. Théocratie. Prêches. Et hypocrisie.

En toute franchise, pourquoi est-ce que je veux que mon pays ressemble aux pays des impies ? Bien que la nouvelle Constitution, les autres anciennes aussi d’ailleurs, nous apprend matin et soir, noir sur blanc, selon l’article 2, que nous sommes musulmans, par naissance, par la force, par la loi ou par la foi, je rêve de voir mon pays ressembler aux pays des impies, similaire aux pays des qoffars ! Je rêve de me réveiller, par un bon matin, à Alger, à Oran, à Constantine ou à Tamanrasset, et voir les rues de nos villes et de nos villages propres et où les gens souriants, confiants en leur avenir, femmes et hommes se précipitent vers le métro pour rejoindre leur lieu de travail à l’heure, dans l’espoir de construire un grand pays appelé l’Algérie ! Comme le font les femmes et les hommes dans les pays des impies !

Les Moments forts (13) : Brad Mehldau à la Philharmonie, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 12 Juillet 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

Donnant corps, à la Philharmonie, avec Three pieces after Bach, à un projet créé au Carnegie Hall (New York) en 2015, Brad Mehldau nous permet de saisir ce qu’est le passé, ce qu’est l’enfance.

En faisant en sorte que s’enlacent – dans le temps long, dilaté, de notre présent – des phrases musicales tombées de lui, à l’issue de sa lecture éblouie de Bach, et des pièces empruntées au Clavier bien tempéré : prélude n°3 en do dièse majeur (BWV 848) ; prélude n°1 en do majeur (BWV 870) ; fugue n°16 en sol mineur (BWV 885) ; prélude n°6 en ré mineur (BWV 851) ; prélude n°7 en mi bémol majeur (BWV 852) ; prélude et fugue n°20 en la mineur (BWV 865).

Le hadj ou la rente divine !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 10 Juillet 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Tout ce qui s’achète se vend. Dans la terre d’islam tout est à vendre. Tout est à acheter. On vend Dieu. On vend la religion. On vend une place au paradis. On vend du pétrole. On vend des dattes. On vend les migrants. On vend des tomates. On vend les pays. On vend les versets. On vend les Lieux saints. On vend des hassanat. On vend l’ombre sur les plages. On vend le sable des plages. On vend le vent. On vend tout parce qu’il y a un acheteur pour tout.

Au fur et à mesure que la guerre dans la région du Moyen-Orient réclame plus d’argent, et afin de payer les factures des usines d’armes américaines, l’Arabie Saoudite trouve en el hadj, le pèlerinage, un moyen de recouvrement opportun. La rente divine !

Au fur et à mesure que le projet saoudien titanesque futuriste appelé Neom sort des sables, un projet du rêve où les taxis volants remplacent les tapis volants, réclamant plus de ressources d’argent, l’Arabie Saoudite augmente dans les taxes des hadjis.

Les Moments forts (12) : « Vu du pont » aux ateliers Berthier, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 03 Juillet 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

L’on ne saurait évoquer cette pièce sans en résumer l’intrigue, serait-ce brièvement. Résumé que nous donnent Anaïs Bonnier et Frédéric Maurin (in « Vu du pont : l’intensification du point de non-retour ») : « Racontée sous la forme d’un souvenir par l’avocat Alfieri qui en a été le témoin impuissant, l’histoire de Vu du pont se déroule dans le quartier déshérité de Red Hook, à Brooklyn, au début des années 1950. C’est l’histoire d’Eddie Carbone, docker de son état, qui a élevé comme son propre enfant sa nièce Catherine et voit soudain son autorité menacée par le désir d’émancipation de la jeune fille, et son affection, voire une attirance qu’il ne s’est jamais avouée, minée par l’amour réciproque qui naît entre elle et un cousin de sa femme, Rodolpho, fraîchement débarqué d’Italie avec son frère Marco. Blessé dans la virilité de son amour-propre, Eddie n’a de cesse d’accabler Rodolpho, l’accusant d’hypocrisie intéressée, de mensonge sentimental, d’homosexualité, avant de se résoudre à dénoncer les deux clandestins aux services de l’immigration. Marco, en lui crachant au visage, salit son nom ; mais Eddie, en trahissant le code moral, a souillé leur honneur. Mû par un esprit de vengeance, Marco revient le poignarder ».

Les Moments forts (11) : Ivo van Hove et Shakespeare à Chaillot, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 28 Juin 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

ConcernantRichard III, il y eut à Chaillot la vision pétrie d’intelligence du prolifique [1] Ivo van Hove – cela restera l’un de mes hauts souvenirs liés au théâtre –, vision d’une acuité sœur de la plus grande sensibilité (sincérité) qui soit (servie magnifiquement par la scénographie et les lumières de Jan Versweyveld), avec la fin (l’aboutissement) de Kings of War (Chaillot, du 22 au 31 janvier 2016). Spectacle né tout à la fois de Henri V de Henri VI et de Richard III, avec une traduction de Rob Klinkenberg et une adaptation de Bart van den Eynde et Peter van Kraaij (production Toneelgroep Amsterdam, coproduction Barbican à Londres,Théâtre National de ChaillotWiener Festwochen à VienneBL!NDMAN à BruxellesHolland Festival à Amsterdam et Muziektheater Transparant à Anvers).

Et, concernant la sublime pièce de Shakespeare Antoine et Cléopâtre, existent (et c’est heureux !), à Chaillot toujours, les Tragédies romaines du même Ivo van Hove. Spectacle né tout à la fois de Coriolan, de Jules César et d’Antoine et Cléopâtre.