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Chroniques régulières

L’ère de la brebis qui parle en arabe !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 23 Mai 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

La société algérienne se trouve, de plus en plus, noyée dans le charlatanisme. Inondée par les fables et les illusions mensongères. Il paraît, de plus en plus, que cette société a les pieds enfoncés dans la boue d’un temps morose où la bêtise est généralisée ou presque.

Depuis le mensonge divin du FIS (parti du Front islamique du salut) des années quatre-vingt-dix, depuis cette illusion politico-céleste caractérisée par l’écriture du nom d’Allah au laser, la société algérienne s’enracine dans le trouble et dans la stupidité. C’était dans un meeting djihadiste, où les militants du FIS fêtaient leur victoire politique controversée, et au-dessus des têtes de leur militants et militantes, et sous la voix de leur guide Abbassi Madani, ont projeté dans le ciel le nom d’Allah écrit au laser. Des dizaines de fous d’Allah, en voyant le nom d’Allah écrit dans le ciel, sont tombés dans les pommes ! Pour leur guide, c’est le bon Dieu, Allah s’est manifesté pour les aider, pour les féliciter et pour les honorer ! « Allah s’est révélé aux fidèles du FIS !! ». « Ils ont vu, de leurs propres yeux, le nom du bon Dieu inscrit dans le ciel. Le miracle ! ». Depuis ce jour-là, la société algérienne s’enterre, et de plus en plus, dans la boue de la fausse conscience politico-religieuse.

Le dernier porc, Horace Engdahl, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 15 Mai 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Le dernier porc, Horace Engdahl, Serge Safran, mars 2018, trad. suédois Elena Balzamo, 104 pages, 14 €

L’aide-mémoire anticipé

 

« Je me suis toujours demandé comment on allait faire – du point de vue purement technique – pour améliorer les mâles de lespèce humaine »

Horace Engdahl

 

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? »

Michel Host

 

J’ai fidèlement rendu compte dans les pages de La Cause Littéraire des traductions (1) des livres du suédois Horace Engdahl, et m’engage à poursuivre dans cette voie. Son humour tranchant ou souriant laisse de belles traces dans l’esprit et la mémoire. Il y a dans ses pages quelque chose du flegme anglais et de l’ironie française parfaitement imités. Cela est rare.

La Styx Croisières Cie (3) Mars 2018, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 04 Mai 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

« Ne travaillant que le réel, il me fallut porter ceci dans le Livre de mes Mémoires : « Le Lièvre de Mars était à ma porte qui criait d’une voix grelottante : – Ouvrez, Monsieur de Phrysac, je vous apporte un message de Monsieur Carroll. – Lequel ? – dis-je, grognon d’être dérangé. – Celui-ci : « Voyez comme le crocodile / Sait faire rutiler sa queue / En répandant l’onde du Nil / Sur ses jolies écailles bleues ! ». – Entrez, l’invitais-je, il fait un froid de canard. Je vous offre un thé. Mais, pardonnez-moi, le message de Monsieur Carroll ne veut rien dire. – Il veut tout dire, au contraire ! me rétorqua le Lièvre très fâché. Puis, soudain pressé, il tira sa montre de son gousset et ajouta : – Je dois rentrer maintenant, le Pays des merveilles, c’est très loin, le bout du monde… Je lui confisquai sa montre, craignant qu’il ne la plongeât dans le thé ».

Jules de Montalenvers de Phrysac, Le Livre de mes Mémoires

Chemins de lectures (11) : Montana, The Big Sky Country

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 24 Avril 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED


C'est ainsi qu'on l'appelle, l'état du Montana, aux USA. Le Pays du vaste Ciel. Un superbe Blues slidé du regretté Chris Whitley a chanté ce « label ».


C'est sûrement Robert Redford qui a le plus contribué à faire connaître, dans le monde entier, cet état du Nord-Ouest des USA. D'abord en s'installant dans le pays. Et puis en mettant en scène, « Et au milieu coule une Rivière », en 1992. Film admirable, adaptation d'un roman plus beau encore de Norman McLean : « La Rivière du sixième jour » (1976, désormais intitulé comme le film).

Et pourtant, le Montana a une autre immense raison d'être un des plus illustres des états américains : c'est la « niche » de la plus grande densité d'écrivains par habitant de la planète. A un point tel que le "New York Times" il y a peu, l'a comparé au Montparnasse des années 1920. On parle de ces écrivains sous une appellation désormais célèbre : "Ecole du Montana".

Les Moments forts (8) : Banksy à Amsterdam, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 11 Avril 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Dans le désordre ? Une peuplade primitive s’attaquant, avec des sagaies, à des chariots de supermarché. Deux grands-mères dans leurs fauteuils, finissant de tricoter, à la lueur d’une lampe vieillotte, des pulls mangés sur toute leur hauteur par les mots « PUNK’S NOT DEAD » [le punk n’est pas mort] et « THUG FOR LIFE » [voyou pour la vie]. Dans une salle de vente (on se croirait chez Christie’s), les enchères s’envolant pour un tableau, monochrome blanc recouvert des lettres « I CAN’T BELIEVE YOU MORONS ACTUALLY BUY THIS SHIT » [j’ai du mal à croire que vous, gros nazes, achetiez cette merde]. Des punks et marginaux faisant la queue pour se procurer un tee-shirt orange de mauvaise qualité à 30 dollars, portant l’inscription « DESTROY CAPITALISM » [détruisez le capitalisme]. Des pleureuses en habits liturgiques levant les bras, joignant les mains devant une affiche proclamant « SALE ENDS TODAY » [les soldes se terminent aujourd’hui]. Crucifié, un christ traditionnel, avec, dans chacune de ses mains, une multitude de sacs témoignant d’achats (compulsifs ?) multiples, qui ont trait au plaisir, aux loisirs (champagne, peluche…).