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Chroniques régulières

À propos de Refrain de Bernard Grasset, par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 05 Juillet 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Refrain de Bernard Grasset, Jacques André éditeur, février 2017, 11 €

 

Poésie du croisement

C’est avec bonheur que j’ai lu le dernier livre de Bernard Grasset, car il vient à la fois s’ajouter à ce que je sais du travail du poète, en même temps qu’il me permet de me distancier de lectures difficiles parfois, qui demandent elles aussi des soins et beaucoup d’énergie. Or, ce livre-là donne de l’énergie et n’en prend pas. J’ai donc aimé cette qualité, disons, du « peu », d’une littérature aérienne, fluide, transparente et essentielle. Oui, une poésie ductile et belle, dans de simples habits de mots, qui se voue à la contemplation ou à l’écoute méditative. D’ailleurs, le sujet du livre tourne autour de la question de l’œuvre d’art en général, et sans nul doute, permet à la poésie de remplir son vœu mimétique (si je peux tirer vers moi la pensée de Walter Benjamin).

Carnets d’un fou, LI - Avril 2017, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 28 Juin 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Son biographe nous raconte que lorsqu’il demanda à Jack Kerouac quel effet ça lui faisait d’être célèbre, celui-ci répondit : C’est comme de vieux journaux que le vent pousse dans Bleecker Street… »

Denis Grozdanovitch, Petit traité de désinvolture

 

#. Deux pages consacrées à Mme Christine Angot dans l’un des tout derniers Monde. Elle a progressé en expression orale, parvenant aujourd’hui à terminer sa phrase, si elle n’est pas trop longue. Elle est la médiocrité littéraire par définition, elle est donc partout encensée, exposée, mise en valeur. Tout est donc selon les règles de cette société.

#. À demi somnolent, j’apprends cette nuit, par la radio, que les implantations d’entreprises étrangères en France connaîtraient un regain significatif. Les investisseurs chinois décerneraient à nos ouvriers, techniciens et ingénieurs la palme de l’ingéniosité, de l’inventivité. Réjouissons-nous.

Les écrivains judéo-algériens, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 27 Juin 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

En ces jours funestes où les haines et les guerres sacrées très sales sont devenues la culture quotidienne, banale, dans le monde arabo-musulman, et afin de lever tout amalgame politico-culturel, j’évoque la littérature judéo-algérienne d’expression française.

Si l’école judéo-algérienne de musique est considérablement connue, par le large public comme par les spécialistes, la littérature judéo-algérienne, quant à elle, demeure totalement méconnue ou tabou.

Le monde de la culture artistique connaît assez bien les génies de la musique et de la chanson à l’image de cheikh Raymond, Reinette l’Oranaise, Lili Labassi, Blond-Blond, Salim Halali, José de Suza, Lili Boniche, René Perez, Maurice El-Medioni, et j’en passe. Une école judéo-algérienne qui a marqué l’histoire de la musique algérienne jusqu’à nos jours.

De l’autre côté, la société littéraire et les gens du livre algériens ne savent rien ou peu de chose sur les écrivains judéo-algériens, à l’image de :

A propos de Sang tabou, Essai intime, social et culturel sur les règles, Camille Emmanuelle, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 21 Juin 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Un long chemin

Le sujet des règles féminines, hors sans doute les traités médicaux et la presse dite « féminine », n’est guère abordé dans l’édition courante, dans la littérature, les essais… sinon aux États-Unis semble-t-il. Depuis quelque temps, il l’est dans la presse quotidienne et hebdomadaire, notamment dans le quotidien Le Monde. Un tabou, effectivement, est en train de tomber. Tabou si évident qu’il est presque inutile de le souligner : le « secret » était jusqu’ici plutôt bien gardé dans les familles, auprès des enfants et souvent même des fillettes et des jeunes filles elles-mêmes, engendrant chez certaines la peur et la honte. Ne parlons pas des jeunes garçons ! Camille Emmanuelle voit ici un très regrettable retard culturel, une arriération, une perpétuation de l’ignorance et donc le terrain préparé pour les à-peu-près, les fables sur la mayonnaise qui tourne et le vin qui se changera en vinaigre… mais aussi pour la moquerie, la plaisanterie humiliante, la dénomination injurieuse, dénigrante, infériorisante, et, somme toute pour des propos relevant de la haine à peine masquée, de la pensée à son plus bas niveau, voire de la non-pensée.

A propos de Ta résonance, ma retenue, Serge Ritman, par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 19 Juin 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Èros et Politikos

A propos de Ta résonance, ma retenue, Serge Ritman, Tarabuste éditions, avril 2017, 324 pages, 22 €

 

La lecture de Ta résonance, ma retenue de Serge Ritman est exigeante et parfois âpre, aussi solitaire que l’exercice de la pensée qui se dévoile au fur et à mesure de ce que l’on pourrait peut-être considérer comme une anthologie. D’ailleurs, il n’est pas improbable que la suite des recueils que compte le livre soit chronologique et nous mène à l’amble de la vie du poète. Je dis cela car il y a une évolution assez visible de pages en pages qui nous font partager la matière, celle du corps disons, érotique, jusqu’à celle du corps, disons, politique et en butte au monde contemporain. Donc pas du tout une poésie de « tour d’ivoire ». C’est ainsi que j’ai balancé d’un chapitre à l’autre pendant plusieurs heures afin de suivre au mieux la pensée du poète, et que j’ai pu en noter le glissement progressif.