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Chroniques régulières

Montréal, par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 29 Mai 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

A Montréal. Sous le ciel gris d’un hiver qui tarde. D’habitude, raconte-t-on, la neige est déjà là mais pas cette fois. Le Québec est peut-être le troisième pays des Algériens. Pour ceux qui y vivent, pour ceux qui en rêvent. Il a la langue française, sans le mal français aux yeux des voyageurs algériens. On y parle le français sans y ressentir l’histoire. Un pays nu et neuf. Avec des arbres immenses, de la neige qui suspend le temps, des diversités qui apaisent la peur d’être étranger et des villes belles avec des noms proches des prénoms de chacun. Donc, on y vit bien, dans cette France-bis épargnée par le procès de la colonisation/décolonisation. On est en France sans le poids de la France et on est en Algérie sans les guerres d’Algérie. Et on est même en Amérique.

Plateau Virtuel club #5, par Marie du Crest

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 25 Mai 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Et de cinq. L’émission de Radio Clapas, cette fois-ci est consacrée à la dernière pièce de Samuel Gallet, publiée comme l’ensemble de ses œuvres depuis sa sortie de l’Ensatt, en 2007, aux éditions Espaces 34. Sabine Chevallier aime à suivre le parcours de ses auteurs. Samuel Gallet prend la parole pour présenter la fable de cette pièce de commande, mise en scène par Jean-Pierre Baro, lors de sa création.

Il est donc question de trois jeunes femmes (Erine, Andréa et Suzanne) qui ne se connaissent pas mais qui vivent toutes dans des villes occidentales violentes socialement, empêchant de vivre sa vie, de vivre les rêves de leur vie. Elles se réfugient dans le sommeil et le monde onirique les confronte au pouvoir incarné ici par les figures de Denys, tyran de Syracuse et de Damoclès. Au réveil, elles échappent à leur vie d’avant et se rencontrent enfin dans la vie réelle.

Samuel Gallet revient à l’évocation du travail de l’allemande Charlotte Beradt qui a recueilli des rêves d’allemands, qui d’une certaine manière pouvaient éclairer les névroses du Troisième Reich. Les cauchemars ne parlent-ils pas de ce que nous sommes ?

L’ère de la brebis qui parle en arabe !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 23 Mai 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

La société algérienne se trouve, de plus en plus, noyée dans le charlatanisme. Inondée par les fables et les illusions mensongères. Il paraît, de plus en plus, que cette société a les pieds enfoncés dans la boue d’un temps morose où la bêtise est généralisée ou presque.

Depuis le mensonge divin du FIS (parti du Front islamique du salut) des années quatre-vingt-dix, depuis cette illusion politico-céleste caractérisée par l’écriture du nom d’Allah au laser, la société algérienne s’enracine dans le trouble et dans la stupidité. C’était dans un meeting djihadiste, où les militants du FIS fêtaient leur victoire politique controversée, et au-dessus des têtes de leur militants et militantes, et sous la voix de leur guide Abbassi Madani, ont projeté dans le ciel le nom d’Allah écrit au laser. Des dizaines de fous d’Allah, en voyant le nom d’Allah écrit dans le ciel, sont tombés dans les pommes ! Pour leur guide, c’est le bon Dieu, Allah s’est manifesté pour les aider, pour les féliciter et pour les honorer ! « Allah s’est révélé aux fidèles du FIS !! ». « Ils ont vu, de leurs propres yeux, le nom du bon Dieu inscrit dans le ciel. Le miracle ! ». Depuis ce jour-là, la société algérienne s’enterre, et de plus en plus, dans la boue de la fausse conscience politico-religieuse.

Le dernier porc, Horace Engdahl, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 15 Mai 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Le dernier porc, Horace Engdahl, Serge Safran, mars 2018, trad. suédois Elena Balzamo, 104 pages, 14 €

L’aide-mémoire anticipé

 

« Je me suis toujours demandé comment on allait faire – du point de vue purement technique – pour améliorer les mâles de lespèce humaine »

Horace Engdahl

 

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? »

Michel Host

 

J’ai fidèlement rendu compte dans les pages de La Cause Littéraire des traductions (1) des livres du suédois Horace Engdahl, et m’engage à poursuivre dans cette voie. Son humour tranchant ou souriant laisse de belles traces dans l’esprit et la mémoire. Il y a dans ses pages quelque chose du flegme anglais et de l’ironie française parfaitement imités. Cela est rare.

La Styx Croisières Cie (3) Mars 2018, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 04 Mai 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

« Ne travaillant que le réel, il me fallut porter ceci dans le Livre de mes Mémoires : « Le Lièvre de Mars était à ma porte qui criait d’une voix grelottante : – Ouvrez, Monsieur de Phrysac, je vous apporte un message de Monsieur Carroll. – Lequel ? – dis-je, grognon d’être dérangé. – Celui-ci : « Voyez comme le crocodile / Sait faire rutiler sa queue / En répandant l’onde du Nil / Sur ses jolies écailles bleues ! ». – Entrez, l’invitais-je, il fait un froid de canard. Je vous offre un thé. Mais, pardonnez-moi, le message de Monsieur Carroll ne veut rien dire. – Il veut tout dire, au contraire ! me rétorqua le Lièvre très fâché. Puis, soudain pressé, il tira sa montre de son gousset et ajouta : – Je dois rentrer maintenant, le Pays des merveilles, c’est très loin, le bout du monde… Je lui confisquai sa montre, craignant qu’il ne la plongeât dans le thé ».

Jules de Montalenvers de Phrysac, Le Livre de mes Mémoires