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Chroniques régulières

A propos de L’inconfort du je, Dialogue sur l’écriture de soi, Laurent Herrou, Arnaud Genon, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 20 Septembre 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

L’inconfort du je, Dialogue sur l’écriture de soi, Laurent Herrou, Arnaud Genon, Jacques Flament Editions, juin 2017 (illust. Couverture, Laurent Herrou), 96 pages, 10 €

(www.jacquesflamenteditions.com)

 

« Ce n’est pas que les mots soient vains, non. C’est que l’écriture nous appelle à rester humble car la vérité est toujours ailleurs »

(p.44, Laurent Herrou)

 

« Words, words, words… »

À propos de Mythologie personnelle, Christophe Esnault, par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Jeudi, 14 Septembre 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Mythologie personnelle, Christophe Esnault, Tinbad, 2016, 13,50 €

Un monde en noir

J’ai reçu ce livre il y a déjà un certain temps, et il est arrivé chez moi comme une sorte de point d’orgue à une suite de lectures qui m’ont occupé longuement. Et cet ouvrage, très désenchanté, plein de noirceur et de morbidité, a été un moment fort. J’avais à l’esprit, au fur et à mesure que je poursuivais ce livre, de le rapprocher du Soleil et l’acier de Mishima. En effet, le propos de cet essai sur l’art d’écrire, prend pour principe la puissance solaire, et jette l’opprobre sur le caractère volontairement lunaire et passif des images du background de l’écrivain. Cependant, on sait comment Mishima a terminé sa vie, et comment le seppuku final est resté dans les mémoires. Il y a donc dans cet « acier et ce soleil » une force noire et désespérée.

Mythologie personnelle s’appuie sur quatre grandes questions, dont la plus réussie, à mon goût, est celle qui traite du suicide. Car on y voit Christophe Esnault aux prises avec un monde dont la seule issue possible est le désespoir, comme forme de sentiment vital. On sait que l’angoisse est une espèce de poison autant qu’une émotion intérieure qui transmet des états d’âme, et en ce sens est un recours pour l’homme.

Les 24 heures d’un Arabe sans pieds, par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Jeudi, 07 Septembre 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Les 24 heures d’un Arabe sans pieds : la nuit, regarder Al-Jazeera. Toute la nuit. Puis dormir avec une pensée allumée en chandelle pour les morts de Gaza. Le matin, se réveiller avec l’envie de se réveiller au 9ème siècle. A l’époque où un Arabe était un vrai Américain, mais chez lui, au centre du monde et avec le reste du monde, qui parlait sa langue et était accroché à ses lèvres. Prendre son café par la taille et se confectionner un coucher de soleil matinal alors qu’il n’est que 7 heures du matin. Puis aller au travail : lentement, avec la certitude valable depuis deux siècles, qu’on a raté l’essentiel. A savoir, inventer l’imprimerie après que le Ciel nous ait donné un Livre. Puis arriver au travail et rencontrer les autres. Les regarder. Les traverser de part en part en ne rencontrant personne au final entre les deux oreilles de chaque visage. Soupirer doucement et repenser à Gaza. « Que faire ? » dit tout le monde à tout le monde. La réponse ne vient pas et, en réaction, un arbre fait tomber ses feuilles pour les faire feuilleter par ses racines, un jeune homme épouse sa chaloupe, une lampe à filament grille sa vie et un islamiste donne carte blanche à sa barbe pour qu’elle lui explique le cosmos. C’est alors que tout le monde se met à parler. De qui et de quoi ? D’Al-Jazeera qui parle des Palestiniens qui n’ont même pas le temps de parler entre eux.

Ephémérides créatives (I) : 14 août, Czesław Miłosz et Elias Canetti, par Jean-Marc Dupont

Ecrit par Jean-Marc Dupont , le Mercredi, 30 Août 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Le 14 août 2004, disparition du poète, romancier, essayiste et traducteur polonais Czesław Miłosz (°30 juin 1911). En 1980, il reçoit le prix Nobel de Littérature.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Czesław_Miłosz

Adam Kirsch rappelle ici [*] que « Milosz a écrit que la créativité provenait d’un “commandement intérieur” pour exprimer la vérité ».

D’ailleurs dans son discours Nobel [**], il explique que « chaque poète dépend des générations qui ont écrit dans sa langue maternelle. Il hérite des styles et des formes élaborés par ceux qui ont vécu avant lui. En même temps, il estime que ces anciens moyens d’expression ne sont pas suffisants pour sa propre expérience. En s’adaptant, il entend une voix interne qui l’avertit contre le masque et le déguisement. Mais, en se rebellant, il tombe en dépendance de ses contemporains, de divers mouvements de l’avant-garde. Hélas, il lui suffit de publier son premier volume de poèmes pour se retrouver piégé.

Souffles - Au pays d’Inch’Allah, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 29 Août 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Inch’Allah est une expression arabe composée de trois mots, qui signifie en français « Si Dieu le veut ». Inch’Allah est l’expression la plus utilisée dans le discours de cette nouvelle génération algérienne égyptianisée ou saoudianisée. Elle est utilisée à tort et à travers. Une locution importée d’Orient islamique. Dans le nouveau discours algérien, qu’importe le discours politique, social, scientifique ou culturel, après chaque phrase on entend sonner : Inch’Allah ! Nous sommes arrivés à un stade où tout le monde parle religieux. Toute la société est devenue fékiq, imam ou mufti. Tout est religionalisé ! Le mathématicien, à l’école, au lycée et même à l’université parle comme quelqu’un qui puise ses équations mathématiques de la sourate el Fatiha. Il entame ses recherches pour résoudre un exercice mathématique toujours par : Inch’Allah ! La dame de la météo voilée ou naturelle, qu’importe, lit les informations données par le centre de recherche météo logiquement, et à la fin de chaque information elle n’oublie jamais de placer la fameuse expression : Inch’Allah ! Le monsieur de la poésie classique ou moderne qu’importe, prend le micro pour déclamer un poème, et avant de le faire il commence avec « Bismi Allah ar-Rahman ar-Rahim » comme se prêter à lire ayet Al-Koursi, ou encore « J’espère que vous allez aimer ma lecture, Inch’Allah » !