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Chroniques régulières

Les Moments forts (48) Degas à l’Opéra (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 30 Avril 2020. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Degas (1834-1917) : un « personnage singulier, grand et sévère artiste, essentiellement volontaire, d’intelligence rare, vive, fine, inquiète ; qui cachait sous l’absolu des opinions et la rigueur des jugements, je ne sais quel doute de soi-même et quel désespoir de se satisfaire, sentiments très amers et très nobles que développaient en lui sa connaissance exquise des maîtres, sa convoitise des secrets qu’il leur prêtait, la présence perpétuelle à son esprit de leurs perfections contradictoires » (Paul Valéry, Degas Danse Dessin).

Ce qui frappe le plus, lorsque l’on redécouvre ce peintre, par le biais de cette exposition très réussie, c’est le singulier cadrage adopté par le peintre, en ses toiles (et qui n’est pas sans préfigurer, par certains aspects, le travail de Hopper). Cette modernité a marqué Jacques-Émile Blanche, qui commente, dans ses Propos de Peintre, de David à Degas (préface de Marcel Proust, Émile-Paul Frères, 1919) : « Le système de composition, chez [Degas], fut la nouveauté. […] La photographie instantanée, avec ses coupes inattendues, ses différences choquantes dans les proportions, nous est devenue si familière, que les toiles de chevalet de cette époque-là ne nous étonnent plus ;

La Styx Croisières Cie Mars 2020 (par Michel Host)

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 21 Avril 2020. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Ère Vincent Lambert, An II

Humain, citoyen le plus vulnérable, la République française, la médecine, la banque et la magistrature réunies, t’ayant baptisé Légume, te tueront.

 

« L’ambition, souvent, fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi qu’on grimpe dans la posture où l’en rampe »

Jonathan Swift, Pensées sur divers sujets moraux et divertissants. Généalogie du fanatisme.

 

Lµ-1. On ne peut interdire à un homme de penser. Du moins, à celui qui en a pris la décision, car ne pas penser est le fait d’immenses majorités. C’est la pente de la facilité, notamment en nos temps du confort domestique, de la contemplation des écrans et de la religion du sport. On somnole sans remords devant une messe dominicale, un reportage sur les Tuamotu, un match de football.

Les Moments forts (47) Le « Parsifal » de Gergiev à la Philharmonie de Paris (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 15 Avril 2020. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

Parsifal, « festival scénique sacré en trois actes », naît du Conte du Graal de Chrétien de Troyes, adapté par Wolfram von Eschenbach au début du XIIIe siècle. Devient Parsifal Perceval, le héros de la geste médiévale. Perceval : « celui qui traverse le val ». Une traversée : une initiation. Comment ne pas se souvenir que le verbe « einweihen » (« initier ») possède la même racine que le terme forgé par le compositeur pour désigner sa partition : « Bühnenweihfestspiel », autrement dit « festival scénique sacré »…

Qu’en est-il de ce Parsifal, dont la version de référence demeure celle enregistrée en février 2013 au Metropolitan Opera de New York, avec Jonas Kaufmann dans le rôle-titre ?

Les Moments forts (46) L’anarchiste Félix Fénéon à l’Orangerie (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 08 Avril 2020. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Thadée Natanson dira avec simplicité, en 1939, lors d’une émission de Radio-Paris, parlant de Félix Fénéon (1861-1944) : « acquitté il vint avec nous à La Revue blanche. De 1894 à 1903, il ne fut pas seulement le secrétaire de la rédaction, il fut La Revue blanche ». Suite à cette intronisation, Géraldi Leroy et Julie Bertrand-Sabiani constatent que « [l]es sommaires [de La Revue blanche], loin de se cantonner dans un domaine spécifique, dans l’exposé d’une idéologie précise, dans la défense et illustration d’une école, témoignent d’intérêts très variés. La constante est l’exaltation de la liberté. […] [L]’individualisme est fortement valorisé ». Puisque si l’on voit La Revue blanche « afficher une sympathie marquée à l’égard de l’anarchie », c’est dans le sens, comme le remarque Paul-Henri Bourrelier, où elle « prôn[e] la prééminence des individualités », quand bien même Fénéon exprimait une grande attention et sympathie pour ce mouvement jusque dans son expression à visée politique, pouvant se déployer, logiquement, suivant la perpétuation d’attentats.

Les Moments forts (46) Le « Requiem » de Mozart au Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 31 Mars 2020. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Une fête, ce Requiem curieusement donné avec des ajouts (chant grégorien ; de Mozart : la Meistermusik K. 477b, le Miserere mei K. 90, également en ré mineur ; un extrait de Thamos devenu motet…), mais justement donné, par l’excellent et engagé Raphaël Pichon, directeur de l’ensemble vocal et orchestral Pygmalion.

Et mis en scène par Romeo Castellucci, – à l’œuvre prolifique et extrêmement inégale (cédant souvent aux facilités d’une longueur prétendument méditative, d’un onirisme choquant ou tape-à-l’œil et d’un freudisme de comptoir), de laquelle se détache, nettement, son intense lecture de l’opéra Salomé.

Et chorégraphié par Evelin Facchini. Ainsi, soient un orchestre, un chœur et des solistes, mais aussi des danseurs et des figurants. Onze jeunes danseurs issus du PNSD (Pôle National Supérieur de Danse) et du BNMNEXT, compagnie junior du Ballet National de Marseille. Les « chorégraphies sont inspirées des Balkans, principalement la Macédoine et la Grèce. Il y a là-bas des traditions ancestrales toujours vivantes. Les corps se consument, comme la vie », avance Raphaël Pichon.