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Chroniques régulières

Ekphrasis 7. La Radieuse Cité

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 22 Août 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

La radieuse cité

Lors de la première exposition au Mamo à Marseille en 2013

 

La ville est une ville antique, les Grecs d’un lointain comptoir y abordèrent par la mer commune dans le décor minéral des collines blanches. Les marins-commerçants y rêvèrent, des siècles durant, de navires chargés de précieuses marchandises, y rêvèrent d’autres voyages, et d’amours légendaires.

Les hommes ont continué à construire, à gagner l’intérieur des terres et à démolir, à bâtir à nouveau et à imaginer de nouvelles vies. Elle prit plusieurs fois nom : Phocée, Massalia, Marseille.

Chemins de lectures (4) - Raymond Chandler, Los Angeles

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 16 Juillet 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Si vous passez un jour par Santa Monica sur le chemin de L.A. International, vous vous retrouverez sûrement à regarder l'endroit en vous demandant pourquoi, alors que vous n'êtes jamais venu là auparavant, il vous semble si familier. Et puis vous comprendrez : c'est là que Philip Marlowe prend son bateau-taxi dans "Farewell, My Lovely" (Adieu ma jolie). Votre sensation de « déjà vu » vient du fait que vous avez vraiment déjà vu ce lieu, à travers le regard de Raymond Chandler.

Aucun écrivain n'a évoqué autant la Californie urbaine du Sud que Raymond Chandler. Ce qui est paradoxal, parce que Chandler, en même temps qu'il créait un lieu durable de mythe et de nostalgie, haïssait L.A. On peut légitimement se demander comment un homme qui disait hautement son désamour de cette ville a pu avec génie, s'identifier à elle au point de contribuer largement à sa légende. A leur légende à tous deux, car si L.A. a « fait » Chandler, Chandler a une belle part dans l'image mythique de L.A. Pas seulement par les déambulations désabusées de Philip Marlowe dans ses rues, mais aussi par les myriades d'« héritiers » de Marlowe, plus ou moins déguisés mais toujours reconnaissables. Dans cette ville qui se renouvelle constamment, sans jamais changer vraiment, Chandler a créé un genre étonnamment adaptable qui continue d'évoluer.

La mère Michel a lu (16) - Robert Walser, Lettres de 1897 à 1949

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 08 Juillet 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

La Mère Michel n’a jamais perdu son chat. Elle le tient attaché, ne le lâche pas de l’œil. Le félin est un livre, il n’a pas d’âge. D’hier, d’aujourd’hui, de toujours, il miaule derrière la porte.

 

Robert Walser, Lettres de 1897 à 1949

Choix et présentation par Marion Graf et Peter Utz. Précédé de « Robert Walser et sa fringale épistolaire » de Peter Utz, Éditions Zoé, 11 rue des Moraines, CH-1227, Carouge-Genève, 2012, Couverture Silvia Francia, 465 pp. (prix non indiqué / cf. www.editionszoe.ch)

 

Le poète en personne

 

« Écrire des lettres au monde entier. Au monde entier ! »

Robert Walser, à Flora Ackeret.

Ekphrasis 5 - Collection of poems

Ecrit par Marie du Crest , le Samedi, 06 Juillet 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

En lisant Petites fadaises à la fenêtre, Hervé Bougel, 2004, La Chambre d’échos

 

Le 21 juin 2013, je reçois dans la caisse en bois qui me sert de boîte aux lettres une grande enveloppe au dos cartonné, dans laquelle se trouve une enveloppe plus petite en papier kraft sans aucune annotation. Un petit livre blanc, mince.

Petites fadaises à la fenêtre

Keepsake sans gravures, journal poétique. Un recueil pour se recueillir en silence, tout dedans.

Fadaises : « Cet auteur a rempli son livre de mille fadaises » Furetière.

Il avait dans son carnet préparatoire écrit « observations ». Biffure noire. Fadaises des vies quotidiennes. Joli mot méchant et modeste.

Derrida, El Maâri, Baudelaire, Abou Nouas et les autres

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 24 Juin 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

In "Souffles" (Liberté)

 

Pourquoi la modernité dans la littérature arabe a-t-elle échoué ou tardé ? Pourquoi, après presque un siècle depuis la publication du roman autobiographique Les Jours de Taha Hussein – ce roman a été publié en 1929 traduit en français et préfacé par André Gide –, le courage littéraire a-t-il régressé dans le monde littéraire arabe ? La bonne littérature a reculé ? La raison s’est éclipsée ? La critique s’est marginalisée ? On va droit, de plus en plus, dans le mur, vers l’abîme ou dans l’obscurité. Les intellectuels arabes ont raté leur rendez-vous avec la modernité, tout simplement, parce qu’ils ont coupé, d’un côté, avec leur patrimoine osé et rationnel, et de l’autre côté, faute de la traduction, avec les richesses de la pensée humaine. Les écrivains arabes, à l’image du lecteur arabe, même quand ils sont occupés par la littérature universelle se trouveront face à des écrits faussement traduits.