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Chroniques régulières

Les Moments forts (8) : Banksy à Amsterdam, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 11 Avril 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Dans le désordre ? Une peuplade primitive s’attaquant, avec des sagaies, à des chariots de supermarché. Deux grands-mères dans leurs fauteuils, finissant de tricoter, à la lueur d’une lampe vieillotte, des pulls mangés sur toute leur hauteur par les mots « PUNK’S NOT DEAD » [le punk n’est pas mort] et « THUG FOR LIFE » [voyou pour la vie]. Dans une salle de vente (on se croirait chez Christie’s), les enchères s’envolant pour un tableau, monochrome blanc recouvert des lettres « I CAN’T BELIEVE YOU MORONS ACTUALLY BUY THIS SHIT » [j’ai du mal à croire que vous, gros nazes, achetiez cette merde]. Des punks et marginaux faisant la queue pour se procurer un tee-shirt orange de mauvaise qualité à 30 dollars, portant l’inscription « DESTROY CAPITALISM » [détruisez le capitalisme]. Des pleureuses en habits liturgiques levant les bras, joignant les mains devant une affiche proclamant « SALE ENDS TODAY » [les soldes se terminent aujourd’hui]. Crucifié, un christ traditionnel, avec, dans chacune de ses mains, une multitude de sacs témoignant d’achats (compulsifs ?) multiples, qui ont trait au plaisir, aux loisirs (champagne, peluche…).

Éphémérides créatives du mois de mars (1), par Jean-Marc Dupont

, le Jeudi, 29 Mars 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

28 mars : éphémérides créatives (I), Virginia Woolf – « Si je ne suis pas moi-même, je ne suis personne »

Le 28 mars 1941, disparition de la femme de lettres anglaises Virginia Woolf (née le 25 janvier 1882)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Woolf

International Virginia Woolf Society : http://sites.utoronto.ca/IVWS/

Linda Anderson explique ici [1] que « si vous lisez les cahiers publiés d’écrivains célèbres, vous constaterez qu’ils les utilisent souvent comme l’endroit où ils “se détendent” pour écrire et où ils réfléchissent sur leur processus créatif. Par exemple, Virginia Woolf a souvent réfléchi à son processus d’écriture dans son journal. Parce que le journal ne “compte pas comme écrit”, elle a pu l’écrire dans un “galop rapide au hasard”. Elle a trouvé que ce genre d’écriture non préméditée et occasionnelle donnait souvent de bons “accidents” et de précieuses découvertes », et de citer un fragment de ses notes (20 janvier 1919) :

Les Moments forts (6) : Modigliani à Londres, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 28 Mars 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Les paupières abaissées mettent dans certains visages peints par Modigliani cette continuité parfaite que les yeux n’interrompent pas. Le sommeil, splendeur vécue. Peint comme une fleur ouverte, odoriférante. Le sommeil qui, plume, danse de nietzschéenne façon sur un corps, dénudé. Un corps entré (niché) dans son abandon.

Le demi-abandon, comme Female nude (1916) [salle 9 titrée « Heading South »]. Ou l’abandon vrai, bouleversant, comme Nude (1917) [salle 9]. Alors se lèvent et dansent quelques phrases proustiennes : « [S]entant que son sommeil était dans son plein, que je ne me heurterais pas à des écueils de conscience recouverts maintenant par la pleine mer du sommeil profond, délibérément, je sautais sans bruit sur le lit, je me couchais au long d’elle, je prenais sa taille d’un de mes bras, je posais mes lèvres sur sa joue et sur son cœur ; puis, sur toutes les parties de son corps, posais ma seule main restée libre et qui était soulevée aussi, comme les perles, par la respiration d’Albertine ; moi-même, j’étais déplacé légèrement par son mouvement régulier : je m’étais embarqué sur le sommeil d’Albertine ».

Le journal de MCDem (11), par Murielle Compère-Demarcy

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 27 Mars 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Jeudi 14 décembre 2017

dans le châssis des mots

ouvrir

une voie nouvelle

l’infini à portée d’image

lucarne

taillée dans la pente des mots

sous l’arbalétrier de la veille

tu découpes une fenêtre

dans le miroir

les mots branchés dans l’arbre

Correspondance avec Tristan Tzara et Francis Picabia (1919-1924), André Breton, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 26 Mars 2018. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Correspondance avec Tristan Tzara et Francis Picabia (1919-1924), André Breton, Gallimard, décembre 2017, 247 pages, 26 €

« Mon ami Jacques Vaché disait : “L’art n’est pas une sottise. Presque rien n’est une sottise. L’art doit être une chose drôle et un peu assommante : c’est tout” », André Breton (Juin 1919)

On sort à peine de la première Guerre mondiale. Il s’agit, pour l’essentiel, de la naissance et des premières évolutions du mouvement Dada, inspiré par Tzara, le dynamiteur absolu. L’introduction d’Henri Béhar situe clairement les choses, et ses notes au fil des pages, abondantes, circonstanciées, nous en laissent deviner ou nous en font mieux connaître les aléas et difficultés.

On est, surtout, dans des projets rarement aboutis, des échanges de textes et d’illustrations pour diverses revues, des rendez-vous manqués ou pas. Avec Francis Picabia, la correspondance est souvent plus animée et divertissante. Néanmoins, n’exagérons rien : on se connaît depuis peu, on s’observe, et d’une certaine façon on marchera sur les plates-bandes de l’autre à la première occasion. Breton est dans le deuil quasi éternel de son ami Jacques Vaché, lequel, dans ses Lettres de guerre, avait parfaitement deviné, Henri Béhar nous le rappelle,