À l’écoute des bêtes ou Quand la terre respire : la mémoire sauvage du vivant selon Catherine Andrieu
Publié aux éditions Sémaphore dans la collection Cahier Nomade, dirigée par le poète, écrivain et essayiste breton Bruno Geneste, À l'écoute des bêtes de Catherine Andrieu est de ces livres rares qui semblent avoir été moins écrits que traversés. La poète et peintre plasticienne nous en avertit d'ailleurs dès l' "Avant-dire" : « Il est des livres que l'on n'écrit pas. Ils vous traversent, vous arrachent à vous-même, et vous déposent, les paumes vides, sur la grande page nue du monde. »
D'emblée, un mystère se présente au lecteur. Si le titre À l'écoute des bêtes est gravé sur la première de couverture, illustrée par la photographie saisissante d'un loup – ou peut-être d'une louve –, le texte s'ouvre pourtant sur un autre intitulé : Quand la terre respire. Comme si deux livres coexistaient dans un même volume. Comme si le premier titre désignait l'écoute, tandis que le second révélait la source profonde de cette écoute : le souffle même du monde. Entre les deux se déploie une œuvre de passage, une traversée des mémoires enfouies, des présences invisibles et des voix oubliées.