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Les Livres

Tibet de l’âme, Marc-Henri Arfeux (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Lundi, 08 Décembre 2025. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie, Unicité

Tibet de l’âme, Marc-Henri Arfeux, mai 2025, 84 pages, 14 euros Edition: Unicité

 

L’auteur, Marc-Henri Arfeux, nous offre, avec « Tibet de l’âme », une élévation, un voyage de l'altitude spirituelle.

Il dédie ce recueil, illustré par ses propres toiles dont la flamboyance éclaire les mots d’un étonnant « feu intérieur », à Ani Rigsang, nonne bouddhiste ayant quitté la civilisation pour devenir moniale errante au Tibet oriental, renouant avec la liberté des Hauts-Plateaux, nécessaire à son épanouissement.

Au fil des pages, hommage est rendu à cette « petite âme » « aussi ténue que les fils d'épilobe en fin d'été", "fragile et tenace", que le poète considère comme une sœur.

À elle seule, elle semble incarner une partie des principes fondateurs du bouddhisme, dont la dissolution de l’individualité dans le Tout, se fondant aux montagnes qu’elle arpente, devenant forêt, cheminant dans « l’outre-loin », s’effaçant dans ce « lent pays de  neige et de cuir fauve », « chèvre malicieuse grimpant à l’arbre de l’azur ».

Sargent, Catalogue et Carnet d’exposition (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 05 Décembre 2025. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard, Arts

Sargent, catalogue d’exposition, Gallimard/Musée d’Orsay, sous la direction de Caroline Corbeau-Parsons et Paul Perrin, 256 p., 150 illust., 2025, 45€ / Sargent. Éblouir Paris, Caroline Corbeau-Parsons, carnet d’expo, Découvertes Gallimard/Musée d'Orsay

 

John Singer Sargent, né en 1856 en Italie, issu d’une famille bourgeoise du Massachusetts, homme éduqué, grand voyageur, s’installe à Paris en 1874. Il fréquente l’atelier de Carolus-Duran (1837-1917), ainsi qu’une société internationale de peintres, de sculpteurs et d’écrivains. Dans sa bibliothèque, l’on trouve Baudelaire, A. Dumas, Flaubert, A. France, E. Fromentin, Huysmans, Les Goncourt, Stendhal, Verlaine, etc. John Singer Sargent mourra en avril 1925 à Londres, célibataire et sans enfant. Au moment de son décès, un article de presse de Lancaster stipule que l’artiste est adulé dans les pays anglo-saxons, vu comme « le plus grand portraitiste américain de son temps (…) et du monde ».

L’artiste crée ses modèles au moyen de « la touche virtuose et moelleuse qui lui vaut une ascension fulgurante et fera de lui le portraitiste plébiscité par l’élite internationale ». [Caroline Corbeau-Parsons].

Le Témoin, Kamala Das (par Patrick Abraham)

Ecrit par Patrick Abraham , le Jeudi, 04 Décembre 2025. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, Poésie, Syros

Kamala Das, Le Témoin, traduction française du malayalam par Dominique Vitalyos, éditions Syros Jeunesse, 2002, 89 pages (dossier pédagogique inclus), 7,50 euros Edition: Syros

 

Kamala Das (1934-2009), fille de Balamani Amma (1909-2004), poétesse célèbre elle-même, est une voix majeure de la littérature indienne contemporaine, connue également sous les noms de Madhavikutty puis de Kamala Surayya après sa conversion à l’islam en 1999. Elle a utilisé aussi bien l’anglais que le malayalam, la langue de l’État du Kerala, dans le sud-ouest de l’Inde, dont elle était originaire.

Le Témoin (Driksaakshi) est une nouvelle écrite en malayalam et publiée en 1973, traduite par Dominique Vitalyos et parue chez Syros Jeunesse en 2002 grâce à Éric Auzoux, mais qui n’est pas réservée à un jeune public. Une première édition française hors-commerce avait été proposée par l’association « Petits Moyens » dans sa collection Intimes étrangères en octobre 1999, imprimée à Auroville Press près de Pondichéry et illustrée avec une photographie de Françoise Nunez.

Luz ou le temps sauvage, Elsa Osorio (par Jeanne Ferron-Veillard)

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Jeudi, 04 Décembre 2025. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Luz ou le temps sauvage, Elsa Osorio, éditions METAILIE, 2000 pour la traduction française, traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry, 472 pages.

 

Triptyque, du grec triptykhos qui signifie à trois couches. À l’Antiquité, un ensemble de trois tablettes réunies au moyen de charnières et dont la face intérieure était garnie d’une couche de cire sur laquelle on écrivait avec un stylet. Au Moyen-Âge, les triptyques ornaient les retables des églises (sujets religieux). Selon la définition du dictionnaire Le Robert, les triptyques sont des peintures ou des sculptures composées d’un panneau médian et de deux volets mobiles pouvant se rabattre sur la partie centrale. Également des œuvres littéraires, en trois tableaux ou récits. Ou encore des documents douaniers en trois feuillets. Plus généralement, une façon de transmettre une narration en trois phases, de créer une séquence ou de montrer différents éléments d’un même sujet, en divisant une œuvre en trois ou en combinant trois œuvres en une seule.

Aurélia, ou le Rêve et la Vie, Gérard de Nerval, édition nouvelle, établie et présentée par Michel Brix (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mercredi, 03 Décembre 2025. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Roman, En Vitrine, Editions Honoré Champion, Cette semaine

Gérard de Nerval, Aurélia, ou le Rêve et la Vie, édition nouvelle, établie et présentée par Michel Brix, Paris, Honoré-Champion, juillet 2025, 240 pages, 42 €. Edition: Editions Honoré Champion

 

Est-il possible que, depuis sa publication au milieu du XIXe siècle, nous n’ayons jamais lu Aurélia, qui passe à juste titre pour un des chefs-d’œuvre de Nerval ? La première partie du roman fut publiée dans la Revue de Paris le 1er janvier 1855 et la suite annoncée pour le 15. En réalité, les lecteurs durent attendre jusqu’au 15 février. Dans l’intervalle, le 26 janvier, Nerval fut retrouvé pendu « dans la rue la plus noire qu’il pût trouver » (Baudelaire), avec quatre feuillets manuscrits d’Aurélia au fond des poches.

Or Nerval fut ce poète qui composa de son vivant sa propre épitaphe : « Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait. // C’était la Mort ! Alors il la pria d’attendre // Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet ». Ce perfectionnisme déclaré a été mis en avant pour contredire l’hypothèse du suicide, qui laissa Aurélia dans un état d’inachèvement définitif. Ou Nerval mît-il fin à ses jours parce qu’il était incapable de donner à cette œuvre la forme qu’il souhaitait ?