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Les Livres

Ainsi parlait, Etty Hillesum (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 14 Avril 2020. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Ainsi parlait, Etty Hillesum, trad. William English, Gérard Pfister, Arfuyen, janvier 2020, 184 pages, 14 €

 

L’œuvre-prière

Avant d’en venir au cœur de mon sujet, je veux souligner combien le destin d’Etty Hillesum a été foudroyant et brutal. Et de ce destin, la jeune poétesse a produit une œuvre où l’on ne peut qu’admirer un courage extraordinaire, une lucidité et une force que communiquent ses écrits, et cela jusqu’à la fin de sa vie où, en route vers un camp d’extermination, elle jette des poèmes et des lettres par les portes de ces terrifiants trains de la mort. Et l’on devine ainsi une jeune femme qui, subissant les atrocités des actions génocidaires des nazis, le fait avec une hauteur de vue et un point de vue moral sans pareil. Elle défie ainsi la souffrance, la mort et l’injustice par ses journaux intimes, ses écrits inspirés par une sorte de mystique souveraine, menant à une clarté qui fait avancer le lecteur, vers un idéal qu’elle alimente d’une langue claire et forte.

Le dernier Syrien, Omar Youssef Souleimane (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Vendredi, 10 Avril 2020. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Flammarion

Le dernier Syrien, Omar Youssef Souleimane, janvier 2020, 272 pages, 18 € Edition: Flammarion

 

Syrie : amour et liberté en temps de dictature

Les révolutions qui ont ébranlé le Maghreb et l’Orient sont devenues une source d’inspiration pour les écrivains ; les livres, mêlant réel et fiction, deviennent des cris de lutte et de liberté. On peut parler désormais d’une « littérature des révolutions ».

Le dernier Syrien présente des jeunes citoyens dans cette Syrie de 2011 secouée par la révolution contre Bachar El-Assad et son système corrompu. Les lieux principaux sont Damas et Homs. Ainsi, pro-régimes, opposants, neutres, islamistes, et traîtres, tous cohabitent dans ce pays en désordre où règnent les bombardements, les interpellations, la torture, et les balles des snipers…

Youssef, Mohammed, Joséphine, Sarah, Bilal, Khalil, ont, malgré l’amitié, des visions différentes de cette nouvelle Syrie.

Regarde, papa, Eva Montanari (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 10 Avril 2020. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Thierry Magnier, Jeunesse

Regarde, papa, Eva Montanari, février 2020, 36 pages, 14,90 € (dès 2 ans) Edition: Thierry Magnier

 

Un conte animalier

Eva Montanari présente son dernier ouvrage, édité par Thierry Magnier, un album-jeunesse cartonné, à double-page, où sur la couverture de fin, se trouve abandonné ou jeté au sol un téléphone portable. L’illustratrice offre ainsi au recto et au verso de la couverture de l’album l’image de son sujet, titré d’une interjection familière : Regarde, papa. Des bulles et des rectangles aux contours souples relatent la journée d’une famille d’ours, plus exactement d’un père et de son fils. Tout comme les humains, un peuple animalier se livre à des facéties, s’émerveille à la vue d’un spectacle de cirque dans la rue. Trente-quatre scènes reconstituent les moments phares de la journée de l’ourson Théo, depuis le lever du jour.

Kyoto song, Colette Fellous (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 09 Avril 2020. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Gallimard, Voyages

Kyoto song, février 2020, 192 pages, 20 € . Ecrivain(s): Colette Fellous Edition: Gallimard

 

« Je dis tour à tour Kyoto, Japon, Kyoto song, mais ce n’est jamais le mot juste, je sais seulement que cet endroit du monde est pour moi à la fois le pays réel et le pays mental, qu’il est très fragile et qu’il pourrait d’une seconde à l’autre disparaître, comme tant d’autres choses ».

Kyoto song est le récit inspiré d’un voyage à Kyoto de l’écrivain et de sa petite fille Lisa, âgée de dix ans, curieuse, joyeuse, et attentive : « j’ai envie d’être encore une enfant pour voir le Japon ». Un voyage odorant comme des fleurs des cerisiers, vibrant au rythme des haïkus de Bashô : « Dans le chant de la cigale, rien ne dit qu’elle est près de sa fin ». Un voyage placé sous très haute protection littéraire, Paul Claudel, Roland Barthes, Sōseki ; et cinématographique, Yasujirô Ozu : « (C’est que) tous ses films n’en forment qu’un, ils sont le grand roman qu’il n’a pas écrit, mais filmé ». La voix unique de Colette Fellous vibre à chaque page de Kyoto song, comme elle vibrait lorsqu’elle proposait ses Carnets nomades sur France Culture.

La faute, Daniel Monnat (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 09 Avril 2020. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Slatkine

La faute, Daniel Monnat, février 2020, 315 pages, 23 € Edition: Slatkine

 

 

La culpabilité est un sentiment humain décisif dans l’adoption d’une conduite, dans l’élaboration des choix de vie personnels, surtout en de dramatiques circonstances. Michel Suter est un bon citoyen helvétique, originaire de La Chaux-de-Fonds, petite bourgade campagnarde de la Suisse romande, mais qui a décidé de conquérir la ville de Genève, où il effectue des études de médecine. Il a pour objectif de s’établir, d’épouser Oriane, issue d’une famille bourgeoise genevoise. Ce projet a pour but de lui constituer un solide carnet d’adresses dans l’Establishment genevois, et d’accéder à un statut social enviable. Lors de ses sorties dans les auberges et cafés de la cité de Calvin, il rencontre Daniel et Judith Tauchner, des réfugiés ayant fui l’Allemagne nazie voisine. Daniel Tauchner est marchand d’art à Munich, cité qui joua lors de la République de Weimar un rôle culturel significatif.