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Les Livres

Mon roman pourpre aux pages parfumées et autres nouvelles, Ian McEwan (par Catherine Dutigny)

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mercredi, 22 Mai 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Nouvelles, Folio (Gallimard)

Mon roman pourpre aux pages parfumées et autres nouvelles, janvier 2019, trad. anglais France Camus-Pichon, Françoise Cartano, 112 pages, 2 € . Ecrivain(s): Ian McEwan Edition: Folio (Gallimard)

 

Une suave odeur de soufre.

Les publications de Ian McEwan sont souvent précédées d’une suave odeur de soufre. Va-t-on se laisser séduire ou s’effaroucher à la lecture de récits résolument pervers, d’histoires où les héros, jeunes ou vieux, se font rattraper par leurs fantasmes sexuels, va-t-on se pâmer à l’énoncé de crimes au sadisme feutré ?

A-t-il, cet anglais au regard bridé derrière ses lunettes rectangulaires, le talent littéraire assez chevillé à la plume pour nous embarquer dans des récits où un écrivain moins habile nous donnerait l’envie immédiate de refermer le livre et de tirer un trait définitif sur ses écrits ? Aborder son œuvre, pour ceux et celles qui ne s’y seraient pas encore risqués, par la lecture de nouvelles permet, à moindre effort, de humer son univers littéraire et de se rendre rapidement compte si des affinités existent, ou au contraire pas du tout.

Les Porteurs d’eau, Atiq Rahimi (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 22 Mai 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, P.O.L

Les Porteurs d’eau, janvier 2019, 288 pages, 19 € . Ecrivain(s): Atiq Rahimi Edition: P.O.L

 

Vivre c’est errer

Après un roman inspiré par Crime et châtiment de Dostoïevski (1), Atiq Rahimi publie son nouveau roman Les Porteurs d’eau. Divisé en 30 chapitres, le roman raconte deux récits différents l’un de l’autre, mais reliés par un fait commun : la destruction des Bouddhas de Bâmiyân par les Talibans en 2001, en Afghanistan. Le pays était noyé dans une troisième phase de guerre civile.

Le premier récit est celui de Tamim, un Afghan exilé à Paris. Agé de 45 ans, il change de nom suite à sa naturalisation : il devient Tom. Le jour de la destruction des Bouddhas, Tom décide de changer de vie et choisit un autre exil : il quitte Paris en laissant sa femme et son enfant, pour s’installer définitivement avec son amante à Amsterdam, une ville où ne viennent « que les hommes perdus afin de se retrouver » (p.191). En route, sa mémoire le taraude de pensées et de questions sans réponses : ses origines, ses parents et ses ancêtres, Kaboul, ses vérités et ses mensonges.

Le syndrome Tom Sawyer, Samuel Adrian (par Lionel Bedin)

Ecrit par Lionel Bedin , le Mercredi, 22 Mai 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Editions des Equateurs

Le syndrome Tom Sawyer, janvier 2019, 240 pages, 19 € . Ecrivain(s): Samuel Adrian Edition: Editions des Equateurs

 

Le Syndrome de Tom Sawyer est le récit d’un voyage à pied entre Paris et Jérusalem. En chemin le marcheur tient le journal de son voyage, journal qu’il reprend six mois après le retour, pour en faire ce récit, une « enquête sur ce jeune homme que j’étais et que je ne suis plus », et pour tenter de répondre à cette question : pourquoi suis-je parti ?

Les raisons supposées du départ : une envie d’ailleurs depuis l’enfance, le sentiment d’être « l’archétype de l’homme moderne habitué au confort », l’envie de « réapprendre le désir et, avec lui, le plaisir », se désennuyer. Surtout, pour Samuel Adrian qui se décrit comme un « enfant déçu du christianisme », c’est une crise de foi. Et il a cette conviction : « si tu ne peux plus prier, marche ». Alors il quitte Paris un matin de septembre 2017, à pied, léger, sans portable ni réseau, et « sans argent, pour démêler ce qui a de la valeur et ce qui n’en a pas ».

Adolphe, Benjamin Constant (par Cyrille Godefroy)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 22 Mai 2019. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Classiques

Adolphe, Benjamin Constant, GF Flammarion, 206 pages, 3,90 €

 

Non, je n’écrirai pas de chronique sur Adolphe. Pourtant, après avoir lu les quinze premières pages de ce court roman, d’une densité psychologique ébouriffante, j’envisageais de fignoler un article du même acabit que ceux concoctés pour des œuvres d’envergure telles que Le Château de Kafka, La Connaissance de la douleur de Gadda ou Tango de Satan de Krasznahorkai.

Non, je n’écrirai pas de chronique sur un texte pourtant formidablement écrit, dont la prose, diablement belle et délicieusement précise, plane comme un aigle royal, à l’instar de la rhétorique déployée par les littérateurs du dix-huitième siècle (quiconque me soutiendrait mordicus que Benjamin Constant eût vécu au siècle des Lumières que je ne protesterais guère).

La Saga de Jeanne d’Arc, Mark Twain (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 21 Mai 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Wombat

La Saga de Jeanne d’Arc, avril 2019, trad. anglais (USA) Patrice Ghirardi, 576 pages, 25 € . Ecrivain(s): Mark Twain Edition: Wombat

 

Double surprise au programme de cette recension. Parcourant les collections humoristiques et satiriques des éditions Wombat, à la recherche d’un prochain livre hilarant et caustique, surgit un titre consacré à Jeanne d’Arc ; les Wombats seraient-ils tombés sur la tête… et dans un bénitier ? Étrange. La curiosité s’installe. Là, deuxième rebondissement : l’auteur de cette saga est Mark Twain. Tom Sawyer au milieu des batailles de la Guerre de Cent Ans. Voilà bien un objet littéraire non identifié à découvrir.

Avec une certaine méfiance et attendant la chute, inévitable, dans un autre registre, la lecture débute. Mais nulle trace d’humour, pas la moindre ironie, le célèbre conteur se consacre bel et bien à retracer l’épopée de cette jeune fille au destin extraordinaire. D’un bout à l’autre de son épais roman, un chant d’amour se fait entendre et finit par emporter le lecteur par ses poignants effets.