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Les Livres

Ecrit dans le noir, Essais sur la littérature, Michel Schneider

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Mardi, 19 Décembre 2017. , dans Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Buchet-Chastel

Ecrit dans le noir, Essais sur la littérature, septembre 2017, 348 pages, 22 € . Ecrivain(s): Michel Schneider Edition: Buchet-Chastel

 

Lire Michel Schneider c’est d’emblée entrer dans les arcanes du langage et la réflexion sur la littérature et les écrivains. Depuis Voleur de mots qui m’avait déjà subjuguée, il y a une vingtaine d’années, c’est toujours avec délectation que j’approche un nouveau livre de Schneider. Mêlant littérature et psychanalyse, chacun de ses essais est une plongée au cœur de la chose littéraire, ses affres et ses tourments, à lui comme à tant d’écrivains qu’il convoque dans ces essais et ailleurs.

Ecrit dans le noir s’ouvre sur une dédicace à Jean Starobinsky et se clôt sur un essai dédié à celui qu’il admire et qui, dit-il, lui a appris à apprendre. Vibrant hommage pour signifier la redevance et l’amitié. L’ouvrage compte treize essais tous passionnants, consacrés plus ou moins, ensemble et en particulier à Henry James, F. Kafka, Elias Canetti, Musil, Flaubert, Baudelaire, Melville, Colette, Platon, Malraux, Châteaubriant, V. Hugo et Starobinsky.

Goat Mountain, David Vann

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mardi, 19 Décembre 2017. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Goat Mountain, octobre 2017, trad. américain Laura Derajinski, 224 pages, 8,40 € . Ecrivain(s): David Vann Edition: Gallmeister

 

Près de quarante ans après les faits, David Vann, né en 1966, relate dans ce roman des faits terrifiants. L’adolescent de onze ans, narrateur, raconte son entrée dans le monde des chasseurs, automne 1978, en Californie.

David Vann nous plonge dans une littérature de filiation et d’initiation : comment un grand-père et un père très sévères « éduquent » ce jeune de 11 ans et l’initient à la chasse et aux armes dans des montagnes désolées… Les enfants des années 50/60 ont eu des pères autoritaires mais à ce point, c’est à se flinguer ! Bien sûr, ils n’étaient pas Américains (et l’on sait ce que les armes…) ni Indiens cherokee… Le livre est dédié à « mon grand-père cherokee Roy Ivory Vann, 1904-1991, qui chassait chaque année dans Goat Mountain, et à tous ses ancêtres, dont les chefs David Vann, James Vann et Joseph Vann » (p.7).

Le Gardien, Harold Pinter

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Lundi, 18 Décembre 2017. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Folio (Gallimard), Théâtre

Le Gardien, novembre 2017, trad. anglais Philippe Djian, 240 pages, 7,20 € . Ecrivain(s): Harold Pinter Edition: Folio (Gallimard)

Harold Pinter ou l’art de l’ambiguïté

Tour à tour poète, romancier, comédien, opposant politique…, Harold Pinter (1930-2008), prix Nobel de littérature en 2005, se distingue au premier chef par son œuvre théâtrale. Le Gardien, une de ses pièces les plus célèbres, inspirée de sa propre expérience, fut représentée et publiée en 1960. Elle met en scène, entre réalisme et grotesque, un huis-clos déroutant entre trois hommes : Mike, le propriétaire d’une maison délabrée, son frère Aston, occupant de ladite maison, et Davies, un vieil homme sans domicile fixe qu’Aston accepte d’héberger.

Davies, fieffé parasite et raciste accompli, use de cautèle afin de gagner la confiance des deux frères et prolonger ainsi son séjour. Malgré la générosité initiale d’Aston et la volonté de Mike d’engager un gardien, Davies peine à s’entendre avec ces deux lascars et semble à tout moment menacé de rudoiement ou de renvoi. En effet, les obsessions, les bas instincts et la rigidité psychique de chacun des personnages l’emportent sur leur aspiration à l’harmonie et sur leur capacité d’adaptation. S’amorce alors une lutte d’influence et de territoire où s’ancre la défiance, chacun manœuvrant de manière à préserver son espace de sécurité. Le trait commun à ces trois énergumènes est leur instabilité velléitaire. Chacun porte en lui un projet précis sans cesse différé et dilué dans la médiocrité de leur quotidien.

Rien de trop, éloge du haïku, Antoine Arsan

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 18 Décembre 2017. , dans Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Poésie, Gallimard

Rien de trop, éloge du haïku, 2017, 11 € . Ecrivain(s): Antoine Arsan Edition: Gallimard

 

À la suite de l’indispensable Fourmis sans ombre, le livre du haïku, anthologie-promenade de Maurice Coyaud (Phébus, 1978), Antoine Arsan dirige notre regard vers le haïku, en essayant (il s’agit de tracer une voie directe) de gommer toute espèce d’intermédiaire qui serait, en définitive, futile bavardage, rappelant la façon qu’a cette forme poétique d’être accessible « à tous, sans initiation ni propédeutique ». Pour autant, si le haïku parle « au cœur sans intermédiaire obligé », si son essence « est profondément populaire », il atteint « dans l’expression une délicatesse, une élégance, un raffinement qui relèvent d’une forme inédite d’aristocratie ».

Mais un haïku, qu’est-ce exactement ?

« Forme poétique proprement japonaise, le haïku est la version ramassée en dix-sept syllabes d’un poème qui en comportait à l’origine trente et une – expression plus déliée que celle de la poésie officielle, longtemps inspirée du modèle chinois. Cette version courte s’est imposée à l’usage, tant par sa légèreté […] que par sa difficulté, beaucoup plus stimulante. […] [N]i élégiaque, ni lyrique, le haïku s’attache à saisir l’instant dans ce qu’il a d’insaisissable. Il se nourrit pour l’essentiel de la nature et du quotidien de la vie, dans une approche qui peut dissimuler une délicate subjectivité ».

Le bouquet de Fêtes de la Cause Littéraire !

Ecrit par La Rédaction , le Samedi, 16 Décembre 2017. , dans Les Livres, La Une Livres

 

Nos rédacteurs et rédactrices vous suggèrent d’offrir des livres, des livres et des livres pour les Fêtes de fin d’année. Voici leurs choix et Bonnes Fêtes à toutes et tous !


Nadia Agsous : Profession ? Écrivain, Gisèle Sapiro et Cécile Rabot, (CNRS Éditions)

Theo Ananissoh : Le dimanche des mères, Graham Swift, (Gallimard)

Frédéric Aribit : La nuit est encore jeune, collectif Catastrophe (Pauvert)

Didier Ayres : Ainsi parlait Henry David Thoreau (Arfuyen)

Avi Barack : A coups de pelle Cynan Jones (Joelle Losfeld)

Didier Bazy : l’invention des corps, Pierre Ducrozet (Actes Sud)

Lionel Bedin : Un vagabond à l'étranger, Mark Twain (La Baconnière)

Tawfiq Belfadel : Zabor, Kamel Daoud (Actes Sud)