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Les Livres

Méandres et Néant, Stéphane Sangral (par Claire-Neige Jaunet)

Ecrit par Claire-Neige Jaunet , le Lundi, 04 Février 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Editions Galilée

Méandres et Néant . Ecrivain(s): Stéphane Sangral Edition: Editions Galilée

 

Méandres, néant : deux territoires où l’on se perd également, l’un par excès de formes, l’autre par défaut. Cette opposition n’est qu’une apparence. Stéphane Sangral visite ces deux territoires, les traverse, passe de l’un à l’autre, et les relie sans que demeure visible une frontière. Où est le trop, où est le rien ?… Les mots pour le dire recourent à l’image, pas seulement poétique, mais typographique, et graphique. Pour ouvrir et clore le recueil, une même illustration (de l’auteur) se glisse dans le texte, qui peut se lire diversement : un ciel d’un noir d’encre constellé de nuages qui sont des amas de chiffres, ou bien une page blanche couverte de chiffres dévorée par l’extension du noir – du néant. Deux regards possibles, pour deux forces en présence. A l’un la « nuit éparpillée d’étoiles », le royaume « où chacun est le centre », où « mon esprit se déplie et s’infinise » et peut « voir dans les plis du vent »… A l’autre la puissance « vorace » du temps, le labyrinthe du moi perdu dans des voies qui s’ouvrent et se referment, et la descente sans fin vers le centre de soi où tout se fait « vertige ».

La Morale des sens, Vicomte de Mirabeau (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 01 Février 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Cette semaine, Libretto

La Morale des sens, novembre 2018, 214 pages, 8,70 € . Ecrivain(s): Vicomte de Mirabeau Edition: Libretto

 

Quelle riche initiative que la réédition de cet ouvrage exquis, et probablement quasiment inconnu, du Vicomte de Mirabeau !

André Boniface Louis Riquetti, vicomte de Mirabeau, passait, tout comme son frère le célèbre Comte de Mirabeau, pour libertin, au sens classique.

Rappelons qu’au XVIIe siècle ce mot désigne la liberté de pensée affranchie de toute doctrine religieuse et qu’au XVIIIe siècle s’ajoute à ce sens une idée de transgression morale. L’Encyclopédie en donne cette définition : « C’est l’habitude de céder à l’instinct qui nous porte aux plaisirs des sens » (source : Intellego).

Le roman libertin d’époque s’inscrit dans cette posture intellectuelle. La Morale des Sens en est une parfaite illustration.

Le pouvoir de l’optimisme, Christelle Crosnier (par Marjorie Rafécas-Poeydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Vendredi, 01 Février 2019. , dans Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Le pouvoir de l’optimisme, Idéo Editions, septembre 2018, 273 pages, 15,90 € . Ecrivain(s): Christelle Crosnier

 

Pourquoi une telle floraison de livres sur la pensée positive et le développement personnel ? Il semblerait que la recherche de son propre accomplissement soit devenue depuis quelques décennies le nouveau Graal pour survivre à une société individualiste. L’optimisme est-il une façon de se protéger des horreurs de l’extérieur ? Lorsqu’on ouvre le livre de Christelle Crosnier, on se rend compte au contraire que l’optimisme est un élan vital indispensable pour faire confiance à la vie et aux autres.

Lire des livres sur l’optimisme, comme ceux sur le bonheur, est une thérapie, un entraînement pour muscler notre persévérance. Car contrairement à la culture Instagram où l’on fait miroiter aux jeunes que l’on peut devenir une star en quelques clics, réussir passe nécessairement par une série d’échecs. Et c’est pour cette raison que nous avons besoin de la magie du pouvoir de l’optimisme. Aucune grande victoire ne s’est accomplie sans petites victoires.

Lumière, doucement, Marian Draghici (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Vendredi, 01 Février 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Poésie, L'Harmattan

Lumière, doucement, avril 2018, trad. roumain, Sonia Elvireanu, 114 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Marian Draghici Edition: L'Harmattan

 

La mer, la lumière et puis la présence obsédante qui s’avance sur la pointe des douleurs :

« doucement, viens à moi mot à mot » avec aussi le poids d’une plume passant par « un hibou de dix tonnes » pour faire apparaître, dans cette sorte de rêve, la « chose », la douleur transcendant l’image de souvenirs doux rêvés en cauchemars colorés à l’instar d’un film terrifiant puisque « elle souriait à la fenêtre/ après qu’on lui avait arraché/ mains/ cœur/ cheveux ».

Le souvenir se fait terre, os, cheveux, autant d’images suggérant une sorte d’éclatement de la stupéfaction. Comme une idée se serait jetée contre un mur le souvenir la tête la première. Avec une dislocation à partir de soi éclaboussée sur les éléments tout autour, le texte est pressenti, page après page, de titres improbables annonçant le chaos. J’ai songé à des tableaux de Bosch où toute l’humanité s’éclate en diverses attitudes quotidiennes exacerbées dans une imagination prolifique.

Poéticide, Hans Limon - A dos de Dieu, Marcel Moreau, chez Quidam (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 01 Février 2019. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Poéticide, Hans Limon, Quidam éditeur, coll. Les Indociles, novembre 2018, 96 pages, 13 €

A dos de Dieu, Marcel Moreau, Quidam éditeur, coll. Les Indociles, octobre 2018, 140 pages, 16 €

 

« Il me faudra du temps pour écoper ton spectre

et détourner mes pas de tes appas, Electre.

Mon corps à bout de cœur a besoin de repos.

Il faut parfois muer pour conserver sa peau ».

Poéticide, Rideau, Hans Limon

« Beffroi, c’est tout autre chose. Pendant ce temps-là, il pousse à travers la ville. Ses yeux sont noirs et ils sondent. Ses bras en battoir, son torse de corsaire. Rire qui siffle. Cheveux sales, pense sa voisine, dans le tramway. Il en descend, disparaît. Sa façon de s’enfoncer dans une foule : comme une machette. Tout autre chose. Pendant ce temps-là, il boit ».

A dos de Dieu, Marcel Moreau