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Les Livres

Egon Schiele, catalogue d'exposition (par Matthieu Gosztola) (1/2)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 28 Novembre 2018. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

 

Egon Schiele, édition publiée sous la direction de Dieter Buchhart avec la collaboration d’Anna Karina Hofbauer, textes de Dieter Buchhart, Jean Clair, Alessandra Comini et Jane Kallir, traductions de Jean Torret et Jean Pietri, Gallimard, collection Livres d’Art, 2018, 224 pages, 35 € [1 sur 2]

 

Passionnant catalogue d’exposition. Compagnon idéal, avant, pendant et après une récente venue à la fondation Vuitton.

Est né le 12 juin 1890 Egon Schiele. Sa mère ? Elle témoigne. Il se serait mis à dessiner à l’âge d’un an et demi. Ensuite, c’est un enfant taciturne. Ardent. Négligeant ses devoirs scolaires, dessinant autant que possible. Autant que possible. Son père ? Un chef de gare de la localité de Tulln an der Donau, près de Vienne.

Schiele grandit. En 1906, à l’âge de seize ans, il est admis à l’Académie des beaux-arts de Vienne. Dans la classe du peintre d’histoire Christian Griepenkerl.

La mer en face, Vladimir de Gmeline (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 27 Novembre 2018. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Les éditions du Rocher

La mer en face, septembre 2018, 424 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Vladimir de Gmeline Edition: Les éditions du Rocher


« Ce voyage en Allemagne, c’est une drôle d’idée. Un besoin de solder des comptes avec le passé. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents communistes, je n’ai jamais vu le film, mais j’ai le titre bien en tête. Parce que Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des oncles nazis, celui-là je l’ai vu en vrai, je l’ai vécu ».

La mer en face est un inouï roman de guerre, une guerre que le narrateur livre au passé familial, une guerre aux silences et aux dissimulations. Un roman noir, où le sang versé hier n’a pas encore séché. Un retour sur le passé, pour qu’enfin il se découvre, qu’il révèle ses secrets, ses démons, et ses crimes. Le narrateur fait le voyage avec son ami Guillaume, un frère de sang, pour voir la mer. La mer qu’une dernière fois ont vu les Juifs assassinés  lors de la Shoah par balles : On va les faire se tourner, face à la mer, le dos exposé aux tireurs, et leurs corps seront jetés dans le trou creusé dans le sable, juste à l’endroit où ils seront tombés, et où s’amoncellent déjà des dizaines de corps.

La Princesse légère, George MacDonald (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mardi, 27 Novembre 2018. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Contes, Libretto

La Princesse légère (The Light Princess), George MacDonald, octobre 2018, trad. anglais Pierre Leyris, 112 pages, 6,70 € . Ecrivain(s): George MacDonald Edition: Libretto

 

Dans ce conte, daté de 1864, du pasteur calviniste George MacDonald (1824-1905), les présages sont suivis aussitôt par la prescription, laquelle invalide la joie des naissances, ternit le bonheur des parents, parents sur qui pèse une menace. Au-delà de la trame archétypale de l’histoire, transparaissent les hantises propres à une époque (particulièrement caractéristiques d’une société protestante), ainsi que leurs résultantes stigmatisantes : par exemple, le fait d’être une femme stérile, de surcroît une reine. En effet, la reine devient mère relativement tard, et de plus, met au monde une petite fille, un événement mineur, qui va déclencher une punition (l’admonestation des géniteurs), perpétrée par une espèce de double menaçant, une vieille fille, la princesse, sœur du roi, redoutable sorcière. Les yeux de « la vieille princesse Onsenrpentira » sont « caméléons » comme ses humeurs et ses pouvoirs supranaturels. Il y a une similitude entre le conte de La Princesse légère et celui de La Belle au bois dormant (écrit en 1697), notamment en ce qui concerne les enfants, lesquels, dès leur naissance, sont marqués du sceau de puissances maléfiques (ou bénéfiques) par les Parques ou les Fées, qui vont les affubler d’un handicap, atrophie ou incapacité, malheurs devant être combattus par des épreuves, ou guéris par un élu, magicien ou futur souverain.

La honte, Dissonances#35 (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 27 Novembre 2018. , dans Les Livres, La Une Livres, Revues


Dis/sonances ou la revue en noir et blanc

Nous savons combien la vie des revues actuellement en France est d’une grande richesse. La revue Dissonances, fondée en 2002, témoigne comme d’autres publications à la fois d’une exigence des contenus mais aussi d’un travail de « révélateur » des écritures contemporaines. Elle a choisi autour de ses fondateurs dont Jean-Marc Flapp (actuel directeur de publication) un fonctionnement particulier fondé tout d’abord sur la variété des genres littéraires convoqués et ensuite sur une sélection par appel à textes rendus anonymes pour le comité de lecture, à partir d’un thème défini. En outre elle propose pour chaque numéro un dialogue visuel entre les textes et un(e) artiste non pas selon une simple approche illustrative mais bien plutôt selon un écho poétique fondé sur le noir et blanc et leur « entre-deux », le gris. Le numéro de l’hiver 2018 a pour thème la honte après le numéro 34 consacré aux traces.

Le Temps de l’art, Anthropologie de la création des Modernes, Michel Guérin (par Pierre Windecker)

Ecrit par Pierre Windecker , le Mardi, 27 Novembre 2018. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Cette semaine

Le Temps de l’art, Anthropologie de la création des Modernes, Michel Guérin, Actes Sud, octobre 2018, 432 pages, 27 €

Le titre indique simplement : Le Temps de l’art. Le sous-titre commente, il devance et récapitule : Anthropologie de la création des Modernes. Pour saisir toute la portée du livre, il est bon de le lire en faisant jouer à fond cette ambiguïté, en faisant vibrer cet accord, très légèrement dissonant, qu’il ménage en ouverture.

Ce que Le Temps de l’art prend pour cible de son enquête, c’est le destin historique de « l’art », celui qui va du Grand Art de la Renaissance florentine aux productions artistiques de notre époque, celle qui se désigne généralement comme « postmoderne ». Entendons-nous : ce livre n’est pas du tout un « livre d’histoire ». Il ne cherche pas à construire, pour nous la livrer, une narration continue qui articulerait ses questions à partir d’une chronologie unique. Son propos est de rendre intelligible un mouvement, un devenir, qui nous apparaît aussi fatal (nécessaire) que déconcertant. Il l’appréhende toujours sous des angles multiples, pour faire apparaître leur unité, en s’attardant électivement sur les moments de bascule ou de glissement. Il s’agit d’expliquer beaucoup de choses en effet, dont l’« évidence » ne nous éclaire ni sur leur nécessité, ni sur leurs rapports.