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Les Livres

Gerhard Richter. New York 2023 (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 23 Janvier 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Gerhard Richter. New York 2023, préf. David Zwirner, texte Dieter Schwarz, éd. David Zwirner Books, 2023, 192 p., 132 illust., 75$/68,91€

 

Publié à l’occasion d’une exposition à la galerie David Zwirner de New York en 2023, ce beau catalogue est riche de reproductions photographiques de qualité de peintures récentes de l’artiste Gerhard Richter, ainsi que de dessins, dont certains inédits. Gerhard Richter, né en 1932 à Dresde, a étudié à la Hochschule für Bildende Künste de Dresde, et a entrepris un second cycle d’études à la Staatliche Kunstakademie de Düsseldorf. Il y a cofondé un mouvement nommé « réalisme capitaliste » avec Sigmar Polke, Manfred Kuttner, Konrad Fischer. Son travail a fait l’objet de nombreuses rétrospectives à travers le monde, ainsi que des expositions à la Documenta de Cassel. Ses œuvres sont très recherchées par les collectionneurs et les musées, considérées comme des pièces majeures de l’abstraction contemporaine. Des toiles similaires de cette série abstraite se sont vendues pour plusieurs dizaines de millions d’euros aux enchères. Dieter Schwarz, commissaire d’exposition, directeur du Kunstmuseum Winterthur a rédigé le texte, connaisseur depuis 1985 des travaux de Richter. David Zwirner (marchand d'art allemand, fils de Rudolf Zwirner, fondateur d'Art Cologne), accueille une sélection de dessins, de peinture et une installation de Richter dans sa galerie parisienne. Une rétrospective a lieu à la Fondation Louis Vuitton à Paris.

Un peu de soleil dans les rayons, Christine Epstein - aphorismes (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 23 Janvier 2026. , dans Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Un peu de soleil dans les rayons, Christine EPSTEIN - aphorismes, Pierre Mainard éditeur, 64 pages, octobre 2025, 12,5€

Ce petit recueil d'aphorismes, particulièrement vif et réjouissant, a trois originalités : il est écrit par une femme, il a germé dans la tête d'une psychothérapeute, et enfin il fait la part belle moins aux idées qu'aux mots, ou plutôt : il part le plus souvent d'expressions toutes-faites, qu'il confronte les unes aux autres dans un même fragment, afin de faire comme s'entre-choquer ces poncifs ou s'entre-dévorer ces expressions et, ce faisant, d'interloquer et déstabiliser leurs usagers (nous tous). Par exemple, mariant deux expressions routinières comme "untel n'est pas une flèche" et "avoir plusieurs cordes à son arc", obtenir le percutant (et dérangeant) :" À quoi bon avoir plusieurs cordes à son arc si l'on n'est pas une flèche ?" (p.27-2). Ou joignant "râle d'agonie", et "les Français sont des râleurs", établir (doctement, et cruellement ...) : "Les Français aiment râler jusqu'à leur agonie" (p.35-2). Dernier exemple : réunir singulièrement la "place du mort" de tout passager-avant transporté et "fourgon mortuaire" donne : "Le corbillard est la seule voiture où il y a la place pour deux morts" (p.59-6). On peut ainsi saisir le ressort de la citation initiale : l'effort à faire pour actualiser sa paresse obligeant au deuil même de son indolence ...

La longue vie, Valentin Retz (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 22 Janvier 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallimard, En Vitrine

La longue vie – Valentin Retz – Gallimard – Collection Aventures – 208 p. – 20,50 euros – 12/01/26 . Ecrivain(s): Valentin Retz Edition: Gallimard

 

« Puisque les vraisemblances valent simplement pour ce que l’homme connaît déjà, alors que nous devons compter avec tout le réel – le lourd, inaccessible et prodigieux réel. Ce qui implique de changer à l’écoute du mystère, de se laisser pétrir, de faire confiance à son étoile, comme je vais à présent le raconter dans le détail. »

La longue vie – Valentin Retz

« Le caractère le plus inattendu de l’éternité est donc la vivacité. C’est d’un vif mouvement que la mer se mêle au soleil. »

La Deuxième Vie – Philippe Sollers (1)

Ambidextre, Pierre Alechinsky (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 22 Janvier 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Ambidextre, Pierre Alechinsky, Gallimard, 457pp, 39 €

 

Un peintre écrit. Ce n’est pas rare et c’est toujours précieux de lire un peintre.

Ça n’illustre pas, ça ne complète pas, l’œuvre danse.

Picasso, Le Désir attrapé par la queue, Olivier Debré, L’espace et le comportement, les lettres de Nicolas de Staël ou celles de Vincent à son frère Théo. Il faut lire les peintres car ils écrivent leur peinture, dans son épaisseur ou à travers sa transparence. Ses manques et ses espoirs, ses ratages et ses répétitions.

Bien-sûr Gaston Chaissac, l’épistolier compulsif qui écrit sur la toile et vice-versa ou Cy-Twombly, bien-sûr.
Donc, Ambidextre d’Alechinsky.

« Ne plus savoir sur quel pinceau danser.

Peindre ? Vide attaqué à grands traits, par plaisir, dans le vide et pour le vide ».

Que le Diable l’emporte (Devil Take the Blue-Tail Fly), John Franklin Bardin (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 21 Janvier 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Joelle Losfeld

Que le Diable l’emporte (Devil Take the Blue-Tail Fly, 1947), John Franklin Bardin, Ed. Joëlle Losfeld, 218 p. Edition: Joelle Losfeld

 

Bardin distille une narration au compte-gouttes, grosse d’inquiétude et de tension. Dans une maîtrise et une écriture parfaites, il nous conduit dans les vents et marées du psychisme agité d’Ellen, fragile comme un verre de cristal. À la houlette de son médecin-psychiatre, elle sort de deux longues années d’hospitalisation et le point initial du roman est le matin de sa « libération ». Guérie.

Le thriller psychologique est un genre à part entière dans la littérature – débordant souvent sur le cinéma. Psychose de Robert Bloch, Rebecca de Daphné du Maurier, Shutter Island de Dennis Lehane nous ont fait frémir avec délice. Maupassant en fut un maître et Poe à sa manière aussi. Le style impeccable de John Franklin Bardin et le diabolisme de son roman situent cet ouvrage dans la grande lignée.