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Les Livres

Dans le sillon des mots, Dominique Sintobin (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mardi, 19 Février 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Dans le sillon des mots, Editions Les Déjeuners sur l’herbe, 2018, 92 pages, 10 € . Ecrivain(s): Dominique Sintobin

 

Dans sa démarche active de l’écrit, pensée comme une promenade de Vie, Dominique Sintobin verbalise la phrase comme on chantonne : « écrire et reprendre un cheminement comme on reprend un sentier le même mais autrement ».

Le quotidien, à peine parfois transgressé, fait office de bonheur principal incitant à marquer le pas.

Recherche d’unicité avec les éléments principaux.

Il y a quelque chose de magnétique dans cette démarche ressemblant à un appel d’air dans d’évidentes joies bonnes à rappeler.

La simplicité fait office de difficulté à rattraper le moment présent et le garder un peu dans le creux de la main quand « l’écorce se fait caméléon » prenant « la couleur de la pierre ».

Le Solitaire, Eugène Ionesco (par Cyrille Godefroy)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mardi, 19 Février 2019. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Le Solitaire, Eugène Ionesco, Folio, 1976, 207 pages, 6,80 €

Plus prolifique dans le registre théâtral ou dans le domaine de l’essai, Eugène Ionesco (1909-1994) commet avec Le Solitaire son seul roman parmi la cinquantaine de titres qui compose sa bibliographie. Aux antipodes du produit divertissant niaiseux adossé à une intrigue galopante, Le Solitaire se présente comme une déflagration métaphysique d’une rare intensité, aussi fondamentale et dévastatrice que l’inertie d’Oblomov (Ivan Gontcharov), la nausée de Roquentin (Jean-Paul Sartre) ou la néantisation enserrant l’homme qui dort (Georges Perec).

Aux abords des années 70, un homme de 35 ans, sans qualités particulières, menant une existence réglée et falote, reçoit un héritage conséquent et inattendu. Qui ne rêverait pas de toucher comme lui le gros lot et d’acheter dans la foulée une villa sur la Riviera ou de se lancer dans une odyssée délassante autour du globe ? Or, cet homme, quoique ordinaire, diffère de ses congénères en ce sens qu’il se contente de démissionner et de déménager en banlieue parisienne. Tel un soldat en déroute, il se replie dans son nouvel appartement et entame un voyage intérieur, une aventure ontologique et érémitique qui lui ouvre les portes de l’ennui et du vertige. Le vertige d’exister et de se regarder exister.

L'Amour est Paradis, Mo Chaoui (par Yazid Daoud)

Ecrit par Yazid Daoud , le Mardi, 19 Février 2019. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

L'Amour est Paradis, Mo Chaoui, Les éditions du 38, janvier 2019, format numérique

 

Il semble que dans un pays où l’on souffre d’une pénurie de libertés et de droits de l’homme, le roman de dénonciation s’impose et l’art pour l’art n’a qu’à sauter par la fenêtre. Cette fois-ci, avec plus de noirceur, de violence et de provocation, Mokhtar Chaoui signe un nouveau roman. L’auteur du Silence blanc multiplie les registres, les genres et les perspectives narratives. En effet, plusieurs voix s’annoncent successivement. Des voix enchevêtrées, certes, mais réparties sur des chapitres de longueurs différentes. Cette polyphonie, invitant le lecteur à serrer la ceinture et fournir plus d’attention à la lecture pour retenir les personnages et leurs rapports, symbolise également le désordre du pays où vivent les personnages. Un Maroc qui n’arrive pas à changer depuis des années voire des siècles, un Maroc plein de paradoxes et d’hypocrisie.

Les premières pages regorgent d’antithèses et de jeux de mots présentant des paradoxes comme pour introduire le lecteur dans le monde des personnages (« Moi qui n’attendais que la faucheuse, me voici davantage attaché à la vie. / Moi le vieillard, me voici rajeuni. / Le souffle de ma nouvelle flamme, la flamme de mon nouveau souffle. / A trop vouloir briller dans l’obscurité… »).

La Maladie de la mort, Marguerite Duras (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 18 Février 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Les éditions de Minuit, Théâtre, Cette semaine

La Maladie de la mort, 64 pages, 7 € . Ecrivain(s): Marguerite Duras Edition: Les éditions de Minuit


Marguerite Duras (1914-1998)

Peu d’écrivains ont marqué autant leur temps que Duras au vingtième siècle, à la fois par leur parcours personnel et par leur œuvre. Enfant du colonialisme français en Indochine qui littérairement inaugura sa bibliographie en 1950 avec Un Barrage contre le Pacifique, témoin actif de la Résistance et de la déportation (celle de R. Anselme), ou encore commentatrice contestée de l’affaire Grégory, Duras n’a pas cessé d’entrecroiser vivre et écrire. Elle n’est d’ailleurs pas prisonnière d’un seul genre littéraire ni d’un mode d’expression unique. Elle a écrit des romans, des récits, des pièces de théâtre, des adaptations de certaines de ses œuvres. Elle a aussi filmé.

La plupart de ses textes sont publiées aux éditions de minuit.

Journal à deux voix, suivi de Quelques notes en deux étapes, Alain Marc (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 18 Février 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Z4 éditions

Journal à deux voix, suivi de Quelques notes en deux étapes, juillet 2018, 63 pages, 12 € . Ecrivain(s): Alain Marc Edition: Z4 éditions

L’espace où se joue / s’axe / s’articule / s’exprime ce Journal à deux voix s’élance dans le laps d’un « groupe de mots lancés » à la page 14 :

 

« Le désir de la rencontre amoureusevient sous-tendre

l’échange et créer l’illumination. Alors peut-être repousser la

rencontre tout en l’alimentant suffisamment pour pouvoir

continuer à jouir de la venue des révélations. »

 

Le récit épistolaire-par-fragments s’énoncera ainsi, ici, suivant le modus vivendi d’un érotisme constitutif du Dire et du Jouir mis en jeu / mis à jour dans l’écart d’une rencontre éperdument amoureuse inaugurée / initiée par le protagoniste, reçue par sa destinataire.