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Stock

Les éditions Stock sont une maison d'édition française, filiale de Hachette Livre, elle-même filiale de Lagardère Media.


Une terre si froide, Adrian McKinty

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 27 Avril 2013. , dans Stock, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Une terre si froide, traduit de l’anglais (Irlande) par Florence Vuarnesson, 391 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Adrian McKinty Edition: Stock

 

 

Absent depuis quelques années en France, son dernier roman traduit en français, Retour de flammes, qui clôturait la trilogie consacrée à Michael Forsythe, ayant paru en 2009, Adrian McKinty revient à la fois dans notre paysage éditorial et chez lui, à Belfast. Car ce qui jusqu’alors était la marque de fabrique de McKinty, en ce qui concerne les romans parus ici en tout cas (une trilogie – The Lighthouse trilogy – et plusieurs « one shots » n’ayant pas eu les honneurs de la traduction française), consistait à exiler ses personnages hors d’Irlande. Michael Forsythe partait pour New York puis Boston, le Mexique et le Pérou tandis que dans Le fleuve caché Alex Lawson émigrait dans le Colorado. Des personnages qui, en fin de compte, suivaient plus ou moins l’itinéraire de l’auteur, natif de Belfast, étudiant à Oxford, émigré à New York, puis enseignant à Denver avant de s’installer à Melbourne.

Cette nuit-là, Gila Lustiger

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 26 Avril 2013. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Cette nuit-là, janvier 2013, 236 pages, 19 € . Ecrivain(s): Gila Lustiger Edition: Stock

 

C’est un roman à deux voix : celle de Lisa et de Tania, deux sœurs. Lisa est célibataire, toujours prompte à signer toutes sortes de pétitions sur Internet. C’est une indignée permanente, une révoltée de tous les instants. Elle pratique la fuite dans la vie comme art de l’esquive et collectionne les amants jusqu’à l’étourdissement censé la soulager. Tania est la battante de la famille Bergmann : elle a divorcé d’un économiste célèbre, a épousé un autre homme passablement effacé, Denis. Elle est cadre supérieure dans une banque d’affaires.

Au début du roman, ces deux sœurs veillent leur oncle, décédé d’un cancer. La place qu’occupe cet oncle serait presque celle d’un père de substitution ; il était générateur de regrets, de non-dits a priori nombreux : « Un bref instant, elle (Lisa) aurait presque accouru dans la chambre – lui avait-elle seulement dit qu’elle l’aimait ? – (…) et elle avait décidé, non sans une pointe d’amère ironie, d’ajouter à la longue liste des occasions ratées et des gestes abandonnés celle des mots omis par négligence (ou délicatesse) qui lui semblait parfois plus longue que la liste des choses vécues ».

Le bruit de nos pas, Ronit Matalon

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 04 Mars 2013. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Israël

Le bruit de nos pas, traduit de l’hébreu (Israël) par Rosie Pinhas-Delpuech, août 2012, 466 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Ronit Matalon Edition: Stock

 

« Le bruit de ses pas : ni un cliquetis de talons, ou un raclement de sabots, ni un frottement de semelles ou de pieds qui traînent sur les pierres du trottoir conduisant à la maison, non. L’absence de bruit de ses pas, l’angoisse qui se répand à l’approche de sa venue, son entrée, le silence absolu, plein, mesuré à l’unité temporelle de douze minutes et qu’annonçait l’arrivée de l’avant-dernier autobus, celui de onze heures, dont elle descendait… ». Tout, presque tout, du livre, dès les premières lignes : longues phrases précises et meublées ; rythme travaillé, lourd et traînant comme le climat de là-bas ; on pourrait dire, une musique – du Slam, par exemple. Densité de tous les micro-faits – arrière-boutique d’un accessoiriste de cinéma, où l’on trouve exactement tout ; bouts de vêtements, couleurs, odeurs. Peu de personnages ; on le sent d’entrée, mais pesant, lourds comme l’or, sur un décor minimaliste, dessiné à la perfection. Langue hébraïque zébrant le récit, dont on garde l’accent, chantant et rauque à la fois, au creux de l’oreille : – ya tawli, ya rouh ! Que tu vives longtemps, mon cœur !

Qu'avons-nous fait de nos rêves ?, Jennifer Egan

Ecrit par Anne Morin , le Mercredi, 24 Octobre 2012. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Qu’avons-nous fait de nos rêves ?, trad. de l’anglais (USA) par Sylvie Schneiter, 371 pages, 22 € . Ecrivain(s): Jennifer Egan Edition: Stock

Tout d’abord, une envie de dire qu’on a déjà lu ça, que c’est de l’histoire ancienne : les années passées, la fuite du temps, la jeunesse un peu paumée, tatouée, « piercée », droguée, rock’n roll, beaucoup musicienne, les rassemblements de foule, la vie dans une cité sans âme, les rêves broyés, rendant à chacun son anonymat premier. Comment s’appelait-il (elle) déjà ? Refaire sa vie, la revivre à l’envers, avec des incrustations ici ou là, des arrêts sur image plus ou moins longs.

Lincoln, le fils adolescent de Sasha, l’a bien compris qui, fou de rock, apprécie la chanson à l’aune de ses pauses.

C’est l’histoire d’un petit groupe de musiciens adolescents, c’est l’histoire du monde du (show) business, des ratés de la vie, des loupés, des actes manqués, comme ces petits assemblages que fait Sasha, cleptomane, des objets dérobés, pour leur donner une autre vie, une autre chance, comme ces distorsions que fait subir à ses journées la petite fille de Sasha, décomposant et recomposant la vie de sa famille en bulles, en arbres généalogiques, en labyrinthes, en jeux fléchés où questions et réponses se mordent la queue, donnant à entendre qu’on peut tout refaire, une fois fixées les choses. Ou ces SMS dont la langue phonétique s’apprécie aussi en langage des signes : ouvrir les doigts ou les rapprocher, pour s’éloigner du texte ou de l’objet de l’échange, ou le faire venir à soi.

Dans ma jeunesse, Albert Jacquard

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 27 Juin 2012. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Récits

Dans ma jeunesse, avril 2012, 110 pages, 10 € . Ecrivain(s): Albert Jacquard Edition: Stock

 

« Qui est Albert Jacquard ? », cette question, l’auteur se la pose au début de son ouvrage. Prenant, à l’aune de sa réflexion, le fameux mot de Socrate « Connais-toi toi-même », Albert Jacquard écrit :

« Avant de tenter un effort de compréhension de l’univers qui m’entoure, il est certes de bonne stratégie de commencer par un exercice de lucidité sur ma propre personne. […] C’est désormais à moi d’oser rechercher en toute sincérité : qui suis-je ? qu’ai-je fait de moi ? […] Dans ce magma, comment distinguer ce qui a réellement constitué ma jeunesse de ce qui n’est qu’affabulations imaginées, à propos de cette période, par l’homme d’aujourd’hui ».

Albert Jacquard signe une biographie mêlant introspection et concision. Témoignage d’un parcours de vie peu ordinaire. Comme toute existence, la sienne a connu son lot d’imprévus et de rebondissements :