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Les éditions Stock sont une maison d'édition française, filiale de Hachette Livre, elle-même filiale de Lagardère Media.


Le bruit de nos pas, Ronit Matalon

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 04 Mars 2013. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Israël

Le bruit de nos pas, traduit de l’hébreu (Israël) par Rosie Pinhas-Delpuech, août 2012, 466 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Ronit Matalon Edition: Stock

 

« Le bruit de ses pas : ni un cliquetis de talons, ou un raclement de sabots, ni un frottement de semelles ou de pieds qui traînent sur les pierres du trottoir conduisant à la maison, non. L’absence de bruit de ses pas, l’angoisse qui se répand à l’approche de sa venue, son entrée, le silence absolu, plein, mesuré à l’unité temporelle de douze minutes et qu’annonçait l’arrivée de l’avant-dernier autobus, celui de onze heures, dont elle descendait… ». Tout, presque tout, du livre, dès les premières lignes : longues phrases précises et meublées ; rythme travaillé, lourd et traînant comme le climat de là-bas ; on pourrait dire, une musique – du Slam, par exemple. Densité de tous les micro-faits – arrière-boutique d’un accessoiriste de cinéma, où l’on trouve exactement tout ; bouts de vêtements, couleurs, odeurs. Peu de personnages ; on le sent d’entrée, mais pesant, lourds comme l’or, sur un décor minimaliste, dessiné à la perfection. Langue hébraïque zébrant le récit, dont on garde l’accent, chantant et rauque à la fois, au creux de l’oreille : – ya tawli, ya rouh ! Que tu vives longtemps, mon cœur !

Qu'avons-nous fait de nos rêves ?, Jennifer Egan

Ecrit par Anne Morin , le Mercredi, 24 Octobre 2012. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Qu’avons-nous fait de nos rêves ?, trad. de l’anglais (USA) par Sylvie Schneiter, 371 pages, 22 € . Ecrivain(s): Jennifer Egan Edition: Stock

Tout d’abord, une envie de dire qu’on a déjà lu ça, que c’est de l’histoire ancienne : les années passées, la fuite du temps, la jeunesse un peu paumée, tatouée, « piercée », droguée, rock’n roll, beaucoup musicienne, les rassemblements de foule, la vie dans une cité sans âme, les rêves broyés, rendant à chacun son anonymat premier. Comment s’appelait-il (elle) déjà ? Refaire sa vie, la revivre à l’envers, avec des incrustations ici ou là, des arrêts sur image plus ou moins longs.

Lincoln, le fils adolescent de Sasha, l’a bien compris qui, fou de rock, apprécie la chanson à l’aune de ses pauses.

C’est l’histoire d’un petit groupe de musiciens adolescents, c’est l’histoire du monde du (show) business, des ratés de la vie, des loupés, des actes manqués, comme ces petits assemblages que fait Sasha, cleptomane, des objets dérobés, pour leur donner une autre vie, une autre chance, comme ces distorsions que fait subir à ses journées la petite fille de Sasha, décomposant et recomposant la vie de sa famille en bulles, en arbres généalogiques, en labyrinthes, en jeux fléchés où questions et réponses se mordent la queue, donnant à entendre qu’on peut tout refaire, une fois fixées les choses. Ou ces SMS dont la langue phonétique s’apprécie aussi en langage des signes : ouvrir les doigts ou les rapprocher, pour s’éloigner du texte ou de l’objet de l’échange, ou le faire venir à soi.

Dans ma jeunesse, Albert Jacquard

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 27 Juin 2012. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Récits

Dans ma jeunesse, avril 2012, 110 pages, 10 € . Ecrivain(s): Albert Jacquard Edition: Stock

 

« Qui est Albert Jacquard ? », cette question, l’auteur se la pose au début de son ouvrage. Prenant, à l’aune de sa réflexion, le fameux mot de Socrate « Connais-toi toi-même », Albert Jacquard écrit :

« Avant de tenter un effort de compréhension de l’univers qui m’entoure, il est certes de bonne stratégie de commencer par un exercice de lucidité sur ma propre personne. […] C’est désormais à moi d’oser rechercher en toute sincérité : qui suis-je ? qu’ai-je fait de moi ? […] Dans ce magma, comment distinguer ce qui a réellement constitué ma jeunesse de ce qui n’est qu’affabulations imaginées, à propos de cette période, par l’homme d’aujourd’hui ».

Albert Jacquard signe une biographie mêlant introspection et concision. Témoignage d’un parcours de vie peu ordinaire. Comme toute existence, la sienne a connu son lot d’imprévus et de rebondissements :

Enjoy, Solange Bied-Charreton

Ecrit par Yann Suty , le Lundi, 19 Mars 2012. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Enjoy, 2012, 240 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Solange Bied-Charreton Edition: Stock

« Tout était mort, seul l’écran était la vie ».

Charles a 24 ans et vit dans son temps. Et même plus que ça. Il est vraiment à la page parce qu’il a un compte ShowYou, le réseau social, cousin proche de Facebook, Twitter et autres.

« Tout le monde est sur ShowYou, sauf les gens qui ne sont pas dans le coup, soit la moitié de la population ».

Mais a-t-il vraiment envie d’y être ou n’y est-il pas un peu obligé ? Il y a en effet une espèce de pression sociale qui oblige à s’inscrire sur le site (« J’en étais ou, socialement, j’en serais décédé ») et ensuite à poster chaque semaine au moins une vidéo sous peine de voir son compte être désactivé. Il devient dépendant et assujetti.

« Bien qu’il ne s’agisse que de poster des photos et des vidéos, de regarder celles des autres et d’y inscrire des commentaires, ShowYou me demanda une disponibilité exponentielle. A peine arrivé chez moi, j’allumais l’ordinateur, je dînais devant, j’y restais jusqu’à tomber de sommeil. Le week-end, j’y passais parfois des après-midis entiers ».

L'ivresse des rimes, Laurent Bourdelas

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 16 Février 2012. , dans Stock, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

L’ivresse des rimes. (Stock « Ecrivins »). Novembre 2011. 150 p. 14 € . Ecrivain(s): Laurent Bourdelas Edition: Stock

Laurent Bourdelas nous invite à une promenade délicieuse. Pensez ! Dans les rues et bistroquets du vieux Paris du XIXème siècle, entre Procope et Café de Bade, en compagnie de Lamartine, Vigny, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé et quelques autres compagnons de « beuverie poétique » tout aussi prestigieux ! Et aussi quelques autres, moins connus mais tout autant passionnés de rimes et de flacons ! Entre le plaisir des vers connus et inconnus, des crus célèbres ou des piquettes infâmes, nous errons dans les rues de Paris, ivres de vin, d'alcools et de littérature.

Au gré des rencontres, on passe de la noblesse de l’esprit des rimes (Victor Hugo !..) aux « poètes maudits » (dont la définition est empruntée à Myriam Bendhif-Syllas, ce qui n’est pas pour nous déplaire !)


« …l’appellation désigne désormais un poète qui, incompris dès sa jeunesse, rejette les valeurs de la société, se conduit de manière provocante, dangereuse, asociale ou autodestructrice (en particulier par la consommation d’alcool et de drogues), rédige des textes de lecture difficile et, en général, meurt avant que son génie ne soit reconnu à sa juste valeur. »