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Les éditions Stock sont une maison d'édition française, filiale de Hachette Livre, elle-même filiale de Lagardère Media.


Les champs de Paris, Yann Suty

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 06 Décembre 2011. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Publications de nos contributeurs, Roman

Les Champs de Paris, janvier 2011, 384 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Yann Suty Edition: Stock


Les Champs de Paris, c’est un bar étrange autour duquel gravitent quatre protagonistes : Freddy, le beau garçon plein d’assurance et de fric, pour qui seules comptent les apparences, Anna, sa sublime petite amie qui s’ennuie à mourir, Cortès, le meilleur ami de Freddy, désespérément amoureux d’Anna, et Vanessa, la sœur de Cortès, qui a trouvé un refuge salutaire dans le bodybuilding.

Leurs points de vue s’entremêlent avec pour décor un Paris où la météo s’est totalement, définitivement déréglée.

Et, dans ce deuxième roman, Yann Suty ose même se mettre en scène.

Le rythme haletant, la force qui pousse à lire encore juste quelques pages, le suspense, les personnages plus vrais que nature, bien loin des clichés que l’on envisage de prime abord, les univers construits en quelques lignes seulement, des univers forts, marquants, qui restent, des images impressionnantes [qui font impression], un roman difficile, sans doute, à oublier, et que l’on a, de toute façon, pas envie d’oublier.

Nos baisers sont des adieux, Nina Bouraoui

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 26 Octobre 2011. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

nos baisers sont des adieux, mars 2010, 219 p. 18 € . Ecrivain(s): Nina Bouraoui Edition: Stock

Nina n'est ni Nina ni Bouraoui. « Un auteur n'est ni homme ni femme » déclarait Nina Bouraoui au salon du livre 2009. Nous dirons donc NB pour désigner en toute simplicité l'auteur. Et ne poserons pas la question de savoir qu'est-ce qu'un auteur ou une auteure. Foucault a déjà répondu. Et ce Nota Bene ne notera rien de bien : ce serait plutôt comme un PS, un écrit après, un article de moins, pour cligner de l'œil à Deleuze à propos de Carmelo Bene, justement.

Recomposition des dates et de certains lieux. 1975 - 2010. Ce livre est une série que l'on peut lire dans tous les sens. Partir de la fin. Plonger au milieu. Finir par le commencement. L'inconscient (nous apprit Freud) ignore le Non, la Mort et le Temps. Plongeons avec Nina dans l'affirmation, la vie et l'infini d'une mémoire. Mémoires en flux,en nappes, en éclaircies. Série de courts récits où la précision de l'écriture touche le sens de la parole donnée. Paroles et gestes des autres qui nous constituent dans nos êtres, nos libertés trop rarement respectées. Autant de perles de silence, d'actes d'amour, de regards et de présences.

Trop souvent les sectateurs de l'autofiction sombrent dans l'égofiction qui n'intéresse personne sinon leurs plumitifs narcisses. NB évite ce péril à chaque phrase, chaque mot, chaque lettre. NB est poète. Un poète est un ouvreur de sens. NB dans tous les sens. Ultrasensibilité.

Room, Emma Donoghue

Ecrit par Paul Martell , le Samedi, 08 Octobre 2011. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Room, traduit de l’anglais (Canada) par Virginie Buhl, Stock, La Cosmopolite, 402 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Emma Donoghue Edition: Stock

Jack va bientôt fêter ses cinq ans. Il est un garçon comme les autres, avec des préoccupations de son âge… sauf qu’un certain nombre d’éléments bizarres régentent sa vie.

On apprend ainsi que « le grand méchant Nick » rôde. Il peut faire irruption chez eux tout à coup. Sa mère préfère alors cacher Jack dans un placard pour qu’il ne le voie pas…

Les dialogues prennent parfois une tournure inattendue, presque surréaliste.


« – Pourquoi t’as pas demandé des bougies comme Cadeau de Dimanche ?

– Eh bien, la semaine dernière, nous avions besoin d’analgésiques ».


Au fur et à mesure, on apprend que Jack et sa mère son séquestrés dans une même et unique pièce depuis des années, la « room » du titre. Jack y est né. Et ils n’ont pas moyen de s’échapper, la mère s’y est déjà risquée et l’a amèrement regretté…

Fille de, Carole Achache

Ecrit par Jean-Guy Soumy , le Samedi, 08 Octobre 2011. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Fille de, octobre 2011, 302 p. 17,50 € . Ecrivain(s): Carole Achache Edition: Stock

 

Le dernier livre de Carole Achache compte au nombre des romans écrits sous l’emprise d’une nécessité intime. Texte sur la filiation, et plus encore sur l’énigme des silences, Fille de affronte le mystère de la descendance. De la révolte et de la quête qui lui sont intrinsèquement attachées.

Comme à l’origine du monde, ce doute de la narratrice : l’aime-t-elle, cette mère à laquelle elle serait tentée de dénier jusqu’au statut de femme ? Cette Monique Lange qui éprouve inlassablement le « besoin d’une impossibilité en amour ». Qui possède un goût si sûr pour les passions sublimées, les homosexuels et les hommes traqués.

Nous sommes après-guerre. Le Parti communiste broie ses enfants désobéissants. Très tôt, les ailes de Monique Lange l’ont déposée rue Sébastien Bottin, aux éditions Gallimard. Là, où tout est possible. C’est la valse des rencontres miraculeuses, Genet, Violette Leduc, Florence Malraux, Duras, Jorge Semprun, Faulkner… Le désir de vivre est exacerbé. Monique Lange prend sa place dans le mouvement des couples qui flamboient puis se fanent. Côtoie des êtres qui s’inventent au gré des séparations, de l’alcool, des livres et des révolutions.

Nation Pigalle, Anne Plantagenet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 05 Octobre 2011. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Nation Pigalle, 2011, 493 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Anne Plantagenet Edition: Stock

A une France en quête d’identité, Nation Pigalle renvoie la représentation d’un quartier cosmopolite, où les classes sociales et les personnages les plus divers se côtoient, où les strates temporelles viennent se télescoper. Un joyeux bazar. Plus joyeux pour les uns que pour les autres. Cela dépend du train de vie que l’on peut se permettre. Or, dans ce Pigalle, des personnages privilégiés croisent une concierge esseulée et un poète SDF.

La mère de Timothée a mis le feu à son appartement, à l’angle de l’avenue Trudaine et de la rue des Martyrs. C’est le déclencheur d’une série de remises en question, de mini cataclysmes venant ébranler le quotidien. Timothée va-t-il enfin quitter sa femme pour Gaia ? Va-t-il renouer avec ses fils ? Surgit ensuite la traductrice Louisa, voisine de la vieille dame suicidaire, que la fumée imprégnée va peu à peu obliger à sortir de chez elle, rencontrant une amante passionnée et une nouvelle vocation pour le porno. Elan de vie et de désir qui la pousse dans les bras de son mari avec d’autant plus d’ardeur.

On sait d’emblée, dans ce roman choral, que les différents protagonistes vont finir par se rencontrer et leurs histoires par s’entremêler. On l’attend même. De ces portraits réalisés d’un souffle surgissent quelques trouvailles précieuses, des moments invraisemblables, des questionnements inévitables.