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Les éditions Stock sont une maison d'édition française, filiale de Hachette Livre, elle-même filiale de Lagardère Media.


Nos baisers sont des adieux, Nina Bouraoui

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 26 Octobre 2011. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

nos baisers sont des adieux, mars 2010, 219 p. 18 € . Ecrivain(s): Nina Bouraoui Edition: Stock

Nina n'est ni Nina ni Bouraoui. « Un auteur n'est ni homme ni femme » déclarait Nina Bouraoui au salon du livre 2009. Nous dirons donc NB pour désigner en toute simplicité l'auteur. Et ne poserons pas la question de savoir qu'est-ce qu'un auteur ou une auteure. Foucault a déjà répondu. Et ce Nota Bene ne notera rien de bien : ce serait plutôt comme un PS, un écrit après, un article de moins, pour cligner de l'œil à Deleuze à propos de Carmelo Bene, justement.

Recomposition des dates et de certains lieux. 1975 - 2010. Ce livre est une série que l'on peut lire dans tous les sens. Partir de la fin. Plonger au milieu. Finir par le commencement. L'inconscient (nous apprit Freud) ignore le Non, la Mort et le Temps. Plongeons avec Nina dans l'affirmation, la vie et l'infini d'une mémoire. Mémoires en flux,en nappes, en éclaircies. Série de courts récits où la précision de l'écriture touche le sens de la parole donnée. Paroles et gestes des autres qui nous constituent dans nos êtres, nos libertés trop rarement respectées. Autant de perles de silence, d'actes d'amour, de regards et de présences.

Trop souvent les sectateurs de l'autofiction sombrent dans l'égofiction qui n'intéresse personne sinon leurs plumitifs narcisses. NB évite ce péril à chaque phrase, chaque mot, chaque lettre. NB est poète. Un poète est un ouvreur de sens. NB dans tous les sens. Ultrasensibilité.

Room, Emma Donoghue

Ecrit par Paul Martell , le Samedi, 08 Octobre 2011. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Room, traduit de l’anglais (Canada) par Virginie Buhl, Stock, La Cosmopolite, 402 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Emma Donoghue Edition: Stock

Jack va bientôt fêter ses cinq ans. Il est un garçon comme les autres, avec des préoccupations de son âge… sauf qu’un certain nombre d’éléments bizarres régentent sa vie.

On apprend ainsi que « le grand méchant Nick » rôde. Il peut faire irruption chez eux tout à coup. Sa mère préfère alors cacher Jack dans un placard pour qu’il ne le voie pas…

Les dialogues prennent parfois une tournure inattendue, presque surréaliste.


« – Pourquoi t’as pas demandé des bougies comme Cadeau de Dimanche ?

– Eh bien, la semaine dernière, nous avions besoin d’analgésiques ».


Au fur et à mesure, on apprend que Jack et sa mère son séquestrés dans une même et unique pièce depuis des années, la « room » du titre. Jack y est né. Et ils n’ont pas moyen de s’échapper, la mère s’y est déjà risquée et l’a amèrement regretté…

Fille de, Carole Achache

Ecrit par Jean-Guy Soumy , le Samedi, 08 Octobre 2011. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Fille de, octobre 2011, 302 p. 17,50 € . Ecrivain(s): Carole Achache Edition: Stock

 

Le dernier livre de Carole Achache compte au nombre des romans écrits sous l’emprise d’une nécessité intime. Texte sur la filiation, et plus encore sur l’énigme des silences, Fille de affronte le mystère de la descendance. De la révolte et de la quête qui lui sont intrinsèquement attachées.

Comme à l’origine du monde, ce doute de la narratrice : l’aime-t-elle, cette mère à laquelle elle serait tentée de dénier jusqu’au statut de femme ? Cette Monique Lange qui éprouve inlassablement le « besoin d’une impossibilité en amour ». Qui possède un goût si sûr pour les passions sublimées, les homosexuels et les hommes traqués.

Nous sommes après-guerre. Le Parti communiste broie ses enfants désobéissants. Très tôt, les ailes de Monique Lange l’ont déposée rue Sébastien Bottin, aux éditions Gallimard. Là, où tout est possible. C’est la valse des rencontres miraculeuses, Genet, Violette Leduc, Florence Malraux, Duras, Jorge Semprun, Faulkner… Le désir de vivre est exacerbé. Monique Lange prend sa place dans le mouvement des couples qui flamboient puis se fanent. Côtoie des êtres qui s’inventent au gré des séparations, de l’alcool, des livres et des révolutions.

Nation Pigalle, Anne Plantagenet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 05 Octobre 2011. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Nation Pigalle, 2011, 493 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Anne Plantagenet Edition: Stock

A une France en quête d’identité, Nation Pigalle renvoie la représentation d’un quartier cosmopolite, où les classes sociales et les personnages les plus divers se côtoient, où les strates temporelles viennent se télescoper. Un joyeux bazar. Plus joyeux pour les uns que pour les autres. Cela dépend du train de vie que l’on peut se permettre. Or, dans ce Pigalle, des personnages privilégiés croisent une concierge esseulée et un poète SDF.

La mère de Timothée a mis le feu à son appartement, à l’angle de l’avenue Trudaine et de la rue des Martyrs. C’est le déclencheur d’une série de remises en question, de mini cataclysmes venant ébranler le quotidien. Timothée va-t-il enfin quitter sa femme pour Gaia ? Va-t-il renouer avec ses fils ? Surgit ensuite la traductrice Louisa, voisine de la vieille dame suicidaire, que la fumée imprégnée va peu à peu obliger à sortir de chez elle, rencontrant une amante passionnée et une nouvelle vocation pour le porno. Elan de vie et de désir qui la pousse dans les bras de son mari avec d’autant plus d’ardeur.

On sait d’emblée, dans ce roman choral, que les différents protagonistes vont finir par se rencontrer et leurs histoires par s’entremêler. On l’attend même. De ces portraits réalisés d’un souffle surgissent quelques trouvailles précieuses, des moments invraisemblables, des questionnements inévitables.

Les vaches de Staline, Sofi Oksanen

Ecrit par Paul Martell , le Jeudi, 15 Septembre 2011. , dans Stock, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, La rentrée littéraire

Les Vaches de Staline, Stock La Cosmopolite, 524 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Sofi Oksanen Edition: Stock

Après l’énorme succès obtenu par Purge l’an dernier, les éditions Stock publient l’un des précédents livres de Sofi Oksanen, paru initialement en 2003, Les Vaches de Staline.

Les vaches de Staline, c’est ainsi que les Estoniens déportés en Sibérie désignèrent les maigres chèvres qu’ils trouvèrent là-bas pour se moquer de la propagande soviétique qui assurait que le régime produisait des vaches exceptionnelles.

« La vache de Staline, c’est une chèvre ». Une chèvre toute maigre, comme Anna, une brindille de quarante kilos qui souffre de troubles alimentaires. Anna ne sait pas manger. Elle est boulimarexique, c’est-à-dire qu’elle est à la fois boulimique et anorexique.

Pour soulager son ventre « interminablement avide de sucreries », elle ingurgite des quantités astronomiques de nourriture, de quoi nourrir un régiment pendant plusieurs jours.


« Je me suis mise à mesurer le temps en kilocalories », dit-elle.