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Jeunesse

Quelques minutes après minuit, Patrick Ness

Ecrit par Prescillia Bourguignon , le Mercredi, 21 Octobre 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard Jeunesse

Quelques minutes après minuit, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Patrick Ness Edition: Gallimard Jeunesse

 

Conor, 13 ans, vit seul avec sa mère malade. Une chose vient le hanter chaque nuit, un cauchemar qu’il fait de manière récurrente, le vide, des cris, le noir… Un soir lorsqu’il s’apprête à s’endormir et attend avec anxiété son cauchemar, une voix résonne « Conor ! », ce n’est pas celle de sa mère, non ! « Conor ! ». Cette voix vient du jardin et lorsque le jeune garçon se penche à la fenêtre, le cœur et le ventre noués par la peur, il voit un monstre. Un monstre qui a pris la forme d’un arbre ou plutôt du grand if qui culminait la colline en face de la maison de Conor. Le monstre viendra ainsi chaque nuit, à 00h07 pour lui raconter trois histoires, quand il aura terminé ce sera au tour de Conor de lui raconter son histoire ou plutôt sa vérité, autrement il sera dévoré.

Ce roman jeunesse est vraiment touchant. C’est un magnifique récit qui prend des allures de conte fantastique mais qui se veut tellement réaliste et empli de vérité. Les histoires ne finissent pas toujours bien et il faut le plus souvent apprendre à être courageux pour faire face à nos propres démons.

Premier matin, Fleur Oury

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 19 Octobre 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Les Fourmis Rouges

Premier matin, août 2015, 40 pages, 14 € . Ecrivain(s): Fleur Oury Edition: Les Fourmis Rouges

 

Premier matin. Première rentrée. Premiers préparatifs et premier trajet, en passe de devenir un rituel quotidien, mais qui font figure en ce jour de changement radical, de véritable révolution d’une jeune vie jusqu’alors bien réglée. On se cache sous sa couche, on refuse de se lever. « Je ne veux pas aller à la rentrée des classes ». Les questions se multiplient, les peurs s’expriment timidement sur le chemin de l’école. Mais Grand(e) Ours(e) veille et accompagne Petit Ours dans cette grande journée de découverte.

Fleur Oury aborde avec beaucoup de délicatesse cette thématique de la première rentrée. Tout dans son univers respire le respect et l’affection profonde des êtres les uns pour les autres, la capacité des plus âgés à guider les plus jeunes dans leurs temps d’initiation. Le rappel essentiel intervient : « C’est normal d’avoir peur » ! Et de ne pas se douter que derrière la peur, se cachent des surprises, des nouveautés, la possibilité d’apprendre aussi vaste que le ciel, et avec elle, celle de grandir.

Mathilde fait un tabac, Sophie Chérer

Ecrit par Prescillia Bourguignon , le Samedi, 17 Octobre 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, L'école des loisirs

Mathilde fait un tabac, février 2015, illustré par Véronique Deiss, 71 pages, 7,50 € . Ecrivain(s): Sophie Chérer Edition: L'école des loisirs

 

Mathilde se voit confrontée à une épreuve que beaucoup d’enfants connaissent, qui est celle de voir leur maman commencer à fumer. Habituée aux bisous parfumés de sa maman, Mathilde voit avec écœurement sa nouvelle manie prendre de plus en plus d’importance, pour devenir petit à petit une addiction quotidienne. La fillette sent alors son cœur vaciller entre différentes émotions. Au début il y a le dégoût, suite à cela vient alors l’inquiétude face à la mauvaise mine de sa mère. Les sentiments de Mathilde passent de l’incompréhension à la déception, de la frustration à la colère. Inquiète, elle passe ainsi à l’action avec des procédés imaginés pour sensibiliser sa mère face aux dangers de la cigarette : un vernissage organisé dans la salle de bain, des cachettes pour les cendriers et les briquets trouvés dans la maison… Cependant, ce qu’elle ne sait pas, c’est la raison qui a conduit sa mère à fumer autant, et ça elle ne le découvrira (tout comme le lecteur) que plus tard. Une fois toutes les clés en main, Mathilde apprendra ainsi l’importance de la compréhension et de la tolérance. Le récit se termine donc sur un dialogue enfin rétabli et une merveilleuse promesse d’amour.

La Boutique Vif-Argent, t1 Une valise d’étoiles, (2ème article) Pierdomenico Baccalari

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mercredi, 14 Octobre 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard Jeunesse

La Boutique Vif-Argent, t1 Une valise d’étoiles, mai 2015, illust. Iacopo Bruno, 240 pages, 15,50 € . Ecrivain(s): Pierdomenico Baccalario Edition: Gallimard Jeunesse

 

Êtes-vous bon en devinettes ?

Sauriez-vous par hasard résoudre celle-ci ?

Un vieux roi mit ses deux fils à l’épreuve afin de les départager et de savoir lequel hériterait de son trône. « Le fils dont le cheval arrivera le dernier devant l’église prendra ma place » déclara-t-il. Le fils cadet prit un cheval et galopa à toute allure jusqu’à l’église. Et maintenant, dis-moi : quel fils est devenu roi ?

Il vaudrait mieux, car il en va de votre vie et les géants des mers ne sont pas particulièrement réputés pour leur mansuétude, surtout lorsqu’ils sont écossais…

Heureusement, Finley Mc Phee, 13 ans, est plutôt vif d’esprit ; il est même passé maître ès école buissonnière. Jusqu’au jour où, en guise de punition (après tout, les génies aussi se font prendre parfois !), il se voit contraint de remplacer le facteur dans sa tournée d’été. Toute la journée à sillonner la campagne environnante et les rues sinueuses d’Applecross à vélo, voilà qui semble agréable.

Dans les yeux d’Anouch, Roland Godel

Ecrit par Prescillia Bourguignon , le Mardi, 06 Octobre 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard Jeunesse

Dans les yeux d’Anouch, mars 2015, 208 pages, 10,90 € . Ecrivain(s): Roland Godel Edition: Gallimard Jeunesse

 

Comment aborder un évènement historique dans un roman pour la jeunesse ? Comment raconter les horreurs de la guerre et d’un génocide à des pré-adolescents ? Il semblerait que Roland Godel détienne la recette magique car avec Dans les yeux d’Anouch, il a su avec brio unir les deux. Ce récit raconte l’histoire d’une famille arménienne vivant en Turquie en 1915 qui est contrainte comme beaucoup de quitter leur maison, vivre l’exil de leur peuple et plus tard leur exécution. Au fil de l’histoire, nous suivons les déboires de la famille d’Anouch, leurs subterfuges pour garder un peu de confort et de dignité mais qui, petit à petit, deviennent des subterfuges pour échapper à une mort certaine. On partage ainsi les craintes, les espoirs et la tristesse des Melikian tout au long de leur exode.

Ce récit plein de poésie nous transporte dans l’horreur du génocide, au plein cœur de ce qu’ont vécu bon nombre d’arméniens. Le fait que l’auteur ait donné la parole à la jeune adolescente permet ainsi d’entrer dans le vif du sujet et de vivre autrement l’Histoire avec un grand H.