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Jeunesse

Le dernier voyage, Le Docteur Korczak et ses enfants, Irène Cohen-Janca

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 19 Novembre 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Le dernier voyage, Le Docteur Korczak et ses enfants, éd. Les éléphants, septembre 2015, illustrations Maurizio A.C. Quarello, 60 pages, 18 € . Ecrivain(s): Irène Cohen-Janca

 

Une belle découverte que nous propose la jeune maison d’édition Les éléphants : un album, aux couleurs sépia le plus souvent, qui évoque avec délicatesse, simplicité et tact la figure paternelle et charismatique du docteur Korczak ; un album qui parle avec justesse de ces enfants du ghetto de Varsovie disparus dans la tourmente nazie.

Le livre s’ouvre sur une double-page au fusain qui résume le récit : un vieil homme à l’allure décidée, qui, les bras ouverts, protège de jeunes enfants au regard noyé. L’homme est nu-tête, désarmé, et semble n’avoir à offrir que sa bonté et sa fermeté. Cet homme, c’est le docteur Korczak, Pan Doktor, un homme célèbre, un pédagogue dont les méthodes éducatives ont inspiré la rédaction de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

« C’est un grand médecin, un savant, un écrivain. Il a soigné les gens les plus riches et les plus puissants, il a donné des conférences dans le monde entier, il a écrit beaucoup de livres pour les grands et les petits, et même autrefois il parlait à la radio ».

Pierrot ou les secrets de la nuit, Michel Tournier

Ecrit par Didier Bazy , le Jeudi, 29 Octobre 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Folio (Gallimard), La rentrée littéraire, Contes

Pierrot ou les secrets de la nuit, Michel Tournier, Images Danièle Bour, 48 pages . Ecrivain(s): Michel Tournier Edition: Folio (Gallimard)

Ecrire n’importe quoi n’est pas très difficile. On peut même traîner en longueurs ennuyeuses. Les contes sont souvent tristes. La langueur les plombent et les lecteurs plongent, injustement contristés. Michel Tournier, écrivain soi-disant tardif, prend du temps pour écrire. Du long, bien connu. Du court, et même très court.

Avec Pierrot, on est contristé. Ça ne peut plus durer. Ça ne va pas durer. Parce que c’est dans la dure durée que toute vie change vite de modes. En 40 pages moins les images, à peine 20 pages, Michel Tournier nous initie, dès l’âge de 8 ans, à Spinoza. Tout simplement. Tournier l’a signalé. Plusieurs fois. En plusieurs endroits. Non sans fierté ou fausse modestie. En quelques phrases, le mythe de Pierrot la lune est élucidé et, dans le même temps, l’Ethique de Spinoza frappe comme un éclair.

Spinoza n’est pas plaqué sur le conte pour le raccourcir. L’éthique est (re)découverte par le traitement que Tournier opère à la chanson. Et c’est le raccourci, balai de sorcière, qui renvoie à Spinoza tout entier. Tournier prend Pierrot au pied du four de sa boulangerie nocturne. La pâte est posée, la Substance repose. Le mode de vie de Pierrot est tout entier à la pâte. Pierrot n’est pas la Substance mais déjà, il est installé à l’orée divine. C’est sa chance : il sent et expérimente qu’il est éternel. A condition de persévérer dans son être. Ce qu’il semble condamné à faire : pétrir ou périr.

Le Plouf, Guillaume Olive et He Zhihong

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 28 Octobre 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Le Plouf, Les éditions des éléphants, septembre 2015, 32 pages, 14 € . Ecrivain(s): Guillaume Olive et He Zhihong

 

Un titre réjouissant qui fait monter le sourire jusqu’aux oreilles, un petit format plaisant à manipuler et une première de couverture intrigante : mais que font tous ces animaux, cavalant en ribambelle ? de quoi ont-ils donc si peur ? Cela doit être impressionnant pour faire fuir l’ours et même le lion ou la panthère !

L’entrée en matière a de quoi capter les plus frileux et amène d’emblée le suspense. Avec Le Plouf, les lecteurs retrouveront avec plaisir la forme du conte en chaîne ou de randonnée où se répètent avec d’infimes variations structures et phrases-refrains rapprochant cette écriture de la chanson et se prêtant du coup magnifiquement au passage à l’oral.

Mais revenons-en à nos animaux en déroute… Tout débute un matin comme tous les autres, « le lapin flânait sur les berges de la rivière, lorsque, tout à coup, un énorme bruit retentit : Plouf ! Terrifié, il détale sans demander son reste en hurlant : Au secours, voilà le Plouf ! ». Dans sa course, le lapin va croiser un renard qu’il va effrayer à son tour, puis le singe, le zèbre, l’éléphant… Chacun répète ce qu’il a entendu propageant la nouvelle. Bientôt, c’est toute une troupe d’animaux apeurés qui se ruent dans la forêt.

Quelques minutes après minuit, Patrick Ness

Ecrit par Prescillia Bourguignon , le Mercredi, 21 Octobre 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard Jeunesse

Quelques minutes après minuit, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Patrick Ness Edition: Gallimard Jeunesse

 

Conor, 13 ans, vit seul avec sa mère malade. Une chose vient le hanter chaque nuit, un cauchemar qu’il fait de manière récurrente, le vide, des cris, le noir… Un soir lorsqu’il s’apprête à s’endormir et attend avec anxiété son cauchemar, une voix résonne « Conor ! », ce n’est pas celle de sa mère, non ! « Conor ! ». Cette voix vient du jardin et lorsque le jeune garçon se penche à la fenêtre, le cœur et le ventre noués par la peur, il voit un monstre. Un monstre qui a pris la forme d’un arbre ou plutôt du grand if qui culminait la colline en face de la maison de Conor. Le monstre viendra ainsi chaque nuit, à 00h07 pour lui raconter trois histoires, quand il aura terminé ce sera au tour de Conor de lui raconter son histoire ou plutôt sa vérité, autrement il sera dévoré.

Ce roman jeunesse est vraiment touchant. C’est un magnifique récit qui prend des allures de conte fantastique mais qui se veut tellement réaliste et empli de vérité. Les histoires ne finissent pas toujours bien et il faut le plus souvent apprendre à être courageux pour faire face à nos propres démons.

Premier matin, Fleur Oury

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 19 Octobre 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Les Fourmis Rouges

Premier matin, août 2015, 40 pages, 14 € . Ecrivain(s): Fleur Oury Edition: Les Fourmis Rouges

 

Premier matin. Première rentrée. Premiers préparatifs et premier trajet, en passe de devenir un rituel quotidien, mais qui font figure en ce jour de changement radical, de véritable révolution d’une jeune vie jusqu’alors bien réglée. On se cache sous sa couche, on refuse de se lever. « Je ne veux pas aller à la rentrée des classes ». Les questions se multiplient, les peurs s’expriment timidement sur le chemin de l’école. Mais Grand(e) Ours(e) veille et accompagne Petit Ours dans cette grande journée de découverte.

Fleur Oury aborde avec beaucoup de délicatesse cette thématique de la première rentrée. Tout dans son univers respire le respect et l’affection profonde des êtres les uns pour les autres, la capacité des plus âgés à guider les plus jeunes dans leurs temps d’initiation. Le rappel essentiel intervient : « C’est normal d’avoir peur » ! Et de ne pas se douter que derrière la peur, se cachent des surprises, des nouveautés, la possibilité d’apprendre aussi vaste que le ciel, et avec elle, celle de grandir.