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Jeunesse

A comme aujourd’hui, David Levithan

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 24 Juin 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Gallimard Jeunesse

A comme aujourd’hui, mars 2015, trad. de l’anglais (USA) par Simon Baril, 448 pages, 7,75 € . Ecrivain(s): David Levithan Edition: Gallimard Jeunesse

 

Le héros narrateur de ce roman s’appelle A. Il a fini par se résoudre à se baptiser ainsi car, chaque jour, il se réveille avec une nouvelle identité, un nouveau nom, un nouveau corps. Chaque jour, il puise dans les souvenirs de son hôte pour s’adapter à une nouvelle vie et ne pas perturber le quotidien de celui ou de celle qu’il quittera le lendemain. Depuis qu’il a accepté qu’il mène une existence vraiment pas comme les autres, A respecte cette règle comme il s’impose une distance envers les personnes qu’il rencontre. A cherche avant tout à préserver sa non-présence, son anonymat, le peu d’intégrité qu’il possède.

« Tandis que Justin s’éloigne et que je me retrouve parmi la foule des autres élèves, je deviens extrêmement conscient de la nature périlleuse de cet exercice, des risques liés à l’effet papillon que je pourrais déclencher à chaque interaction. Si vous prenez le temps d’y réfléchir vraiment, si vous allez jusqu’au bout de la chaîne de cause à effet, vous aurez conscience que chaque pas peut être un pas dans la mauvaise direction, que chaque geste peut avoir des conséquences involontaires ».

Rouge, Jan de Kinder

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 17 Juin 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Didier Jeunesse

Rouge, mars 2015, traduit du néerlandais par Marie Hooghe, 40 pages, 13,10 € . Ecrivain(s): Jan de Kinder Edition: Didier Jeunesse

 

Aujourd’hui cela tombe sur Arthur. Cela aurait pu être sur n’importe quel enfant en ce moment de récréation. Une remarque d’une petite fille et tout le groupe se moque. Paul insiste et raille plus que les autres amenant Arthur à se sentir très mal. Voilà comment le harcèlement se met en place. La jeune narratrice signale que les joues d’Arthur sont rouges. C’est un détail, une broutille. Cela arrive sans doute à bien d’autres que lui. Mais aujourd’hui c’est Arthur. Et le rouge pointé du doigt se renforce, s’étend, déclenchant les rires… gagnant les feuilles des arbres comme un incendie, puis les murs des bâtiments comme un virus impitoyable.

« À présent, il est rouge comme une tomate.

Rouge comme une cerise.

Rouge comme du paprika ».

« C’est fou, ça !

Dans la nuit blanche et rouge, Jean-Michel Payet

Ecrit par Pauline Fouillet , le Jeudi, 28 Mai 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Folio (Gallimard)

Dans la nuit blanche et rouge, Folio junior, novembre 2014, 537 pages, 8,90 € . Ecrivain(s): Jean-Michel Payet Edition: Folio (Gallimard)

 

Roman historique, quasi polar, J-M. Payet nous offre un roman palpitant et éclairant dans une Russie de 1917, ravagée par la guerre civile et la Première Guerre Mondiale.

Alors que les classes moyennes et populaires de Russie osent enfin se soulever contre son Tsar inexistant et l’aristocratie oppressante du pays, Tsvetana, 17 ans, nous entraîne en plein cœur de la révolte. Cette dernière, comtesse de son état, soutient la lutte naissante de ceux que l’on appellera les rouges. Loin de partager leurs pensées politiques, elle les accompagne dans leur mission car elle croit en un monde plus égalitaire. Un monde où les faibles et les pauvres ne seraient pas en quête perpétuelle de survie.

Lors d’une de ses missions, elle va tomber nez-à-nez avec Roman, jeune homme magnétique qui se retrouvera par la suite régulièrement sur son chemin et qui sera l’incarnation de son destin. Ce même soir où elle rencontre Roman, Tsvetana va découvrir un secret familial bien lourd qui la portera sur les traces d’un passé et en plein cœur des combats.

Comptines & Berceuses tziganes collectées par Nathalie Soussana

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 27 Mai 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Didier Jeunesse

Comptines & Berceuses tziganes, arrangements Jean-Christophe Hoarau, illustrations Nathalie Novi, novembre 2014, 60 pages, 24 chansons, 50mn, 23,80 € . Ecrivain(s): Nathalie Soussana Edition: Didier Jeunesse

 

La belle collection des Berceuses de Didier Jeunesse explore ici un nouvel univers. Celui de la musique du peuple rom, adaptant « avec brio les musiques traditionnelles des pays traversés, réalisant un véritable métissage entre musiques hongroises, roumaines, russes mais aussi grecques et turques ». Ces 24 mélodies puissantes emportent les gadjé que nous sommes sous des horizons bigarrés et orientaux, dans la joie, la nostalgie ou la douceur, à la rencontre d’un peuple, d’une âme vivace que les clichés ou les focus médiatiques ne sauraient réduire.

Les chanteurs Johnny Montreuil, Bielka et Souliko, Gülay Hacer Toruk, Zsuzsanna Varkonyi, les musiciens JaskoRamic (accordéon), Iurie Morar (cymbalum) et Bruno Girard (violon), se sont mis au service de ce répertoire à la fois plein d’espoir et de tristesse, poignant et vibrant comme ces voix qui se déchirent ou virevoltent dans les refrains, donnant la part belle à la voix et aux percussions, appelant à la danse. Nathalie Novi, quant à elle, déploie la magie de ses pinceaux dans un grand format qui permet à toute la force de son imaginaire de se manifester.

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, Susin Nielsen

Ecrit par Laurie Nallet , le Mardi, 26 Mai 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Canada anglophone, Editions Hélium

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, trad. de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec, 248 p. 14,50 € . Ecrivain(s): Susin Nielsen Edition: Editions Hélium

 

Après la tragédie qui a frappé sa famille, Henry, treize ans, a déménagé sur l’île de Vancouver avec son père. Un père qui prend des bières accompagnées de Prozac, à l’apéritif, et qui tient le choc tant bien que mal. Le garçon mange de la pizza tous les soirs devant les matchs de catch – sa grande passion –, sa chambre sent le curry à cause de Monsieur Atappatu le voisin un peu trop collant de l’appartement d’à côté, ses nuits sont gâchées par de terribles cauchemars, et sa mère pleure à chaque fois qu’elle lui téléphone. Ah oui, aussi, Henry est obligé de consulter un psychologue ringard qui porte un chouchou et avec qui il est incapable d’aborder frontalement ce qu’il vient de vivre. Alors il fait le robot : « Nous n’avons pas encore parlé de ÇA. Il essaie de m’y amener l’air de rien. Il me pose parfois des questions orientées. Mais quand il le fait je prends ma voix de robot pour lui répondre. “Je-ne-sais-pas. De-quoi-vous-parlez. Espèce-d’humanoïde” ».

Finalement le garçon suit les conseils du psy et commence à tenir un journal. D’où le sous-titre du roman : « (écrit uniquement parce que mon psy y tient, mais franchement c’est moisi) ».