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Jeunesse

Rouge, Jan de Kinder

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 17 Juin 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Didier Jeunesse

Rouge, mars 2015, traduit du néerlandais par Marie Hooghe, 40 pages, 13,10 € . Ecrivain(s): Jan de Kinder Edition: Didier Jeunesse

 

Aujourd’hui cela tombe sur Arthur. Cela aurait pu être sur n’importe quel enfant en ce moment de récréation. Une remarque d’une petite fille et tout le groupe se moque. Paul insiste et raille plus que les autres amenant Arthur à se sentir très mal. Voilà comment le harcèlement se met en place. La jeune narratrice signale que les joues d’Arthur sont rouges. C’est un détail, une broutille. Cela arrive sans doute à bien d’autres que lui. Mais aujourd’hui c’est Arthur. Et le rouge pointé du doigt se renforce, s’étend, déclenchant les rires… gagnant les feuilles des arbres comme un incendie, puis les murs des bâtiments comme un virus impitoyable.

« À présent, il est rouge comme une tomate.

Rouge comme une cerise.

Rouge comme du paprika ».

« C’est fou, ça !

Comptines & Berceuses tziganes collectées par Nathalie Soussana

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 27 Mai 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Didier Jeunesse

Comptines & Berceuses tziganes, arrangements Jean-Christophe Hoarau, illustrations Nathalie Novi, novembre 2014, 60 pages, 24 chansons, 50mn, 23,80 € . Ecrivain(s): Nathalie Soussana Edition: Didier Jeunesse

 

La belle collection des Berceuses de Didier Jeunesse explore ici un nouvel univers. Celui de la musique du peuple rom, adaptant « avec brio les musiques traditionnelles des pays traversés, réalisant un véritable métissage entre musiques hongroises, roumaines, russes mais aussi grecques et turques ». Ces 24 mélodies puissantes emportent les gadjé que nous sommes sous des horizons bigarrés et orientaux, dans la joie, la nostalgie ou la douceur, à la rencontre d’un peuple, d’une âme vivace que les clichés ou les focus médiatiques ne sauraient réduire.

Les chanteurs Johnny Montreuil, Bielka et Souliko, Gülay Hacer Toruk, Zsuzsanna Varkonyi, les musiciens JaskoRamic (accordéon), Iurie Morar (cymbalum) et Bruno Girard (violon), se sont mis au service de ce répertoire à la fois plein d’espoir et de tristesse, poignant et vibrant comme ces voix qui se déchirent ou virevoltent dans les refrains, donnant la part belle à la voix et aux percussions, appelant à la danse. Nathalie Novi, quant à elle, déploie la magie de ses pinceaux dans un grand format qui permet à toute la force de son imaginaire de se manifester.

Déjoue les pièges de l’Histoire, Pascale Hédelin

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 19 Mai 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gulf Stream Editeur

Déjoue les pièges de l’Histoire, mars 2015, illustrations de Julien Tixier, 48 pages, 15 € . Ecrivain(s): Pascale Hédelin Edition: Gulf Stream Editeur

 

Comment se plonger au cœur des différentes périodes de l’Histoire sans pour autant lire un documentaire complet sur chacune ? Comment tester ses connaissances et apprendre tout en s’amusant… avec un livre ? Les éditions Gulfstream nous proposent un concept fort réussi avec une nouvelle collection d’albums intelligents et ludiques.

Dans Déjoue les pièges de l’Histoire, le lecteur se confronte à la Préhistoire, à l’Antiquité grecque, aux arènes romaines et aux pyramides égyptiennes, au Moyen-Âge, à la découverte de l’Amérique, à la cour du Roi-Soleil, à la conquête de l’Ouest, au front de la Grande Guerre et à la Libération. Une double page est consacrée à chaque période et recèle 8 pièges : 8 anachronismes, 8 erreurs glissées pour tromper le lecteur, historien en herbe ! Suivent deux pages consacrées aux réponses, détaillées et passionnantes, ainsi que des compléments concernant des inventions ou des outils méconnus de l’époque. Le trait vif de Julien Tixier, proche de l’univers bd, s’avère efficace et précis. Même si les détails ne sont pas toujours innombrables, il faudra posséder un œil de lynx pour tout repérer ! Les différentes scènes au sein d’une même planche racontent également autant d’histoires variées et amusantes.

La Véritable histoire du Grand Méchant Mordicus, Didier Lévy

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 11 Mai 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Sarbacane

La Véritable histoire du Grand Méchant Mordicus, janvier 2015, illustrations de Marie Novion, 32 pages, 14,90 € . Ecrivain(s): Didier Lévy Edition: Sarbacane

 

La couverture de l’album saisit le regard : sur un fond blanc, se présente Mordicus, un vieux loup à l’air peu commode, nous fixant de ses yeux jaunes, debout, seul, au cœur d’une sombre forêt. Tout autour de lui, des visages dans des médaillons fleuris, des objets ou des lieux, semblent annoncer les protagonistes et le contexte de l’histoire.

Il s’agit bien ici d’une histoire de Grand Méchant Loup. Mais Mordicus n’est pas qu’un prédateur affamé, il est surtout un animal vieillissant, solitaire et aigri. Pas de Chaperon rouge mais un petit, un peu loup, un peu renard, un peu ours, résolu à rassembler les siens et à faire fi des querelles du passé. Pas de galette ou de pot de beurre, mais un délicieux gâteau d’anniversaire rappelant à tous que, certes, le temps passe, mais qu’il n’est jamais trop tard pour le rattraper.

Félix mène sa quête courageuse du célèbre Mordicus, questionnant les uns et les autres… jusque dans la gueule du loup féroce.

Les animaux des villes, Nadia Budde

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 31 Mars 2015. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Les animaux des villes, L’Agrume, septembre 2014, 144 pages, 20 € . Ecrivain(s): Nadia Budde

 

« Dans certaines grandes villes, il y a deux fois plus d’animaux sauvages que dans la campagne environnante. Alors que les citadins fuient vers les campagnes, la nature se réfugie dans les villes : adieu la monotonie de l’agriculture moderne, les fertilisants, les pesticides, les rivières canalisées et les chasseurs. En route pour les jardins publics, les espaces verts et les poubelles ».

Forte de ce constat, Nadia Budde nous entraîne à la découverte de cette faune urbaine méconnue et nous révèle certains de leurs secrets. Parcourant les zones urbaines de toute la planète, elle dresse le portrait saisissant, souvent loufoque de ces créatures que nous côtoyions sans trop les voir ou dont nous n’avons même pas conscience.

Le ton faussement naturaliste et l’aspect documentaire se doublent d’un humour désopilant jaillissant tantôt du texte tantôt des illustrations. Le travail de typographie très réussi permet une lecture accessible et proche de l’écriture à la main, avec des traits épais. Quant aux images, travaillant là aussi avec d’épais contours noirs et des couleurs très contrastées, l’auteure développe un style dynamique et efficace qui parlera aux enfants comme aux parents. La plupart des images se focalisent sur le personnage évoqué, en solo sur fond de couleur profonde pour les pages de chapitres, en solo ou en groupes dans le chapitre lui-même.