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Jeunesse

Chaton pâle et les insupportables petits messieurs, Gaëlle Duhazé

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 18 Octobre 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Chaton pâle et les insupportables petits messieurs, Hongfei Culture Editions, septembre 2016, 48 pages, 14,50 € . Ecrivain(s): Gaëlle Duhazé

 

 

Voici un album qui a tout pour lui : une histoire follement drôle et pleine de sagesse, des illustrations vives et sensibles à la fois, un texte empli d’optimisme, le tout amenant une alchimie addictive qui pousse à relire, à revoir et à laisser mûrir le message en soi.

« Chaton pâle se dit qu’il a une vie bien remplie ». En effet, Chaton pâle s’active du soir au matin, dans sa maison coquette au cœur de la forêt. Et quand il ne brique pas son intérieur, il se plonge dans « des livres fabuleux » qui parlent de voyages et d’exotisme. Oh oui, voilà une vie bien remplie, remplie jusqu’à ras bord d’occupations qui privent le chaton de devenir qui il est et de vivre, au-dehors, de belles aventures.

Les Fils de George, Manu Causse

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 05 Octobre 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Talents Hauts

Les Fils de George, août 2016, 175 pages, 8 € . Ecrivain(s): Manu Causse Edition: Talents Hauts

 

Les Fils de George, nouvel opus de la collection choc « Ego », aborde sans détour la thématique des sectes, plus particulièrement évangélistes, et de la vie que peuvent y trouver des adolescents de notre époque.

Le récit est pris en charge par deux jeunes gens : Léo et Mardochée. Le premier mène une vie somme toute banale, entouré par sa famille et ses amis, aimant papoter au café du coin et manger des panini-banane-nutella. Le second appartient à une communauté fermée, exclusive, dont les principes imprègnent chacune de ses pensées, chacune de ses actions, La Congrégation du Livre de George. Au collège ils ne se sont jamais parlé, ils s’observent de loin. Mardochée et les autres jeunes de la Congrégation restent isolés, répondant à l’obligation scolaire par leur seule présence physique. Ils désapprennent le soir venu tout ce qui leur aura été enseigné pendant la journée par les « Restants », ceux qui ne seront pas sauvés selon les lois de George.

L’oiseau, Paule Battault, Marie Caillou

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Lundi, 03 Octobre 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Seuil Jeunesse

L’oiseau, juin 2016, 48 pages (dès 4 ans), 13,90 € . Ecrivain(s): Paule Battault, Marie Caillou Edition: Seuil Jeunesse

Aki a sept ans. Pendant les vacances d’été qu’elle passe chez son père, elle découvre une jeune hirondelle blessée dans le jardin. Elle décide donc de l’adopter et lui prépare un nid dans une boîte, une bouillie de riz au lait de soja et fait de son bol préféré une piscine pour l’oiseau. Mais sa déception est grande : aucun de ces éléments ne semble convenir. L’oiseau est-il malade, est-il en danger ? Le papa intervient et explique alors qu’il s’agit d’une hirondelle et que son régime alimentaire ne peut se satisfaire de bouillie de soja. Le soir, à l’heure de la lecture, ils regardent ensemble l’encyclopédie des oiseaux migrateurs et Aki s’endort en rêvant de voyage et de vol en dormant.

Le temps passe et l’oiseau est devenu familier. Mais un matin, il donne des signes d’un prochain départ en s’exerçant à l’envol. Aki se vante auprès de ses camarades de l’apprivoisement de l’hirondelle et cède à leur curiosité. Mais l’hirondelle n’est pas un jouet. Peu l’ont compris et, ballottée, pressée d’une main à l’autre, elle finit par disparaître dans les airs. Aki est désespérée. L’oiseau n’est pas revenu au nid et il est temps de retrouver la maman puis de rentrer à l’école. Pour son départ, le papa lui offre un joli pendentif en forme d’hirondelle, pour qu’ensemble elles continuent « leurs migrations ». Sur le chemin du retour, soudain un vol, une nuée d’hirondelles et leurs cris, comme pour saluer l’enfant. Un adieu, jusqu’au prochain printemps.

Qui veut la peau d’Otto Dafé ?, Justine Jotham

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 29 Septembre 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Qui veut la peau d’Otto Dafé ?, éd. Oskar, mai 2016, 200 pages, 14,95 € . Ecrivain(s): Justine Jotham

 

La littérature pour la jeunesse doit évoluer et trouver, de génération en génération, de nouvelles inspirations pour s’inscrire dans les transformations, tant sociales que morales et technologiques de plus en plus rapides du monde dans lequel naissent et vivent enfants, adolescents et adultes.

Justine Jotham, qui connaît bien les jeunes puisqu’elle enseigne dans le second degré, est de ces auteurs qui ont compris que pour que les jeunes lisent, il convient de leur offrir des fictions en relation avec leur environnement, et que, pour que la lecture leur en soit profitable, il importe qu’elles ne se réduisent pas à l’histoire mais qu’elles suscitent la réflexion et le va-et-vient critique entre la société mise en scène dans le texte et celle dont ils sont acteurs et spectateurs dans la vie réelle.

En quelque sorte, hors de ses classes, Justine Jotham, dans ses romans, reste une pédagogue.

L’intrigue est d’une plaisante originalité.

Maman aime danser, Didier Pobel

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Mardi, 13 Septembre 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Maman aime danser, éd. Bulles de savon, août 2016, 76 pages, 12 € . Ecrivain(s): Didier Pobel

 

Dès les premiers paragraphes, le lecteur devine l’argument de ce court roman. On est en novembre, un lundi pas comme les autres. Tom l’enfant ne va pas à l’école, son week-end se prolonge chez sa mamie Léa chez qui les habitudes semblent bouleversées. La télévision reste éteinte, Mamie semble absente dans les jeux qu’elle propose et il y a cette phrase, restée en suspens : Tu sais que maman aime beaucoup danser. L’enfant s’intrigue de cet inachevé. Oui, maman aime danser. Et dans cette maison on danse, on met de la musique, ou on va au concert, et Tom pendant ce temps découvre des trésors chez sa mamie Léa. Le bonheur simple dans la vie de l’enfant.

On est lundi et Tom raconte. Pas d’école, un silence pesant, des comportements d’adultes étranges, qui se serrent dans les bras. Et mamie qui a un gros rhume mais pas avec les mêmes « micorbes » puisqu’elle peut encore faire des câlins.

Les deux premiers chapitres, dans la voix de l’enfant, révèlent à la fois l’incompréhension du monde, l’angoisse et le désespoir des adultes. Les images poétiques et drôles rapportées par l’enfant se heurtent au silence, aux larmes cachées des adultes et cette confrontation figure le chaos matériel et affectif dans lequel les adultes se débattent. Et l’auteur de reprendre la parole : On ne savait pas d’où venait ce qui pourtant, soudain, touchait tout le monde […] Tout ce qui, dans un inquiétant silence, parlait à tout le monde d’une chose incompréhensible.