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L'Olivier (Seuil)

Les Editions de l'Olivier, que caractérise leur sobre et élégante couverture noire et blanche marquée d'une silhouette d'olivier, sont fondées en 1991 par Olivier Cohen comme filiale des éditions du Seuil.

Dès le départ, le parti pris est de mettre l'accent sur la littérature anglo-saxonne, avec des auteurs tels que Raymond CarverJay Mc InerneyCormac McCarthy, Henry Roth, Hubert Selby Junior, Michael Ondaatje ou, parmi une plus jeune génération, Rick Moodyou Jonathan Franzen.

 


C, Tom McCarthy

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 09 Octobre 2012. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire

C (C), trad. de l’anglais par Thierry Decottignies, 23 août 2012, 430 p. 24 € . Ecrivain(s): Tom McCarthy Edition: L'Olivier (Seuil)

 

La quatrième de couverture de C, le nouveau roman de Tom McCarthy, est alléchante au possible :

« Qu’est-ce que C ?

C comme Serge Carrefax. Comme le cyanure avec lequel se suicide Sophie, sa sœur bien-aimée. Comme la cocaïne dont il abuse.

Mais aussi C comme communication. Car Serge, né au début du XXe siècle, en même temps que la télégraphie sans fil, et élevé dans un institut pour sourds, est plongé depuis sa naissance dans un monde étrange et poétique de signaux qu’il ne peut déchiffrer.

Lorsque la guerre de 1914 éclate, c’est la fin de l’idylle. Opérateur radio à bord d’un aéroplane, capturé puis interné en Allemagne, toujours à la recherche de la voix perdue des morts, il participe à l’expédition de Lord Carnavon, l’égyptologue qui, pour avoir violé la tombe de Toutankhamon, mourut, dit-on, de la « malédiction du pharaon ».

La table des autres, Michael Ondaatje

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 27 Août 2012. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Canada anglophone

La table des autres, 23 Août 2012, 256 p. traduction Michel Lederer, 22 € . Ecrivain(s): Michael Ondaatje Edition: L'Olivier (Seuil)

 

« Et quoiqu’il ait existé un paquebot nommé Oronsay (il y en a eu plusieurs Oronsay), le navire dans le roman est un produit de l’imagination ».

C’est en partie une question d’immigration. Il y a un navire. Un navire qui quitte Colombo en 1954. Des stewards qui accueillent ceux qui embarquent. Et peut-être sur le pont, comme dans les films, des gens qui jettent des derniers regards vers le port et agitent les bras vers ceux rester à terre.

C’est surtout un livre d’aventures. « Le sommeil est une prison pour un garçon qui a des amis à voir. Nous attendions la nuit avec impatience et étions debout avant que le jour se lève au-dessus du bateau. Nous mourions d’envie de continuer à explorer cet univers ». Une aventure qui occupe trois semaines de ballotements entre deux mondes. Le Sri Lanka d’un côté. L’Angleterre de l’autre. Entre l’océan indien. La canal de Suez. Les côtes du Moyen Orient. La Méditerranée.

Le garçon s’appelle Michael. Il quitte une famille qui n’est pas vraiment la sienne pour rejoindre une mère qu’il a quittée quatre ans auparavant. Il a onze ans. En embarquant il préfère s’isoler dans sa cabine plutôt que d’observer sa terre natale de la hauteur du pont.

Assommons les pauvres ! Shumona Sinha

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 18 Juillet 2012. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Asie, Roman, Récits

Assommons les pauvres !, 2011, 155 pages, 14,20 € . Ecrivain(s): Shumona Sinha Edition: L'Olivier (Seuil)

Ce petit livre rapporte :

 

– qu’au Nord prospèrent des états opulents, arrogants, accapareurs, vivant en paix et vendant des armes, démocratiques et imposant leur système économique au reste du monde

– qu’au Sud, il y a des populations pauvres, humbles, spoliées, prises en étau dans des guerres intestines, subissant une dictature affirmée ou déguisée, conséquemment miséreuses

– qu’entre ces deux mondes, les routes se ferment, les frontières se renforcent, des murs s’érigent

– que du Sud vers le Nord s’écoule, malgré les barrières, un flot incessant d’hommes et de femmes, ici échappés du sous-continent indien,  qui, en échange du peu qu’ils possèdent, mettent leur vie entre les mains de passeurs dénués de tout scrupule dans l’espoir d’arriver dans l’aire où tout paraît aller mieux.

– que ceux d’entre eux qui survivent aux périls de la migration doivent se procurer, à destination, la clé qui leur permettra de sortir de la clandestinité : le statut de demandeur d’asile politique.

Tout cela, nous le savons, plus ou moins.

Super triste histoire d'amour, Gary Shteyngart

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 24 Avril 2012. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, Science-fiction, La Une Livres, USA, Roman

Super triste histoire d’amour (Super sad true love story. Trad. de Stéphane Roques) Mars 2012. 408 p. 24 € . Ecrivain(s): Gary Shteyngart Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Il y a maldonne. En septembre dernier on nous annonçait à sons de trompe « le grand livre sur l’Amérique d’aujourd’hui » avec le « Freedom » de Franzen. Livre laborieux, long, finalement assez insignifiant. Eh bien il est là ce livre « de » et « sur » l’Amérique, avec ce tonitruant roman « de SF » de Shteyngart !

De SF  dit-on ? Science-Fiction ? Il fut un temps, naguère, où on disait « anticipation » et dans le cas de ce roman le terme est tellement plus juste ! Anticipation, à peine … Et la puissance tellurique de ce livre c’est ça : l’à-peine décalage dans le temps. Oui, c’est de la fiction, mais une fiction tellement ancrée dans les fondements aveuglants du présent, qu’elle en extrait la quintessence. A la manière d’une fable philosophique, ce roman d’anticipation dresse un tableau saisissant de ce qui nous attend ou, plus exactement, de ce qui nous arrive !

Lenny Abramov, Juif américain presque quadra est tombé amoureux, lors d’une année sabbatique à Rome en l’An … , d’une très jeune coréenne, Eunice Park. Lui qui travaille pour  « les services post-humains » de la Staatling-Wapachung, entreprise US qui a pour objet la production de … l’immortalité, rien moins ! Belle injection de jouvence que cette fille, menue, drôle et prototype tonique de son temps.

La deuxième personne, Sayed Kashua

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 18 Mars 2012. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Moyen Orient

La deuxième personne. Sayed Kashua. Trad. Hébreu Jean-Luc Allouche. L’Olivier février 2012. 356 p. 23 € . Ecrivain(s): Sayed Kashua Edition: L'Olivier (Seuil)

Qui, mieux qu’un Arabe israélien, peut se poser – et nous poser - la question de l’identité ? Pas seulement celle d’un citoyen arabe dans l’état d’Israël – ce serait intéressant mais un peu court – mais au-delà, de l’identité dans sa dimension la plus métaphysique.

Sayed Kashua nous raconte le destin de deux arabes israéliens – les destins plutôt, car il s’agit de deux trajectoires distinctes qui vont, en fin de compte, se croiser – dans une technique de construction qui n’est pas sans évoquer les films d’Alejandro Gonzalès Iñarritu.

L’un est « l’avocat » (on ne saura jamais son nom). Représentant type d’une moyenne bourgeoisie arabe israélienne, assurément attachée à ses racines et au destin de la Palestine, mais néanmoins citoyen israélien, loyal et – presque – fier de sa nationalité ! L’argent, la Mercédès noire, la belle maison, la piscine … Les rêves matériels (et symboliques) d’une middle class palestinienne d’Israël.


« L’avocat s’assura que sa fille avait bouclé sa ceinture à l’arrière de sa Mercédès noire, tandis que son épouse attachait le bébé dans sa Golf bleue. Hormis le jeudi, c’était sa femme qui conduisait leur fille à l’école et le bébé chez sa nourrice… »