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L'Olivier (Seuil)

Les Editions de l'Olivier, que caractérise leur sobre et élégante couverture noire et blanche marquée d'une silhouette d'olivier, sont fondées en 1991 par Olivier Cohen comme filiale des éditions du Seuil.

Dès le départ, le parti pris est de mettre l'accent sur la littérature anglo-saxonne, avec des auteurs tels que Raymond CarverJay Mc InerneyCormac McCarthy, Henry Roth, Hubert Selby Junior, Michael Ondaatje ou, parmi une plus jeune génération, Rick Moodyou Jonathan Franzen.

 


Le laboratoire central, Jean-Bertrand Pontalis

Ecrit par Jean-François Vernay , le Samedi, 06 Avril 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Le laboratoire central - Entretiens, 1970-2012, 228 pages, 18 € . Ecrivain(s): Jean-Bertrand Pontalis Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Avant Freud avec les écrivains – ouvrage dans lequel les auteurs avaient pour objectif « de montrer à la fois la divergence et l’alliance profonde de la psychanalyse et de la littérature » (227) – Jean-Bertrand Pontalis a publié un recueil de neuf entretiens diachroniques (1970-2012), Le laboratoire central, qui doit son titre au livre de poésie publié en 1921 sous la plume de Max Jacob (1876-1944), écrivain et peintre juif qui décéda des suites de sa déportation au camp de Drancy.

Dans un article consacré aux raisons pour lesquelles le XXème siècle fut freudien, Eli Zaretsky nous informe que le « romancier Nathaniel West appelait Sigmund Freud le “Bulfinch moderne”, voulant dire qu’il avait écrit des fables pour son époque » (1). Faut-il en déduire que la pratique psychanalytique et l’écriture littéraire s’érodent mutuellement au point d’être incompatibles ? La rivalité se dessine dès l’avant-propos de Michel Gribinski (2) et se prolonge en pointillés dans l’ouvrage, même si la posture de Jean-Bertrand Pontalis, vue sous cet angle particulier, est pour le moins ambivalente.

N'en faites pas une histoire, Raymond Carver

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 14 Février 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, USA, Poésie, Nouvelles

N’en faites pas une histoire (No heroics, please, 1991) trad (USA) François Lasquin (2012) 294 p. 15 € . Ecrivain(s): Raymond Carver Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Nous avons droit dans ce 8ème opus des œuvres complètes de Raymond Carver chez l’Olivier, à des miscellanées. Un bric-à-brac littéraire étincelant, celui de l’artisan de l’écriture le plus doué de sa génération. Des nouvelles de jeunesse, stupéfiantes déjà de maîtrise narrative et qui laissent présager clairement l’économie des futures grandes nouvelles : minimalisme des moyens mis en œuvre, langue épurée et faite des mots les plus simples et les plus justes, la traque obsessionnelle de la réalité la plus banale :

 

« Il se rase. En tournant la tête, il peut voir ce qui se passe dans le séjour. Iris, de profil, assise sur le tabouret, devant la vieille coiffeuse. Il pose le rasoir, se rince le visage. Ensuite, sa main se referme à nouveau sur le manche du rasoir, et au même instant il entend les premières gouttes de pluie sur la toit … » (In « Furieuses saisons »)

Les feux, Raymond Carver

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 31 Janvier 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, USA, Nouvelles

Les feux, (Fires 1983) trad. (USA) François Lasquin, 2012. 213 p. 14 € . Ecrivain(s): Raymond Carver Edition: L'Olivier (Seuil)

 

 

« Les feux » constitue le 7ème opus des œuvres complètes de Raymond Carver dans leur nouvelle traduction aux éditions de l’Olivier.

C’est un volume éblouissant. Non seulement le grand Carver nous offre quatre nouvelles sublimes mais il nous livre, et c’est bien plus rare, des poèmes magistraux et des textes de réflexion sur l’art du nouvelliste, sur son rapport à l’acte même de création de la nouvelle.

Quand Raymond Carver écrit, l’écriture n’a même plus d’existence tant elle laisse place à l’évidence de la vie. L’art de la nouvelle, qu’il a élevé au plus haut niveau de la littérature américaine, au plus haut niveau de la littérature tout court, ne peut s’accommoder de la moindre défaillance. La brièveté, la densité l’interdisent. Et l’écriture est pour lui un outil au service du réel, qui traque la réalité dans ses moindres recoins, les plus secrets comme les plus exposés.

L'inconscience, Thierry Hesse

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 20 Décembre 2012. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

L'inconscience. 325 p. 19 € . Ecrivain(s): Thierry Hesse Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Il y a , souvent pour le plus grand bonheur des lecteurs, ces romans qu'on dit de «  littérature française  actuelle». Ils raflent souvent haut la main, les grands prix littéraires, ceux qui font la «  une » du 20 H, et ce n'est pas rare de les retrouver «  transformés » sur nos toiles, valorisés, du coup par ces acteurs, français, eux aussi, qui habitent nos imaginaires familiers... French touch, à leur manière,  ces livres ; franchouillards, jamais.

Le décor est premier, mais un peu estompé, pour ne pas faire dans du Balzac ronflant. Province, le plus souvent ; pas forcément versus-vacances. Ici, c'est de Lorraine qu'il s'agit ; celle d'avant les «  Fleurance en partance de Mittal ». Face bourgeoise et particularismes locaux : Metz ; un peu plus loin, Toul. D'un Nord aussi, sans les lumières flamandes et riches de Lille, qui résonne grande précarité du fin fond des provinces, jadis portant haut le drapeau de la classe ouvrière : Roubaix, pas moins !  «  Carl et lui continuaient à marcher sur le sol aux trois quarts gelés de cette ville où tous deux étaient nés au milieu du siècle dernier. Ils avaient sous les yeux la flèche en béton de l'église Sainte Thérèse dans un ciel bleuâtre clouté d'étoiles... »

Personnages secondaires, Alejandro Zambra

Ecrit par Victoire NGuyen , le Lundi, 26 Novembre 2012. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Amérique Latine, Roman

Personnages Secondaires, traduit de l’Espagnol (Chili) par Denise Laroutis, 167 p. 17,50 € . Ecrivain(s): Alejandro Zambra Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Le roman des enfants seuls

 

Le roman d’Alejandro Zambra est un subtil mélange d’introspection de soi et de la répercussion de l’Histoire sur les générations antérieures et présentes. Les pages fouillent nerveusement l’histoire de la vie quotidienne des pères et des fils pendant cette période sanglante pour le Chili que sont les années 80.

« Mon roman, c’est le roman des parents, je l’ai pensé à ce moment-là, je le pense maintenant. Nous avons grandi dans cette croyance que le roman, c’était celui des parents. En les maudissant et aussi en nous réfugiant, soulagés, dans cette ombre qu’ils nous faisaient. Pendant que les adultes tuaient ou étaient tués, nous dessinions dans un coin. Pendant que le pays s’effondrait par morceaux, nous, nous apprenions à parler, à marcher, à plier les serviettes en forme de bateaux, d’avions. Pendant que le roman se déroulait, nous, nous jouions à cache-cache, à pas vu pas pris, à disparaître ».