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Les Chroniques

Au secret de la source et de la foudre, Georges-Emmanuel Clancier (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 05 Décembre 2018. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Au secret de la source et de la foudre, Georges-Emmanuel Clancier, Gallimard, novembre 2018, 64 pages, 12 €

 

Le poème-action

Ce qui est déterminant à la lecture du recueil posthume du poète limousin Georges-Emmanuel Clancier, c’est le caractère ancré, ancré dans un temps historique et dans le temps quotidien dans lesquels se déroule l’aventure humaine de ce poète qui a traversé la totalité du vingtième siècle jusqu’à aborder le vingt-et-unième ; et cela avec l’esprit toujours clair, clair au point de revisiter sa propre poésie à cinquante ans de distance. Je dis temps, mais je devrais ajouter espace, topologie, topographie des poèmes écrits dans les années 60-70, qui vont toujours vers l’être et vers le sud – comme si Georges-Emmanuel Clancier faisait sienne la définition de Bonnefoy pour qui la poésie était temps d’été, de lumière. En ce sens le poète ici est éloigné du pays de sa naissance, le Limousin, pays plus froid et plus capiteux, où se jette le tourment des forêts, des ruisseaux vifs et des ciels quasi de montagne, au profit de la blancheur éclatante du soleil et de la Méditerranée.

Soumission, de Michel Houellebecq (par Mona)

Ecrit par Mona , le Mardi, 04 Décembre 2018. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED, Cette semaine

Soumission, Michel Houellebecq, J'ai Lu

 

Méfions-nous des littéralistes, c’est toujours ceux-là qui brûlent les livres.

« C’est pas le moment de chroniquer Houellebecq » nous dit Christine Angot qui a adressé son « merde à celui qui le lira » à la sortie du roman. Ainsi, ce serait un roman qui salit, pas loin d’un outrage à la morale publique. On songe à l’époque où l’on condamnait les poètes maudits et à Baudelaire qui n’avait pas peur de dire : « dans ce livre atroce, j’ai mis toute ma haine ».

Alors, pourquoi nous asséner cette conception moralisatrice de la littérature ? Houellebecq serait amoral et dénué de toute humanité, ne se soumettrait pas aux normes littéraires ? Les prudes critiques s’offusquent qu’on parle de l’affaissement des chairs (en parfaite résonance pourtant avec l’avachissement de la culture occidentale que Houellebecq aime tant décrire) et de « sécheresse vaginale » (la belle affaire).

Éphémérides créatives - André Gide (par Jean-Marc Dupont)

Ecrit par Jean-Marc Dupont , le Lundi, 03 Décembre 2018. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

22 novembre : éphéméride créative, André Gide : « L’art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté »

Le 22 novembre 1869, naissance de l’écrivain français André Gide (mort le 19 février 1951) qui fut honoré du prix Nobel de Littérature en 1947 « pour son œuvre littéraire considérable et d’une haute valeur artistique dans laquelle il a exposé les grands problèmes humains avec un amour audacieux de la vérité et une grande pénétration psychologique ».

http://www.andre-gide.fr/

Comme s’exclame André Gide (Les Faux-Monnayeurs) :

« L’histoire de l’œuvre, de sa gestation ! Mais ce serait passionnant… plus intéressant que l’œuvre elle-même ».

Et cette démarche est reprise dans cette collection intitulée « Horizons génétiques », avec justement le premier ouvrage André Gide, l’écriture vive [1] et écrit par Martine Sagaert et Peter Schnyder, avec pour objectif pour le lecteur de « donner accès au laboratoire de l’écrivain, ouvrant à la recherche gidienne de nouveaux horizons »…

Éphémérides créatives - William Styron : « a kind of waking vision » [*] (par Jean-Marc Dupont)

Ecrit par Jean-Marc Dupont , le Jeudi, 29 Novembre 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

1er novembre : éphémérides créatives, William Styron : « a kind of waking vision » [*]

Le 1er novembre 2006, disparition de l’écrivain et essayiste américain William Styron (né le 11 juin 1925)

https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Styron

A travers ces diverses conversations [1] on y découvre quelques indices sur le processus créatif de William Styron, ainsi :

« For me, starting a novel is like starting a plantation. Before the earliest signs are out, there is a lot of planting and hoeing and traveling around to the seed salesmen. It evolves very slowly and sometimes very haltingly. I admire writers who have it all worked out and seem to churn them out organically. I find I’m always in a state of extreme unhappiness. I wish I were one of those spontaneous writers who could let it determine itself. But it doesn’t seem to work that way for me »

Egon Schiele, catalogue d'exposition (par Matthieu Gosztola) (1/2)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 28 Novembre 2018. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

 

Egon Schiele, édition publiée sous la direction de Dieter Buchhart avec la collaboration d’Anna Karina Hofbauer, textes de Dieter Buchhart, Jean Clair, Alessandra Comini et Jane Kallir, traductions de Jean Torret et Jean Pietri, Gallimard, collection Livres d’Art, 2018, 224 pages, 35 € [1 sur 2]

 

Passionnant catalogue d’exposition. Compagnon idéal, avant, pendant et après une récente venue à la fondation Vuitton.

Est né le 12 juin 1890 Egon Schiele. Sa mère ? Elle témoigne. Il se serait mis à dessiner à l’âge d’un an et demi. Ensuite, c’est un enfant taciturne. Ardent. Négligeant ses devoirs scolaires, dessinant autant que possible. Autant que possible. Son père ? Un chef de gare de la localité de Tulln an der Donau, près de Vienne.

Schiele grandit. En 1906, à l’âge de seize ans, il est admis à l’Académie des beaux-arts de Vienne. Dans la classe du peintre d’histoire Christian Griepenkerl.