Identification

Les Chroniques

Voyager dans Gary (3) Les enchanteurs, Romain Gary (par Laurent LD Bonnet)

Ecrit par Laurent Bonnet , le Vendredi, 14 Juin 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED, Folio (Gallimard)

Les enchanteurs, Romain Gary, Folio Gallimard, 1973, 372 pages, 8,90 €

 

Mon propos, à travers cette série de trois articles, consiste à interroger le sens de l’œuvre de Romain Gary, essentiellement Gary, à travers trois romans. Un point de vue forcément orienté. Un choix. Pour comprendre qu’un chemin d’auteur se construit au fil des ans. L’appréhender c’est l’illustrer. Voici celui de « mon » Gary.

Les Racines du ciel (Goncourt 1956), fondateur, politique et visionnaire. Les Enchanteurs (1973), l’art l’imaginaire et l’amour salvateurs. Les Cerfs-volants (1980), testamentaire, espérant et humaniste.

 

Les enchanteurs, Romain Gary, Folio Gallimard, 1973, 372 pages, 8,90 €

 

Il était une fois, un conte…

Conversations, Francis Bacon (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 14 Juin 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED, Arts

Conversations, Francis Bacon, L’Atelier Contemporain, coll. Écrits d’artistes, février 2019, préface Yannick Haenel, photographies Marc Trivier, 208 pages, 20 €

Les entretiens menés avec Bacon sont passionnants, lorsqu’on s’intéresse à la peinture. Ils éclairent sa création. L’une des plus fortes du XXe siècle.

Retrouvez (voulez-vous ?) les supports suivants : Cambridge Opinion, n°37, janvier 1964 ; Chroniques de L’Art vivant, n°26, décembre 1971-janvier 1972 ; Le Monde, 3 novembre 1971 ; L’Express, 15 novembre 1971 ; Jardin des Arts, n°204, novembre 1971 ; La Quinzaine littéraire, 16-30 novembre 1971 ; The Listener, 16 mars 1972 ; La peinture britannique de Gainsborough à Bacon, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 9 mai-1er septembre 1977 ; Newsweek, 24 janvier 1977 ; L’Express, 7-13 février 1977 ; Le Matin, 19 janvier 1984 ; Le Monde, 26 janvier 1984 ; Beaux-Arts Magazine, n°10, février 1984 ; Libération, 29 septembre 1987 ; Art International, automne 1987 et automne 1989 ; Le Figaro, 29 avril 1992 ; Catalogue Francis Bacon, Marlborough Gallery, Madrid, 1992 ; Catalogue Corps crucifiés, Musée Picasso, Paris, 17 novembre 1992-1er mars 1993. Vous n’avez pas le temps ? Pas le courage ? Eh bien procurez-vous l’ouvrage publié par L’Atelier Contemporain, qui réunit – quelle belle idée ! – l’ensemble de ces publications, en en retirant tout ce qui ne concerne pas Bacon, et plus précisément tout ce qui ne concerne pas sa parole.

Une fée dans les ténèbres (par Cyrille Godefroy et Hind Khalil)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Jeudi, 13 Juin 2019. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Quelle perspective pour une adolescente rebelle dont la mère ajoutait une once d’opium à son lait chaud afin de tempérer son impertinence et brider ses embardées sacrilèges ? Quelle perspective pour une jeune fille née en Iran dans une famille militaire en 1934, se mariant à 16 ans contre l’avis de ses parents puis divorçant à 20, ivre de vivre sa féminité et d’assouvir sa sensualité absolument ? Quelle perspective pour une poétesse brûlant de célébrer la liberté dans un pays qui la bâillonne ?

Forough Farrokhzad, figure majeure de la poésie persane du vingtième siècle, ne pouvait que se sentir à l’étroit dans son pays, comme prisonnière, y compris sur le sentier de la conjugalité qui érodait son ardeur :

 

Je pense et je sais que jamais

je ne pourrai me libérer de cette cage.

Même si le geôlier me libérait,

je n’aurais plus la force de prendre mon envol.

Une île si tranquille, Jean-Pierre Lefebvre (par Jean-François Mézil)

Ecrit par Jean-François Mézil , le Jeudi, 13 Juin 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Une île si tranquille, Jean-Pierre Lefebvre, Héloïse d’Ormesson, mai 2019, 237 pages, 18 €

 

Une île espagnole. Un polar. Milieu des années 80.

À l’occasion de l’enterrement de son beau-père, un gendarme français revient, sans sa femme, dans l’île où il s’est marié. Ne pouvant repartir pour cause de tempête, il se trouve embarqué à aider ses collègues espagnols dans une enquête autour de la mort d’une femme.

Voici pour le cadre.

Une île, on le sait, est un microcosme. Elle vous ouvre sur l’horizon, laissant vos yeux libres d’aller, tandis que vos pas, eux, sont limités… Plus encore si la mer s’en mêle et qu’elle vous retient prisonnier – comme un livre peut le faire quand il plaît.

J’aime beaucoup les îles. Les livres aussi. Hélas, autant vous l’avouer, j’ai souffert avec celui-ci.

Des enchaînements souvent téléphonés, maladroits.

Un gratte-ciel, des gratte-ciel, Guillaume Decourt (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 11 Juin 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Un gratte-ciel, des gratte-ciel, Guillaume Decourt, éd. Lanskine, mars 2019, 80 pages, 14 €

 

Poème éclaté

J’ai compris le texte de Guillaume Decourt comme une tentative réussie de faire se recouper des domaines littéraires distincts : la poésie, bien sûr, le récit sans doute, et le théâtre, si l’on peut imaginer ses écrits comme émanant d’un pôle de locution arrangé en un monologue. Je dis cela car j’ai été frappé de reconnaître beaucoup de moi-même dans ces poèmes, ou ce monologue, qui s’organisent en mouvements très réguliers de 4 vers et qui nous conduisent au sein d’un univers de rêve, où s’associent comme en une verbigération les thèmes de l’auteur : les villes, les patronymes, la libido, la crise de l’identité pour finir. Mais ce n’est pas tout à fait là que je me suis identifié, mais plutôt à la structure de base de la prosodie du livre : des séquences heurtées, des bribes, des récits entremêlés, un enchâssement d’histoires, d’historiettes qui en un certain sens n’ont pas de vraie fin, sinon à l’instar d’une juxtaposition d’images, de lieux, d’amorces de narration.