Identification

Les Chroniques

Céline, Henri Godard, par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Lundi, 09 Juillet 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

Céline, Henri Godard, Folio, mars 2018, 832 pages, 10,50 €

 

Céline, le trimard maudit de la littérature

Dès le cœur de l’avant-propos, Henri Godard, professeur de littérature et spécialiste de Céline, pose les questions cardinales au regard du parcours atypique, de la personnalité complexe et du statut d’écrivain controversé de Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) :

– « Comment en était-il venu à se faire une vision si noire des hommes, de la société, de la vie ? Et, qui plus est, à vouloir donner de cette vision une expression si brutale et si provocante ? ».

– « Comment atteint-il le dernier degré de cette virulence en s’abandonnant à cette part en lui du Mal qui consiste à ne plus reconnaître en l’autre son semblable ? ».

Une fois cette problématique exposée, Henri Godard s’attèle, au fil d’une biographie fouillée, éclairante et passionnante, à décortiquer la vie houleuse et l’œuvre déferlante de l’écrivain français, dessinant son portrait à petites touches et affinant régulièrement la perspective.

Origine, Dan Brown, par Belkacem Meghzouchène

Ecrit par Belkacem Meghzouchene , le Lundi, 09 Juillet 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

Origine, Dan Brown, JC Lattès, 2017, trad. anglais Dominique Defert, Carole Delporte, 576 pages, 23 €

 

 

Thriller maçonnique à l’affût de l’origine et du devenir de l’humanité

« D’où venons-nous ? Où allons-nous ? »

Deux questions fondamentales et existentielles dont se propose l’auteur américain à succès, Dan Brown (54 ans), de répondre dans son cinquième roman encrypté, Origine. Fidèle à sa plume dégoulinant de suspense, d’intrigues et de codes cryptés, Brown traîne le lecteur en Espagne. Pas si fortuit comme choix spatial, vu la riche histoire du pays ibérique en termes d’œuvres d’arts et de beauté architecturale. Les quatre précédents thrillers se sont déroulés principalement à Rome (Anges et démons), Paris (Da Vinci Code), Washington (Le symbole perdu), et Florence (Inferno).

À Jérôme Ferrari (3), par Marie-Pierre Fiorentino

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Vendredi, 06 Juillet 2018. , dans Les Chroniques, Ecrits suivis, La Une CED

 

« Ce qui protège la philosophie,

c’est son masque élitiste et conceptuel »

Variétés de la mort

 

En mars est paru un essai collectif qui vous est consacré : Chute, rupture et philosophie. Les romans de Jérôme Ferrari.

Emmanuelle Caminade, sur ce site, a rendu compte de façon claire et complète de cet ouvrage que je n’ai, pour ma part, pas lu, non plus que Où j’ai laissé mon âme.

« Quoi ? Et elle se prétend admiratrice de Jérôme Ferrari ! »

Jean-Jacques Lebel : De la Transgression de l’Art à l’Art de la Subversion, par Mustapha Saha

Ecrit par Mustapha Saha , le Vendredi, 06 Juillet 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

A quatre-vingt-deux ans, œil bleu nimbé de la malice d’éternel potache, le dernier surréaliste demeure un agitateur culturel sans pareil, présent sur tous les fronts artistiques, infatigable porte-drapeau de la Beat Generation, mouvement littéraire assoiffé de libertés dans une Amérique imbue de ses victoires, fière de ses déboires, toujours discriminatoire et puritaine. Dans cette société de surabondance matérielle, dévorée par la cupidité et la stupidité de l’avoir, où l’être n’existe que par son paraître, la Beat Generation replace le vivant au centre de l’univers, prêche le pacifisme en plein militarisme, prône le mépris des besoins superficiels, proclame la libération des désirs essentiels, prêche le chamanisme régénérateur, le bouddhisme purificateur, la créativité permanente, le salut par l’art et la littérature.

 

Nostalgie 68

Nouvelle histoire de la Révolution, Annie Jourdan, par Gilles Banderier

Ecrit par Gilles Banderier , le Jeudi, 05 Juillet 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

Nouvelle histoire de la Révolution, Annie Jourdan, Flammarion, coll. Au fil de l’Histoire, février 2018, 658 pages, 25 €

Innombrables sont les histoires de la Révolution française, du petit livre de quelques dizaines de pages au luxueux volume illustré et légèrement ostentatoire (ce que les Anglo-Saxons appellent un coffee-table book), sans parler des périodiques spéciaux. Ceux qui ont connu l’année 1989 se souviennent de la frénésie éditoriale qui avait sévi, lorsqu’il ne se passait pas une semaine, pas une journée même, sans que parût un ouvrage consacré à cet événement vieux de deux siècles. L’effet de saturation aidant, l’activité s’est ensuite calmée, ce qui n’implique pas que les historiens aient cessé de travailler. Annie Jourdan propose une Nouvelle histoire de la Révolution, dont la première de couverture s’orne d’une sorte de motto : « Rien n’est définitivement écrit. En histoire, plus qu’ailleurs » (le procédé paraît s’inspirer des affiches de films). Ce qui tire l’œil et pique la curiosité, c’est bien entendu l’épithète nouvelle. En quoi cette histoire est-elle nouvelle ? On observera d’abord qu’elle est éminemment orientée au point de vue politique et ne s’en cache pas (dès la page 16, Annie Jourdan note que « nous-mêmes, nous [qui ça, « nous » ?] sous-estimons l’opposition réactionnaire ou conservatrice aux avancées sociales, culturelles et politiques » qui s’est cristallisée lors des grandes manifestations contre l’union homosexuelle).