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Les Chroniques

Apulée #4, Traduire le monde, Revue de littérature et de réflexion, Collectif (par Nathalie de Courson)

Ecrit par Nathalie de Courson , le Mercredi, 15 Mai 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED, Revues, Zulma

Apulée #4, Traduire le monde, Revue de littérature et de réflexion, Collectif, Editions Zulma, mars 2019, 415 pages, 28 €

 

 

« Espace d’accueil, don de mémoire inépuisable et promesse de liberté, elle ouvre toutes les geôles de l’intérieur »… Ce que dit ici Hubert Haddad de la langue peut s’appliquer à la revue annuelle Apulée dont il est le rédacteur en chef. Ce quatrième numéro, Traduire le monde, tient les promesses de son titre avec plus de cent contributions : articles, entretiens, récits, poèmes du monde entier traduits en une ou plusieurs langues. Quatre importants dossiers constituent les piliers de l’ensemble : « Québec à l’âge des premiers jours du monde » ; « Avot Yeshurun, quand l’exil devient parole » ; et deux dossiers consacrés aux grandes figures de la traduction que sont Claude Couffon et Henri Meschonnic. D’autres contributions s’ajoutent à ces dossiers comme les colonnes et les ornements d’une joyeuse tour de Babel.

Leïla Slimani préside le Prix littéraire de la Closerie des Lilas (par Mustapha Saha)

Ecrit par Mustapha Saha , le Mardi, 14 Mai 2019. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Paris. 16 avril 2019. La romancière Leïla Slimani a présidé le Prix littéraire de la Closerie des Lilas, créé en 2007 pour soutenir et promouvoir la littérature féminine. Cette distinction récompense cette année la psychanalyste Sarah Chiche pour son roman Les Enténébrés (Seuil). Leïla Slimani s’est fait un nom en littérature en traitant courageusement de sujets difficiles comme l’addiction sexuelle (Dans le jardin de l’ogre, Gallimard, 2014), en s’attaquant aux vieux tabous marocains, qui perpétuent la répression patriarcale, minent la société et paralysent la jeunesse. Elle a remporté le Prix Goncourt 2016 pour son roman Chanson douce (Gallimard), une histoire inspirée par un fait divers américain où la spoliation de la maternité par une nourrice débouche tragiquement sur un infanticide. Un succès mondial avec une trentaine de traductions, qui la met à l’abri des remises en cause mortifères. Son livre Sexe et mensonge : La vie sexuelle au Maroc (Les Arènes, 2017) recueille les confessions de femmes prises dans la dialectique infernale de l’apparente soumission et de la clandestine transgression, dans une société qui proscrit et sanctionne sévèrement toute expression de la libido hors mariage.

Rien que l’amour, Poésies complètes, Lucien Becker (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 13 Mai 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Rien que l’amour, Poésies complètes, Lucien Becker, La Table ronde, mars 2019, 448 pages, 10,50 €

 

Nature de l’obsession, obsession de la nature

Devant l’œuvre complète d’un poète, bien souvent je suis l’évolution de la forme poétique – par exemple, dans le cas de Rilke où je voyais au fur et à mesure de ma lecture que le poète tendait vers son œuvre magistrale, arrivée à la toute fin de sa vie – pour en déduire le climax et le moment d’apothéose, quelque chose comme le moment sublime. Ici, tout est donné dès la première strophe. On y voit la densité et le chant de Becker et on entame ainsi une découverte très ordonnée, très corsetée. Et cette célérité à définir un cadre de quatre vers par strophe, d’aller de strophe en strophe jusqu’à la fin de l’ouvrage – lequel se conclut sur des poèmes posthumes ou inédits qui font état de textes non conformes au rythme des quatre vers par strophe –, est un exercice unique. Je comparerais cette monomanie à celle des sonates de Domenico Scarlatti, qui, comme on le sait, a écrit durant sa vie plus de cinq cents sonates, à l’exclusion presque totale d’autres formes musicales.

L’Âme du corbeau blanc, Jean Claude Bologne (par Michel Host)

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 10 Mai 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

L’Âme du corbeau blanc, Jean Claude Bologne, Éditions MaelstrÖm reEvolution, février 2019, 288 pages, 18 €

 

 

« D’où tient-elle ce mot qu’il n’a jamais entendu ? “Dieu” est un mot d’avant… »

« Vous seuls pouvez bâtir un lieu qui vous ressemble. C’est pour cela que nous n’avons rien voulu vous apprendre, et surtout pas le monde ancien ».

« … et si le monde retrouve le chemin du paradis perdu ».

« … le Texte… Maurine et moi avons compris dans l’oratoire des adultes qu’il décalquait un livre plus ancien ?… »

Jean Claude Bologne

 

Mondes avec solutions de continuité

À propos de Comment j’ai raté ma vie, Bertrand Santini, Bertrand Gatignol (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 10 Mai 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED, Jeunesse

Comment j’ai raté ma vie, Bertrand Santini, Bertrand Gatignol, Grasset Jeunesse, avril 2019, 48 pages, 12,50 €

 

 

Brève histoire d’un perdant

L’album intitulé Comment j’ai raté ma vie, conçu par les auteurs, illustrateurs et scénaristes, Bertrand Santini et Bertrand Gatignol, se présente comme un carnet de croquis luxueux, au format original de 22x16,7 cm. Ce livre-jeunesse relate l’enfance assez solitaire – pour ne pas dire triste – d’un garçonnet que l’on voit passer à l’âge adulte. Le ton est décalé et caustique. Le titre Comment j’ai raté ma vie, suivi d’un avertissement « ou comment ne pas rater la vôtre », annonce le caractère général de ce petit traité de philosophie, si je puis dire. Les monologues se situent plus près des tankas occidentaux que des répliques des phylactères de bandes dessinées.