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Les Chroniques

Le théâtre est anglais -1 (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 01 Juillet 2020. , dans Les Chroniques, La Une CED


Sarah Kane aux cheveux courts. Sarah Kane en cinq pièces de théâtre. Sarah Kane suicidée, presque hier. Un choc, et un hurlement.

Kate (Calvert) Tempest, comme un orage de mots, comme l’ouverture d’une pièce de Shakespeare.

Jeune Kate aux longues boucles blondes. Maintenant, aujourd’hui.

Kate qui rappe, qui poétise, qui lit avec rage, qui chante presque avec douceur. Kate amoureuse aussi. Kate au micro.

Kate déjà en trois pièces.

Le Théâtre est anglais. Il l’a toujours été. Comique, tragique, historique, poétique. Théâtre d’immenses auteurs, théâtre d’immenses comédiens.

Demeure, Hubert Le Boisselier (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 30 Juin 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Demeure, Hubert Le Boisselier, Z4 Editions, 2018, 85 pages, 14 €

 

Le titre de cet opus poétique signé Hubert Le Boisselier nous invite d’emblée à marquer une pause, sur le tarmac de la réflexion et de l’imagination, avant d’entamer notre voyage. Demeure, en effet, remue dès le seuil du livre son chant polysémique : s’agit-il de l’injonction donnée à celui qui agite ou mobilise son existence de « demeurer » un instant dans l’espace d’une pause, l’impératif du verbe se conjuguant à un certain art de vivre où savoir prendre son temps résulte d’un acte de sagesse ? S’agit-il du substantif nommant cette « maison » dans laquelle chacun de nous habite, élit domicile, quelque part, à sa façon, en ouvrier/artisan de son quotidien, en… poète ? Demeure, est-ce même un lieu – immobile ou mouvant –, une position statique dans l’espace ; ne renvoie-t-il pas plutôt à cette posture, dans la dynamique du Vivre, où la cinétique des « entrelangues » mêle et mélange leur langage « dans la désinvolture du temps », pour rejouer/reformuler le monde sur la table de nos pages clairvoyantes reliées à nos mots (words) croisés/entrechoqués/fracturés ? Pour écrire/remodeler un monde « dédoublé » par « le geste d’écrire », recommencé dans la « persistance entre les mots », lu, « redit » sans cesse comme « je parle vide/sur la fracture » ?

Ainsi parlait : Charles Péguy, dits et maximes de vie, Charles Péguy, Paul Decottignies (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 29 Juin 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Ainsi parlait : Charles Péguy, dits et maximes de vie, Charles Péguy, Paul Decottignies, Arfuyen, mars 2020, 176 pages, 14 €

 

Péguy ou La Recherche de la valeur

Je trouve le principe des dits et maximes de vie, qui font la base de la collection « Ainsi parlait » des éditions Arfuyen, très justifié, à la lecture profuse qui fut la mienne des Cahiers de la quinzaine. Je dis cela car le massif de ces cahiers prend ici, grâce à un choix judicieux, une direction particulière, précise, que ma lecture hasardeuse n’était pas arrivée à déterminer et que Paul Decottignies parvient à dénouer et éclaircir grandement. Ces fragments dressent le portrait d’un homme d’idées et de style, dont on distingue le tempérament, tout en suivant aussi le parcours intellectuel et spirituel, celui d’un grand écrivain attachant et droit.

Quand Abdellatif Laâbi parle de Tahar Djaout et de l’Algérie (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Vendredi, 26 Juin 2020. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Merci aux éditions du Seuil pour l’autorisation de publication des extraits octroyée au rédacteur Tawfiq Belfadel

 

Tahar Djaout a maintes fois été évoqué dans des livres d’écrivains et intellectuels de différentes nationalités. Mort le 2 juin 1993, victime d’un attentat, il continue encore de vivre, d’être présent, à travers les mots siens et des autres. Et c’est avec des mots sensibles que le grand poète Abdellatif Laâbi l’évoque dans son récit, Le Livre imprévu. Publié par La Différence en 2010 puis par Points Seuil en 2017, le livre réunit des souvenirs, un journal, des témoignages, des récits de voyages, des hommages… Un patchwork imprévu de grande importance. Voici ses mots sur Tahar Djaout et l’Algérie :

Le Grand Meaulnes, Alain-Fournier en la Pléiade (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 24 Juin 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Le Grand Meaulnes suivi de Choix de lettres, de documents et d’esquisses, Alain-Fournier, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, mars 2020, 640 pages, 42 € (prix de lancement jusqu’au 31 août 2020)

 

Le Grand Meaulnes, déjà lu ? Allez en Sologne pour le relire. Dans un champ de coquelicots, voyez ce papillon qui s’approche, s’éloigne aussitôt. Lisant Le Grand Meaulnes, les questions qui sont venues à l’esprit du poète Jaccottet nous viennent au cœur : « Et si [les pétales du coquelicot] étaient des morceaux d’air tissé de rouge, révélé par une goutte de substance rouge, de l’air en fête ? ». Les papillons « tout en ailes, presque sans corps, tout juste là pour montrer la lumière, la couleur », ne sont-ils pas plutôt « des morceaux de vent colorés » ?

Remarquable édition dans la Pléiade, qui fera date, de l’œuvre unique d’Alain-Fournier, accompagnée de lettres et de documents permettant « de suivre chronologiquement [une] double histoire, celle d’une passion amoureuse [vécue par l’auteur] au sillage jamais refermé, et celle de la genèse du roman, de 1904 – avant la [R]encontre – à 1913 – année de publication du Grand Meaulnes ».