Identification

Points

 

Collection de poche de la Martinière

Mort de Bunny Monro, Nick Cave

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 01 Novembre 2011. , dans Points, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques

La mort de Bunny Munro, Flammarion 2010 (Points Seuil 2011). 336 p. 20 € . Ecrivain(s): Nick Cave Edition: Points

Nom Munro, Bunny Munro. Sa marque de fabrique : une valise remplie d'échantillons, une cravate parsemée de lapins, un sourire enjôleur, une mèche folle qui accroche les cœurs, un charisme certain, un humour estampillé macho plein de préjugés mais si sympathique, une énergie sexuelle frôlant le priapisme. Bunny Munro est le seigneur de la côte méridionale qu'il parcourt, avec fierté, au volant de sa Punto, vibrant sur Spinning Around de Kylie Minogue. Il règne sans concurrence sur une clientèle féminine avide de rêves en tubes, de lendemains qui chantent en onction huileuse, d'un peu de tendresse et de sexe rapide. Bunny Munro, ivre de jour comme de nuit, vend de la jeunesse virtuelle et de l'orgasme au kilo. Il est le héros d'un Californication où le représentant a remplacé l'écrivain, où les beautés bronzées sont doublées par des ménagères en survêtement ou des adolescentes au sourire grillagé. De temps en temps, il vient se ressourcer auprès de son épouse Libby et de son fils de 9 ans Bunny Junior. Ce Don Juan des banlieues britanniques voit son univers s'écrouler lorsque sa femme a la bonne idée de se suicider. Embarquant son fils dans sa Bunny mobile, il entreprend d'apprendre le métier à sa descendance et de profiter au passage de toutes les femmes disponibles.

Patty Diphusa, la vénus des lavabos, Pedro Almodovar

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 28 Mai 2011. , dans Points, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Espagne, Récits

Patty Diphusa, La Vénus des lavabos, traduit de l’espagnol par Gérard de Cortanze et Patricia Rey, 2011, 161 pages, 6€ . Ecrivain(s): Pedro Almodovar Edition: Points


Almodovar a tout du magicien : il sait métamorphoser les univers les plus fous et les plus sordides en décors baroques et sublimes, il fait de ses travestis et ses prostituées des princesses vacillantes, séduisantes et courageuses. Il en va de même de la rayonnante « star internationale du porno », Patty Diphusa, muse des plus grands artistes, écrivain à ses heures. Ses mémoires forment un cocktail détonant de mauvais goût, de bon sens et de drôlerie. Flanquée de ses amies Mary Von Ethique et Addy Peuse, elle écume les rues de Madrid et tombe amoureuse d’un chauffeur de taxis, sosie de Robert Mitchum, entre deux orgies. « Femme publique », Patty a d’énormes responsabilités. Elle se doit de rappeler à l’ordre les grands de ce monde qui, face à elle, « se découvrent tous un cœur et une queue ».

L’autre personnage de ce recueil qui contient des articles, de courts essais, est Almodovar lui-même qui se révèle autant qu’il se voile, en revenant sur ses films, sur les films qu’il admire mais aussi sur son propre parcours de jeune provincial monté à la capitale. Il s’amuse du jeu de l’interview, qu’elle soit auto-interview ou faite par Patty elle-même.

Villa des hommes, Denis Guedj

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 17 Avril 2011. , dans Points, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Villa des hommes, Ed. Robert Laffont 2007. Réédition Points 2011. 312 p. 7 € . Ecrivain(s): Denis Guedj Edition: Points

« - Emmerdez-les le plus possible, Monsieur Matthias. Foutez-leur une belle merde ! Ne laissez pas le monde tourner rond. Quand il tourne rond, on perd la boule. »


C’est Herr Singer qui parle. C’est la fin du livre de Denis GUEDJ « Villa des Hommes ». C’est la fin de l’histoire d’une amitié improbable entre un jeune soldat français blessé dans les combats douteux de la Première Guerre Mondiale et un vieux mathématicien allemand, génial, soigné dans le même hôpital parce qu’il souffre de dépression périodique. Entre eux s’est tissé un lien de plusieurs longs mois, lien fait de silences, de discussions interminables, lien indissoluble tressé dans les mêmes rêves, les mêmes dégoûts. La haine de la guerre, le refus des cécités nationalistes, le rêve partagé d’un monde plus fraternel et plus juste.

Herr Singer c’est, dans une libre inspiration, la figure de Georg CANTOR, mathématicien célèbre, père des « mathématiques modernes », père de la « théorie des ensembles » et des « nombres transfinis ». Monsieur Matthias, c’est un cheminot français qui se retrouve transformé en « chair à canon » dans la "grande boucherie" de 14/18. Rien ne les unit quand le directeur de l’hôpital entre dans la chambre de Herr Singer et lui dit :