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Roman

Quichotte, Autoportrait chevaleresque, Eric Pessan

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 28 Février 2018. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Fayard

Quichotte, Autoportrait chevaleresque, janvier 2018, 420 pages, 20 € . Ecrivain(s): Eric Pessan Edition: Fayard

 

Entraîné dans le sillage de ce chevalier errant ivre de lectures préférant « l’illusion à la patiente résignation », Eric Pessan, qui conçut la folie de se vouloir écrivain à une époque où « le monde réel se fout de la littérature », entre de manière ludique et avec une grande liberté dans le vertige du mythique Quichotte, ce livre multiple maintes fois repris qui s’avère « tout à la fois un roman d’aventures, un plaidoyer déguisé du pouvoir de la littérature et un jeu littéraire qui tient du labyrinthe ».

« Alors, je me dis que le monde a beau avancer avec orgueil vers l’abîme, j’ai les armes de quelques phrases ».

Notre monde va mal ; injuste, indifférent et pragmatique, il est uniquement régi par le profit. Et l’avenir paraît bien sombre, générant un grand sentiment d’impuissance. « Jamais monde n’a plus nécessité la venue d’un chevalier errant ».

Géographie d’un adultère, Agnès Riva

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 28 Février 2018. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard

Géographie d’un adultère, janvier 2018, 128 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Agnès Riva Edition: Gallimard

 

Qu’écrire sur ce premier roman relativement diaphane d’Agnès Riva, si ce n’est que le titre juxtapose habilement deux termes dont les connotations ne les destinaient a priori pas à se rencontrer. L’auteur aurait même pu remplacer géographie par topographie ou autopsie tellement elle traite le sujet sur un ton neutre et clinique. On a parfois l’impression de visiter les pièces d’un appartement collé aux basques d’un agent immobilier ou de poireauter dans une voiture, gavé de barbituriques, garée dans une bourgade bourgeoise.

Ceci dit, quelques éclairs de chaleur traversent épisodiquement cette glace narrative, la voix de l’auteur s’incarnant de façon plus nette, au détour par exemple d’une nostalgie lucide : « Une époque où les hommes et les femmes n’étaient pas aussi soumis qu’aujourd’hui aux pressions de leurs vies professionnelles, à cette obligation d’être toujours plus productifs qui finit par vous ôter le goût et l’énergie du jeu, et toute disponibilité aux autres ».

La Nuit des béguines, Aline Kiner

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 27 Février 2018. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions Liana Levi

La Nuit des béguines, août 2017, 340 pages, 22 € . Ecrivain(s): Aline Kiner Edition: Editions Liana Levi

 

Dans le quartier du Marais à Paris, encore parsemé de quelques rares vestiges de l’enceinte médiévale du XIIe siècle, on trouve une rue nommée Ave-Maria, mais au XIVe siècle cette rue s’appelait la rue des Béguines. Aline Kiner y a remonté le temps sur les traces infimes d’un clos disparu et quasi oublié, le grand béguinage royal de Paris, fondé par et sous la protection de Saint-Louis.

« En ce lieu, et dans les quartiers alentours, ont vécu durant près d’un siècle des femmes remarquables. Inclassables, insaisissables, elles refusaient le mariage comme le cloître. Elles priaient, travaillaient, étudiaient, circulaient dans la cité à leur guise, voyageaient et recevaient des amis, disposaient de leurs biens, pouvaient les transmettre à leurs sœurs. Indépendantes et libres ».

Les béguines ne prononcent pas de vœux et n’avaient donc pas à répondre de leurs actes devant une autorité ecclésiastique.

Tuez-les tous… mais pas ici, Pierre Pouchairet

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mardi, 27 Février 2018. , dans Roman, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Plon

Tuez-les tous… mais pas ici, janvier 2018, 468 pages, 19 € . Ecrivain(s): Pierre Pouchairet Edition: Plon

 

Toujours en prise directe avec l’actualité dans ce qu’elle recèle de plus sombre, les romans de Pierre Pouchairet donnent une lecture de la société qui parfois glace le sang.

Auréolé de son récent prix du Quai des Orfèvres 2017 pour son roman Mortels Trafics, l’auteur, en fin analyste de la criminalité contemporaine se penche une nouvelle fois (cf. par exemple son roman de 2015 La filière afghane http://www.lacauselitteraire.fr/la-filiere-afghane-pierre-pouchairet) sur les réseaux djihadistes et plus particulièrement sur le sort de ces jeunes gens qui quittent la France pour gagner la Syrie, mus soit par l’envie de combattre dans les rangs de Daesh, soit par souci humanitaire ou par amour comme dans le cas de la jeune Julie Loubriac partie rejoindre le garçon dont elle est éprise.

Les Nouveaux Mondes, Livre III, Sylvie Ferrando

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 26 Février 2018. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Edilivre

Les Nouveaux Mondes, Livre III, août 2017, 123 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Sylvie Ferrando Edition: Edilivre

 

Suite des Nouveaux mondes I et II, recensés par la CL :

http://www.lacauselitteraire.fr/les-nouveaux-mondes-sylvie-ferrando

Retour en pays des Chasseneuil / Ramier, et dans la droite ligne des premiers opus, voyages – maître mot chez S. Ferrando, de Paris, beaux quartiers, en Normandie, la très chère, aux bouts du monde, là, asiatiques ou moyen orientaux, sans oublier – sans surtout oublier ! ces voyages à l’intérieur des gens, leurs paysages, plus changeants, plus troubles que tous les cieux de Normandie réunis…

Nous voici là, en compagnie d’Elsa, la toute jeunette, fille de cette étonnante Mathilde, qui nous avait guidés dans les livres précédents, petite-fille de l’attachante Marie ; comme une perle de plus dans un collier de femmes, dont les itinéraires, sonnent, feutrés, bien élevés en surface, et dont l’énergie, celle qui est vitale, a quelque chose des rivières souterraines.