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Roman

Girl, Edna O’Brien (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 04 Novembre 2019. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Sabine Wespieser

Girl, septembre 2019, trad. anglais, Aude de Saint Loup, Pierre-Emmanuel Dauzat, 256 pages, 21 € . Ecrivain(s): Edna O'Brien Edition: Sabine Wespieser

 

Edna O’Brien est née en 1930 ; elle n’a cessé de bâtir une œuvre de romancière, de nouvelliste, de scénariste ou de dramaturge dont la figure tutélaire centrale est la fille. Les titres de sa trilogie en témoignent : The country girls, en 1960, The lonely girl, en 62, et Girls in their married bliss en 64. Son dernier texte introduit à nouveau cet « être romanesque » de manière épurée sans article ou définition précise, et pour nous lecteurs français, sans l’écran de la traduction à la différence de ceux de la trilogie qui eux ont été traduits. Girl, seule et livrée à elle-même aux confins du Nigéria. Un universitaire pourrait d’ailleurs dénombrer le nombre d’occurrences de ce mot et il constaterait qu’il revient sans cesse. « Girl » est l’une des « filles du Nord-Est du Nigéria » de la dédicace, « une des filles souillées » dans Les Troyennes d’Euripide, convoquées en seconde épigraphe et surtout, elle est la toute première phrase du roman en lettres capitales : J’ETAIS UNE FILLE AUTREFOIS, C’EST FINI.

Le temps de la haine, Rosa Montero (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Jeudi, 31 Octobre 2019. , dans Roman, Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, Espagne, Métailié

Le temps de la haine, septembre 2019, trad. espagnol Myriam Chirousse, 368 pages, 22 € . Ecrivain(s): Rosa Montero Edition: Métailié

 

Troisième tome de la trilogie qui met en scène la réplicante (ou cyborg) Bruna Husky, après Des larmes sous la pluie et Le poids du cœur, ce roman de science-fiction semble appartenir à la lignée du film de Ridley Scott, Blade Runner (1982), inspiré du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (1966) de Philip K. Dick.

Quelques problèmes sociétaux de notre XXIe siècle sont transposés sur la planète Terre de 2110, elle-même entourée d’autres planètes où la vie est possible, comme Cosmos ou Cérès : les inégalités sociales, la concurrence humains-réplicants, ces derniers parfois accusés de voler « leur travail aux humains », la pollution galopante, la lutte contre la privatisation de la production-consommation d’air sain et d’eau potable, la violence des mouvements terroristes…

Des larmes sous la pluie, Rosa Montero (par Marc Ossorguine)

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 29 Octobre 2019. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espagne, Métailié

Des larmes sous la pluie (Lágrimas en la lluvia, 2011) trad. espagnol Myriam Chirousse, 416 pages, 21 € . Ecrivain(s): Rosa Montero Edition: Métailié

 

Il existe une catégorisation des livres, ce qu’on appelle les genres littéraires, qui est bien pratique pour les bibliothèques, les libraires et les éditeurs, mais qui cloisonnent parfois nos lectures, nous organisent les lecteurs en « communautés » ou en « groupes cibles » pas forcément judicieux ni très intéressants. J’ai pu le constater : dès que l’ombre de la Science Fiction apparaît lorsque l’on essaye de présenter ce récent opus de Rosa Montero que sont Des larmes sous la pluie, certains lecteurs peuvent choisir de passer leur chemin, d’autres livres les attendant dans d’autres mondes. Un coup d’œil sur la quatrième de couverture, une moue dubitative, sceptique, et le livre est mis à l’écart, reposé sur sa table ou son présentoir. Le goût de chacun est bien sûr tout à fait légitime, mais il devient plus préjudiciable lorsqu’il risque de nous priver, a priori, de belles lectures et de réelles découvertes. Heureusement, il se trouve aussi des auteurs qui défient la classification des genres, qui la débordent au risque de dérouter leur éditeur et ses commerciaux, de perturber les revues et leurs critiques littéraires, voire de décevoir leur lectorat habituel. Rosa Montero est un de ces auteurs qui d’un roman à l’autre, d’un livre à l’autre, joue avec les genres et les conventions : SF, polar, roman historique, chroniques…

Virginia, Emmanuelle Favier (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Mardi, 29 Octobre 2019. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Albin Michel

Virginia, Emmanuelle Favier, août 2019, 296 pages, 19,90 € Edition: Albin Michel

 

Emmanuelle Favier, autrice d’un premier roman, Le courage qu’il faut aux rivières, signe là un livre singulier, d’une lecture exigeante certes, mais qui aura une place dans nos bibliothèques. Ce roman, mais est-ce vraiment un roman, est une subjectivité, crédible en raison d’une écriture à laquelle on ne peut rester indifférent, et propose donc de suivre Virginia Woolf depuis sa naissance, et antérieurement, jusqu’en 1904.

Virginia Woolf est née en 1882 dans une famille qu’on dirait aujourd’hui recomposée, non pas en raison de divorces mais de veuvage. Une famille bourgeoise, de l’ère victorienne, dans ce Londres de fin de siècle, près de Hyde Park, qui vit dans un manoir sombre, dont on imagine sans peine les boiseries et une esthétique plutôt austère, c’est en tout cas ce que révèlent les descriptions d’Emmanuelle Favier. Cette austérité sera compensée par les séjours estivaux en Cornouailles, dont elle conservera des souvenirs qui accentueront le contraste des deux univers.

C’est en 1891 que Ginia, l’un de ses surnoms, devient Miss Jan, son nom d’autrice. Une première tentative d’écriture avec ce journal intitulé Hyde Park Gate News, aidée en cela par sa sœur Vanessa.

Nietzsche au Paraguay, Christophe Prince, Nathalie Prince (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 25 Octobre 2019. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Flammarion

Nietzsche au Paraguay, Christophe Prince, Nathalie Prince, février 2019, 384 pages, 19,90 € Edition: Flammarion

 

Nathalie Prince confie au sujet de son travail avec Christophe Prince : « Nietzsche est partout, chez toi et chez moi. Chez nous. On est entrés dans ses textes quand on était étudiants, en prépa lettres. On est entrés dans sa biographie quand on était professeurs. On est entrés dans sa tête. Découvrir, ensemble, les dernières lettres de Nietzsche, nous a bouleversés en même temps, il y a à peu près cinq ans. […] Et ces lettres nous ont accompagnés sans relâche : nous avons suivi les souffrances de Nietzsche, son chemin de solitude, sa maladie intimement. […] L’histoire de la sœur nous intriguait : les dernières lettres de Nietzsche faisant état de l’emménagement d’Elisabeth au Paraguay et du succès qu’elle exhibe, nous nous demandions ce que diable elle était allée faire dans cette galère, avec les vinchucas et les Indiens. L’histoire est romanesque, et elle est vraie : la sœur de Nietzsche s’embarque en 1886 avec son mari pour aller fonder une colonie allemande au cœur du Paraguay ».