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Les Dossiers

Entretien avec Carole Zalberg, pour son livre Je dansais, par Michel Tagne Foko

Ecrit par Michel Tagne Foko , le Mardi, 11 Avril 2017. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Carole Zalberg est lauréate du Prix Littérature-monde (2014), du Festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Grand Prix SGDL du livre Jeunesse (2008). Les différents sujets abordés dans ce roman sont la beauté, la laideur, la quête d’acceptation, la séquestration, l’incompréhension, etc. Il y a aussi, et surtout, dans les œuvres de Carole Zalberg un petit quelque chose de vrai, de précis, quand on lit ce qu’elle écrit, qui pousse toujours vers ses livres, on ne sait pas l’expliquer, c’est comme ça !

 

Michel Tagne Foko : Pourquoi ce livre, et, pourquoi maintenant ?

Vincent La Soudière : Une vie en enfer (4 et fin), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Vendredi, 07 Avril 2017. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

Une âme à la dérive

La publication des Chroniques ne produit pas la régénération attendue. Au contraire, Vincent s’installe dans un état dépressif durable et profond : « Impossible de vivre, impossible aussi de faire confiance à l’écriture ».

Entre 1978 et 1993, il enchaîne les cures de repos, cures thermales, séjours à l’hôpital ou en maison de santé, retraites spirituelles et thérapies analytiques. En 1980, il ne pèse plus que 46 kg et se trouve dans un état de faiblesse avancé. En 1990, il ingurgite onze médicaments différents par jour (Tofranil, Anafranil, Temesta, Lithium, Prozac, Lexomil…). « Je me suis égaré loin du social et des choses naturelles. J’en paie maintenant le prix, fort lourd ».

Exerçant quelques jobs en pointillé, Vincent ne bénéficie toujours d’aucun revenu régulier et n’obtient pas la bourse littéraire escomptée. Il subsiste, tant bien que mal, logé par la famille ou des amis souvent. Le fait qu’il ne dispose pas de domicile fixe et définitif l’use.

Vincent La Soudière : Une vie en enfer (3), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Vendredi, 31 Mars 2017. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

La possibilité d’une œuvre

Vincent lit beaucoup : Char, Baudelaire, Rimbaud, Michaux, Rilke, Hölderlin, Pessoa, Cioran, Nietzsche, Valéry… Son extrême sensibilité le propulse inéluctablement vers la poésie qui sourd de ses entrailles : « Des images s’imposent à mon esprit ».

A l’aube des années 70, espérant toujours un déclic qui le sortirait de son ornière, il se met en tête de réaliser une œuvre littéraire dont son intériorité souffrante en serait la matière première : « Le talent que j’ai pour décrire ma vie intérieure, vie qui s’apparente au rêve, a fait tomber tout le reste dans l’accessoire, et tout le reste s’est affreusement rabougri, ne cesse de se rabougrir. Rien d’autre ne pourra jamais me satisfaire ».

Estimant avoir quelque chose d’essentiel à faire partager, il souhaiterait être reconnu en tant qu’écrivain c’est-à-dire être considéré aux yeux de son prochain, exister en tant qu’être social, recevoir enfin de l’extérieur la justification de son existence, l’appel d’air qui adoucirait sa torturante réclusion. « C’est au nombre – pas au plus grand nombre – que je voudrais m’adresser, à ces êtres humains à qui j’ai faussé compagnie depuis trop longtemps et qui – quoi que je puisse dire – continuent de me hanter ».

Rencontre avec l’écrivain Thomas Vinau, par Philippe Chauché

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 30 Mars 2017. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Thomas Vinau publie Collection de sombreros et Il y a des monstres qui sont très bons

 

Ouvrir un livre de Thomas Vinau, c’est mettre à jour des pépites, des éclats romanesques, c’est vif, précis, lumineux, souvent soyeux. Thomas Vinau a l’art de saisir un mouvement, une couleur « Il y a ce bleu immense au-dessus de sa tête, un bleu sans limite, uppercut, percutant, un bleu ouvre-boîte et son crâne est une conserve tempérée que ce bleu vient décortiquer », un geste. La nature s’y glisse, le doute s’y perd parfois, les mots s’échappent et vibrent d’étranges passions. L’écrivain est un romancier du geste, du corps à corps. Si c’était un animal ce serait une belette, sautant de ligne en ligne, de page en page, curieux, savoureux, savant des saveurs du monde, au coin de sa maison, dans son jardin, il marche, sous le soleil ou la pluie, il déploie ses mondes, et l’on ne s’en lasse jamais. « On dirait / le ventre d’une baleine / un rapace / aux ailes de neige / une géante de craie / qui se déplie et de déploie ».

Entretien avec Nilda Fernández, l’éternel nomade aux 1001 vies, par Laurent Bettoni

Ecrit par Laurent Bettoni , le Mercredi, 29 Mars 2017. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Où que l’on aille, nos fiançailles avec Nilda Fernández sont éternelles. Et surtout, où qu’il aille, lui. Car depuis 1991, depuis que des artistes comme Léo Ferré, Georges Moustaki et Claude Nougaro lui ont ouvert leurs bras en même temps que nous lui avons ouvert les nôtres, depuis que les Victoires de la musique l’ont consacré Meilleur espoir masculin et que l’Académie Charles-Cros lui a décerné le grand prix pour son album, l’hidalgo voyageur ne cesse d’explorer le vaste monde, ne cesse de nous quitter pour mieux nous revenir et nous faire découvrir ses nouveaux projets artistiques, justement nourris de ses périples et de ses expériences. Dans Contes de mes 1001 vies paru le 1er février 2017 aux éditions de l’Archipel, il pose un instant ses bagages et évoque quelques épisodes marquants de son existence en perpétuel mouvement. Avec ses textes remarquablement écrits, à la fois drôles, poétiques, émouvants et pudiques, bien qu’il s’y raconte, Nilda Fernández nous donne l’occasion de parler du déracinement, de l’amour, de la mort, de l’art, de la politique. Bref, de tout ce qui construit un être. Il ne s’agit pourtant pas d’une biographie mais bel et bien d’une œuvre littéraire. Normal, pour un homme qui veut faire de sa vie une œuvre d’art.