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Les Dossiers

Qu’est-ce que l’internel ? Suivi de Quatre extraits de Clio de Péguy

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 02 Mars 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

L’œuvre de Péguy n’est pas finie. Pourtant elle déborde. Péguy a envahi Romain Rolland : « je ne puis plus rien lire après Péguy. Tout le reste est littérature ».

Péguy a déboussolé Michel Foucault. « Un jour, dans le courant d’une conversation, Foucault a dit : moi, j’aime beaucoup Péguy, parce que c’est un fou. J’ai demandé : pourquoi dites-vous que c’est un fou ? Il m’a dit : il suffit de regarder comme il écrit. Là aussi, c’est très intéressant par rapport à Foucault. Cela voulait dire que quelqu’un qui sait inventer un nouveau style, produire de nouveaux énoncés, c’est un fou » confiait Deleuze.

Retenons ces jugements car ils sont imprégnés de respect. Et laissons ceux qui louent comme ceux qui dénigrent. Prenons, dans le sillage d’un Jean Bastaire ou de Marie Gil, Péguy au pied de la lettre. Les pieds sentent souvent l’esprit. L’amour de la folie de Foucault est aussi bien un vent de sorcière.

Kennst du das Land wo die Kanonen blühn ? (traduction) Erich Kästner

Ecrit par Line Audin , le Mardi, 27 Janvier 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Documents

 

 

 

Kennst Du das Land, wo die Kanonen blühn ?

Du kennst es nicht ? Du wirst es kennenlernen !

Dort stehn die Prokuristen stolz und kühn

in den Büros, als wären es Kasernen.

 

Dort wachsen unterm Schlips Gefreitenknöpfe.

Und unsichtbare Helme trägt man dort.

Gesichter hat man dort, doch keine Köpfe.

Und wer zu Bett geht, pflanzt sich auch schon fort !

Photos-impressions, Daniel Grojnowski, éd. Obsidiane

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 26 Janvier 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

Photos-impressions, Daniel Grojnowski, éd. Obsidiane, col. Le legs prosodique, novembre 2014, 694 pages, 14 €

 

La réalité, le rêve, le poème

Puis-je donner sincèrement mon sentiment de hantise du livre de Daniel Grojnowski, sentiment que j’associe à la description de 102 rêves à quoi se livre le poète dans ce livre – description faite sous forme de dizains en vers libres et sans ponctuation, pour mieux rendre le caractère fluide des rêves en question – sincèrement donc, car c’est une impression personnelle et un peu intime. Je dis hantise car avec la lecture de cet ouvrage, j’ai repassé les images et certaines situations qui ont hanté mon travail d’analyse, il y a vingt ans. J’ai repris là mes rêves, mes labyrinthes, mes voitures et mes objets égarés, mes diplômes qu’il fallait repasser, des visions. Et si le projet du livre tenait simplement à cet effet, il serait déjà réussi.

Elizabeth Von Arnim ou une échappée hors des convenances

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Samedi, 24 Janvier 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

« Un homme, au moins, est libre (…)

Mais une femme est empêchée continuellement (…)

Sa volonté, comme le voile de son chapeau

retenu par un cordon, palpite à tous les vents ;

il y a toujours quelque désir qui entraîne,

quelque convenance qui retient ».

Flaubert, Madame Bovary

 

Elizabeth von Arnim connaît le succès dès son premier livre, Elizabeth et son jardin allemand (1898), prolongé un an après par L’été solitaire. La narratrice, qui se confond avec l’auteur, raconte quelques-unes de ses années passées en Poméranie à tenter d’apprivoiser le sol de son domaine mais aussi son propriétaire de mari. Celui-ci est surnommé l’Homme de Colère et leurs trois filles sont le Bébé d’avril, le Bébé de mai, le Bébé de juin.

Interview de Pablo Casacuberta, auteur de Scipion

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 14 Janvier 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Pourquoi Scipion comme titre ? Clé ou énigme ?

 

Nous élaborons tous l’histoire de notre vie autour de ce que Freud appelait « la scène primitive ». Une sorte de phrase initiale, d’image au caractère quasi religieux qui permet d’expliquer les miracles et les martyres de notre vie. Le personnage principal de Scipion, Hannibal, sent que son nom est chargé d’attentes, et il assume le fait que s’il lui faut entrer dans le costume de son personnage historique, il a besoin d’un adversaire aux dimensions proportionnellement épiques. C’est pourquoi il baptise intimement son père du nom de son archi-ennemi historique. Et tout comme Hannibal dans les guerres puniques, il finit par perdre. Le titre permet de souligner qu’Hannibal continue, même devenu adulte, à croire que ce qui lui arrive prend naissance à l’extérieur de lui plutôt que dans son propre esprit.