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Les Dossiers

N’oublie pas, s’il te plaît, que je t’aime de Gaétan Soucy

Ecrit par Zone Critique , le Lundi, 03 Novembre 2014. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

Souviens-toi, s’il te plaît, que tu m’aimes

 

Gaétan Soucy (1958 – 2013)

Un récit choral sous forme de lettres romancées qui traitent du sujet de l’amour idéal ou pas: N’oublie pas, s’il te plaît, que je t’aime de Gaétan Soucy.

 

La récente collection Notabilia que dirige Brigitte Bouchard, chercheuse de nouvelles voix singulières, au sein des éditions Noir sur Blanc a été baptisée ainsi car selon l’éditrice : « Quand on lit un livre c’est ce qu’on garde d’essentiel. C’est ce qu’on écrit en marge. C’est à la fois lecture et écriture. » Une directrice dynamique de collection qui appelle les lecteurs à ne pas baisser leur curiosité et à corner les livres ! On jubile. On admire l’élégance et l’humour du Design Paprika de la couverture et de toutes celles de la collection du reste. Au fur et à mesure de la lecture de N’oublie pas, s’il te plaît, que je t’aime (la confession de Philippe surtout) on prendra conscience de la justesse de l’illustration : l’évocation que le désir d’écriture se confond avec le désir qu’on ressent pour l’Autre, ce semblable.

Interstellar de Christopher Nolan : une réflexion sur les potentialités de la prière ?

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 01 Novembre 2014. , dans Les Dossiers, La Une CED, Côté écrans

Il y a dans Interstellar – le nouveau film de Christopher Nolan dont la première date de sortie est le 4 novembre, à Londres –, un moment fascinant. Et terriblement anodin. Mais c’est justement parce que ce moment n’a l’air de rien qu’il se révèle être si fascinant. Car il contient, à lui seul, une magnifique réflexion sur la prière que développe l’ensemble du film (et nous n’en dirons pas davantage, pour ne rien révéler de son contenu). Ce moment se passe au début. Et immédiatement passe, semblant fait pour être oublié. Dans la chambre de Murphy, il s’est produit quelque chose. Quelque chose d’étrange. De la poussière est répandue à terre, en un dessin d’une incompréhensible précision. Murphy regarde le spectacle. Son père (interprété par Matthew McConaughey) aussi. Ils sont immobiles. Il s’agit de comprendre. Le père prendra un cahier, un crayon, et la présence du cahier comme la façon qu’aura Matthew McConaughey d’incarner ses mains, dans leurs mouvements les plus imperceptibles, feront le lien avec la première saison de la série True Detective. Clin d’œil voulu de l’acteur ? Sans doute. Mais il est vrai que le soin absolu qu’a McConaughey envers la précision des mouvements de ses mains (dans leurs nuances et l’infime auquel ils donnent voix), pour porter son jeu, est l’une des caractéristiques de son travail, lequel soin est bien évidemment à mettre en relation avec la manière – stupéfiante – qu’il a de donner corps, sans recherche d’effet, et toujours avec une douceur folle, à la moindre inflexion de sa voix (voilà pourquoi regarder Interstellar en version française serait une hérésie).

Samouraï, 1000 ans d’histoire du Japon, au musée d’Histoire de Nantes

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Mercredi, 29 Octobre 2014. , dans Les Dossiers, La Une CED, Documents, Entretiens

 

« La fleur des fleurs est le bourgeon de la fleur du cerisier – le samouraï est l’homme parmi les hommes ».

 

Pour sa grande exposition annuelle, le musée d’Histoire de Nantes du Château des ducs de Bretagne, avec le partenariat exceptionnel du musée-château d’Osaka, le musée national des Arts asiatiques – Guimet, le musée Stibbert, et l’apport d’une dizaine de collections de privés, françaises et étrangères, présentent l’évènement : Samouraï, 1000 ans d’histoire du Japon, jusqu’au 9 novembre 2014.

Entre modernité et altérité, plus de 400 objets historiques et l’esprit du Sarinagara permettent à cette exposition de rendre accessible à tous un monde flottant. A travers l’âme d’une nation, c’est la noblesse et toutes les poésies de l’envoûtante culture du Japon d’hier et d’aujourd’hui qui ont pris leurs quartiers dans ce fief ducal et royal de Bretagne.

Entretien avec Anne-Catherine Blanc

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 28 Octobre 2014. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Un long entretien réalisé suite à la sortie de son dernier roman Les Chiens de l’aube (cf. chronique de La Cause littéraire) qui donne à cet écrivain l’occasion de sonder le « pourquoi » de l’écriture…

 

Emmanuelle Caminade : Après un premier roman publié en 2002 chez un petit éditeur tahitien, vos livres suivants sont sortis chez Ramsay. Pourquoi avoir quitté Ramsay et vous être engagée dans la difficile recherche d’un nouvel éditeur pour Les Chiens de l’aube ? Parlez-nous de votre rencontre avec D’un noir si bleu.

 

Anne-Catherine Blanc : Tout d’abord, je voudrais rebondir sur l’expression « petit éditeur tahitien ». Au Vent des Îles est certes une « petite » structure à l’échelle d’un continent. Mais Christian Robert, qui l’a créée en 1991, a accompli et accomplit encore un travail considérable pour faire connaître la littérature polynésienne, hélas trop éloignée de la France métropolitaine pour que celle-ci la « découvre » vraiment. Or, ne pas être « découvert » signifie ici « ne pas exister ». Ce mot, qui valait au XVIII° siècle pour les îles lointaines, vaut encore aujourd’hui pour leurs écrivains, leurs artistes.

Rimbaud n’est pas l’auteur des Illuminations

Ecrit par Eddie Breuil , le Lundi, 27 Octobre 2014. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

L’histoire de la littérature est faite d’erreurs, de rectifications, qui mettent parfois du temps à être admises. Un cas simple : les Illuminations, ce recueil non autorisé constitué par des éditeurs rassemblant des textes épars qui arrivaient sous leur main, et dont le contenu a beaucoup varié. Les manuscrits ont été́ copiés par les poètes Germain Nouveau et Arthur Rimbaud. Ils portent l’écriture des deux poètes et ne sont pas signés. Les universitaires ont décrété́ que Rimbaud était l’auteur et Nouveau le copiste maladroit. Pourquoi ? Et pourquoi pas l’inverse ? Rimbaud, le génie, pouvait-il s’abaisser au simple rôle de copiste ? Depuis peu, on sait que Rimbaud avait déjà endossé le rôle du copiste à la même époque. Pourquoi cette hypothèse selon laquelle Nouveau serait l’auteur n’a pas été́ retenue ? D’autant plus que les manuscrits de la main de Rimbaud montrent des signes évidents de copiste. L’étude que nous présentons prochainement présente suffisamment de garanties pour nous permettre d’affirmer sereinement :

Non ! Rimbaud n’est pas l’auteur des Illuminations !