Identification

Les Dossiers

Un peu de beauté (1ère partie)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 05 Juin 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Côté Arts

 

 

« Est beau ce qui est connu sans concept comme objet d’une satisfaction nécessaire »

(Critique de la faculté de juger, Emmanuel Kant)

 

« Sans doute des jeunes gens avaient surgi qui aimaient aussi la peinture mais une autre peinture, et qui n’avaient pas comme Swann, comme M. Verdurin, reçu des leçons de goût de Whistler, des leçons de vérité de Monet, leur permettant de juger Elstir avec justice. Aussi celui-ci se sentait-il plus seul à la mort de M. Verdurin avec lequel il était pourtant brouillé depuis tant d’années, et ce fut pour lui comme un peu de la beauté de son œuvre qui s’éclipsait avec un peu de ce qui existait, dans l’univers, de conscience de cette beauté »

(Le Temps retrouvé, Marcel Proust)

Les Tréteaux du Diable (I) Avant-propos – Le Diable et l’Histoire

Ecrit par Avi Barack, Léon-Marc Levy , le Jeudi, 30 Avril 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

« De la Ville, les mourants se lamentent

et l’âme des blessés crie au secours,

mais Eloah n’entend pas la prière !

Au petit jour se lève l’assassin,

Il tue le pauvre et l’indigent

Et l’œil de l’adultère épie le crépuscule

Il se dit : « un œil ne m’aperçoit point ! »

Et il met le voile sur sa face.

Et dans la nuit marche le voleur,

Il perfore, dans les ténèbres, les maisons

Qu’il a repérées le jour (…)

S’il n’en est pas ainsi, qui me convaincra

De mensonges et réduira à néant ma parole ? »

Job. XXIV. 12-25

Entretien avec Frédéric Martin, Directeur des Editions Le Tripode

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Jeudi, 09 Avril 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Lorsqu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on demanda à Francis Ponge pourquoi il avait préféré écrire sur une forêt (Le Carnet du bois des pins, éditions Mermod, 1947) au lieu de rédiger comme les autres poètes des manifestes sur la Liberté, il répondit, tranquillement, que son ambition était de concevoir des bombes à retardement, et non des mitraillettes. La maison d’édition Le Tripode reprend pour lui cet état d’esprit. Depuis ses débuts, elle est au service d’auteurs dont elle admire la seule liberté possible : privilégier la sensibilité aux doctrines, le cheminement dissident de l’imaginaire à l’immédiateté du discours. Le lyrisme de Jacques Abeille, l’exigence de Robert Alexis, l’irrévérence d’Edgar Hilsenrath, l’iconoclasme d’Andrus Kivirähk, l’espièglerie de Jacques Roubaud, la virtuosité de Juan José Saer, le désir sans limite de Goliarda Sapienza, la rigueur de Jonathan Wable, la lucidité de Louis Wolfson ou encore la fantaisie de Fabienne Yvert… Voici quelques-uns des regards qui, de façon salutaire, nous sortent de la marche ordinaire du monde : Frédéric Martin.

Le Maître et Marguerite, Mikhaïl Boulgakov (dossier)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 24 Mars 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

Lire Le Maître et Marguerite, c’est assister à un spectacle total. Tout est sollicité chez le lecteur : sa sensibilité, son imagination, son intelligence et sa culture. Et cette œuvre monumentale de la littérature russe du XXème siècle est sans aucun doute un chef d’œuvre, ce qui n’interdit pas de formuler quelques réserves.

J’ai ri aux nombreuses apparitions incongrues – celles du chat payant son ticket de tramway, de Marguerite survolant Moscou sur son balai ou de Natacha chevauchant le sévère Nikolaï Ivanovitch transformé en pourceau… – et je me suis divertie de toutes ces farces burlesques, de ces élégantes moscovites soudain mises à nu quand la magie cesse ou de ces roubles qui se muent en devises compromettantes qu’on s’empresse de cacher dans la bouche d’aération des toilettes… J’ai été émerveillée par les multiples clins d’œil aux mythes et aux contes, à ces récits fabuleux ou sacrés, païens ou religieux. J’ai été touchée par les remords de Pilate réduit à partager sa solitude avec son chien fidèle et par la belle figure amoureuse de Marguerite. J’ai savouré ce foisonnement de citations littéraires (aidée par les notes en bas de page), ces évocations d’écrivains et d’œuvres – russes le plus souvent – dont l’auteur reprend parfois des scènes ou des phrases entières. J’ai particulièrement goûté les références musicales abondantes, souvent très précises, auxquelles renvoie Boulgakov.

Entretien avec Cécilia Dutter - Conseils de séduction à l’usage des hommes de mauvaise volonté

Ecrit par Laurent Bettoni , le Jeudi, 19 Mars 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

D’ordinaire, Cécilia Dutter écrit des ouvrages sérieux. On lui doit, entre autres, un magnifique essai, Etty Hillesum, une voix dans la nuit (Robert Laffont, 2010), les romans Lame de fond (Albin Michel), prix Oulmont de la Fondation de France. Elle a récemment dirigé pour les éditions Salvator la publication de l’œuvre collective Un cœur universel, regards croisés sur Etty Hillesum. Mais elle a décidé de donner cette fois-ci dans la légèreté, puisqu’elle nous revient avec un guide pratique de séduction à l’usage des messieurs maladroits et de mauvaise volonté. Et force est de constater que Cécilia Dutter fait mouche aussi bien dans l’humour que dans la réflexion. Elle mêle d’ailleurs habilement les deux dans ce guide érudit, qui permettra à chacun de trouver sa chacune.

 

Laurent Bettoni : Comment passe-t-on d’Etty Hillesum aux conseils de séduction ?