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Etudes

La littérature afghane contemporaine : Dialogue de cultures et interculturalité, par Outhman Boutisane

Ecrit par Outhman Boutisane , le Mardi, 11 Avril 2017. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

La littérature afghane comme toute littérature a partie liée avec les autres cultures du monde, notamment les plus proches de sa sphère historique et géographique. La rencontre de ces différentes cultures prend des formes indépendamment de la conception classique du dialogue culturel. Les textes modernes que ce soit poésie ou roman se présentent comme un tissu d’échange culturel et interculturel où la fiction n’est nullement indépendante de ce choc culturel, mais se nourrit d’une façon ou d’une autre de cette richesse qui fait trait de la singularité des textes afghans. Le dialogue de culture et l’interculturalité donnent à voir non seulement le réel d’un pays perdu dans le chaos, mais permet au « Moi » de sortir de son ombre, se dévoiler au monde sans peur et loin de tout tabou.

La littérature afghane contemporaine est porteuse d’un dialogue inédit où se rencontrent des cultures indépassables que leur Histoire remonte à la nuit des temps. Des cultures où l’imaginaire inventé et réinventé devient moment d’inspiration pour des écrivains privés de leurs droits d’écrire.

Vincent La Soudière : Une vie en enfer (4 et fin), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Vendredi, 07 Avril 2017. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

Une âme à la dérive

La publication des Chroniques ne produit pas la régénération attendue. Au contraire, Vincent s’installe dans un état dépressif durable et profond : « Impossible de vivre, impossible aussi de faire confiance à l’écriture ».

Entre 1978 et 1993, il enchaîne les cures de repos, cures thermales, séjours à l’hôpital ou en maison de santé, retraites spirituelles et thérapies analytiques. En 1980, il ne pèse plus que 46 kg et se trouve dans un état de faiblesse avancé. En 1990, il ingurgite onze médicaments différents par jour (Tofranil, Anafranil, Temesta, Lithium, Prozac, Lexomil…). « Je me suis égaré loin du social et des choses naturelles. J’en paie maintenant le prix, fort lourd ».

Exerçant quelques jobs en pointillé, Vincent ne bénéficie toujours d’aucun revenu régulier et n’obtient pas la bourse littéraire escomptée. Il subsiste, tant bien que mal, logé par la famille ou des amis souvent. Le fait qu’il ne dispose pas de domicile fixe et définitif l’use.

Vincent La Soudière : Une vie en enfer (3), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Vendredi, 31 Mars 2017. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

La possibilité d’une œuvre

Vincent lit beaucoup : Char, Baudelaire, Rimbaud, Michaux, Rilke, Hölderlin, Pessoa, Cioran, Nietzsche, Valéry… Son extrême sensibilité le propulse inéluctablement vers la poésie qui sourd de ses entrailles : « Des images s’imposent à mon esprit ».

A l’aube des années 70, espérant toujours un déclic qui le sortirait de son ornière, il se met en tête de réaliser une œuvre littéraire dont son intériorité souffrante en serait la matière première : « Le talent que j’ai pour décrire ma vie intérieure, vie qui s’apparente au rêve, a fait tomber tout le reste dans l’accessoire, et tout le reste s’est affreusement rabougri, ne cesse de se rabougrir. Rien d’autre ne pourra jamais me satisfaire ».

Estimant avoir quelque chose d’essentiel à faire partager, il souhaiterait être reconnu en tant qu’écrivain c’est-à-dire être considéré aux yeux de son prochain, exister en tant qu’être social, recevoir enfin de l’extérieur la justification de son existence, l’appel d’air qui adoucirait sa torturante réclusion. « C’est au nombre – pas au plus grand nombre – que je voudrais m’adresser, à ces êtres humains à qui j’ai faussé compagnie depuis trop longtemps et qui – quoi que je puisse dire – continuent de me hanter ».

Vincent La Soudière : Une vie en enfer (2), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Jeudi, 23 Mars 2017. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

L’aventure intérieure : Un combat contre lui-même

Echaudé par ses premières expériences professionnelles, Vincent s’exclut du processus de socialisation dont la colonne vertébrale est l’exercice d’un métier et dont les ramifications se dégradent en divertissements. Il se met en marge du stéréotype économique occidental axé sur la production et la consommation, rebuté à la perspective d’être un numéro ou un esclave parmi tant d’autres. « Il m’apparaît que je n’ai rien. Rien de ce qui fait un homme au XXe siècle. Ni travail, ni femme, ni argent ».

Déterminé par un appel intérieur impérieux, il s’oriente sur le sentier de l’introspection solitaire et ascétique, l’ailleurs devenant son seul horizon : « J’aime marcher hors des pistes ; c’est d’ailleurs la figure de ma vie : être ailleurs », « De ces deux atrocités, la solitude asphyxiante et la responsabilité écrasante, la seconde étant infiniment pire que la première, je choisis la première, je choisis ce monde du retrait et du refus. Je choisis ! Quelle absurdité ! C’est je subis qu’il faut dire ».

Vincent La Soudière : Une vie en enfer (1), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mardi, 14 Mars 2017. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

Ecrivain maudit et méconnu, Vincent La Soudière fut pourtant admiré et adoubé par Michaux et Cioran auxquels il se lia dans les années 70.

Tout au long de son existence, Vincent La Soudière s’est coltiné un profond désarroi que ni l’écriture, ni la psychanalyse, ni la foi n’ont conjuré complètement. Chroniques antérieures, seul ouvrage paru de son vivant, en est l’incandescent creuset littéraire.

Il a également consigné son calvaire à exister, sa difficulté d’être au monde, dans une prolifique correspondance et dans des milliers de notes dont le recueil posthume intitulé Brisants est le florilège, exhumées de l’ombre grâce au scrupuleux travail de Sylvia Massias.

 

Une jeunesse assombrie