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Etudes

Une pensée philosophique ou L’œuvre de Michel Guérin (1) (par Pierre Windecker)

Ecrit par Pierre Windecker , le Vendredi, 22 Novembre 2019. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

André Leroi-Gourhan, L’évolution ou la liberté contrainte, Michel Guérin, Hermann, juillet 2019, 206 pages, 25 €

à l’occasion de la parution de « André Leroi-Gourhan, L’évolution ou la liberté contrainte »

 

J’ai consacré plusieurs chroniques à la présentation d’ouvrages de Michel Guérin dans La Cause littéraire. Chacun peut se douter que l’auteur est un vieil ami. Mais il est facile de comprendre que cela ne ferait pas un motif suffisant. Le motif unique, c’est évidemment le sentiment qu’il y a une pensée philosophique de Michel Guérin, et qu’elle mérite à coup sûr d’être mieux connue. Je me suis souvent demandé comment en suggérer l’idée sans tomber dans le travers d’un exposé doctrinal. Le dernier livre de Michel Guérin m’offre peut-être un biais.

Ce livre est consacré à l’anthropologue et préhistorien Leroi-Gourhan, à ses travaux, à ses démarches de chercheur, à ce que Michel Guérin n’hésite pas à appeler sa « pensée ». Sa parution coïncide heureusement avec une réédition du premier livre de Leroi-Gourhan, La Civilisation du renne (Les Belles Lettres, collection Encre marine), accompagné d’une préface de Michel Guérin.

A propos de "Inceste" d'Anaïs Nin, par Cyrille Godefroy (3 et Fin)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 05 Juillet 2017. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

Inceste, Anaïs Nin, Le Livre de Poche, 2002, trad. Béatrice Commengé, 544 pages, 8,60 €

 

3ème partie : La quête du graal narcissique + Le journal intime : une œuvre ?

 

La quête du Graal narcissique

En cumulant les amants, Nin se préserve toujours un refuge et réduit l’impact affectif d’une éventuelle rupture avec l’un deux, laquelle rouvrirait la blessure de l’abandon paternel : « Cette impression de sécurité dans la multiplicité ». Cette polyandrie avive le désir et la jalousie de ses partenaires, décuplant d’autant leur assiduité, leur prévenance, leur empressement, tellement nécessaires à la renarcissisation de Nin.

A propos de "Inceste" d'Anaïs Nin, par Cyrille Godefroy (2)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 28 Juin 2017. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Inceste, Anaïs Nin, Le Livre de Poche, 2002, trad. Béatrice Commengé, 544 pages, 8,60 €

 

Le chevalier royal et autres chimères amères

Début 1933, Nin croise la route d’Antonin Artaud, le poète tourmenté et opiomane, « l’homme qui a inventé de nouvelles dimensions dans le domaine des sentiments, de la pensée, du langage ». Elle est plus fascinée par son imaginaire qu’attirée physiquement à l’instar de ses débuts avec Miller : « Je désire seulement une communion de nos esprits ». Ceci dit, le moment venu, elle n’oppose aucune résistance aux assauts de poésie libre de ce « paquet de nerfs enchevêtrés » : « Il m’a embrassée avec fougue, férocement, et j’ai cédé. Il mordait ma bouche, mes seins, ma gorge, mes jambes. Mais il était impuissant ». Artaud désire encore, mais son corps, pollué par le laudanum, flanche.

À chaque saison éclot un nouvel amour. Durant l’été 33, Nin renoue avec son père qu’elle rejoint dans le sud de la France. Ce père qui, lorsqu’elle était enfant, s’enfermait avec elle dans la salle de bains et la photographiait nue. Clichés, fessées et tentation. Les retrouvailles s’ouvrent sur un dialogue décomplexé, prélude à l’inceste :

A propos de "Inceste" d'Anaïs Nin, par Cyrille Godefroy (1)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mardi, 20 Juin 2017. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

Inceste, Anaïs Nin, Le Livre de Poche, 2002, trad. Béatrice Commengé, 544 pages, 8,60 €

 

Anaïs Nin, l’ingénue libertine

Vivre ou écrire ? Tout écrivain, un jour ou l’autre, s’est frotté à ce dilemme. En pleine force de l’âge, Anaïs Nin (1903-1977) décide de joindre les deux pôles. Depuis l’âge de 11 ans, elle tient un journal intime dans lequel elle se livre intégralement, se dévoile sans retenue ni tabou : « La seule personne à laquelle je ne mente pas est mon journal ». Parallèlement, « après tant et tant d’années de famine », elle déverrouille son désir et s’adonne à un libertinage débridé, une odyssée psycho-sensuelle qui la propulse vers les univers d’Antonin Artaud, Otto Rank et Henry Miller.

Vincent La Soudière : Une vie en enfer (4 et fin), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Vendredi, 07 Avril 2017. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

Une âme à la dérive

La publication des Chroniques ne produit pas la régénération attendue. Au contraire, Vincent s’installe dans un état dépressif durable et profond : « Impossible de vivre, impossible aussi de faire confiance à l’écriture ».

Entre 1978 et 1993, il enchaîne les cures de repos, cures thermales, séjours à l’hôpital ou en maison de santé, retraites spirituelles et thérapies analytiques. En 1980, il ne pèse plus que 46 kg et se trouve dans un état de faiblesse avancé. En 1990, il ingurgite onze médicaments différents par jour (Tofranil, Anafranil, Temesta, Lithium, Prozac, Lexomil…). « Je me suis égaré loin du social et des choses naturelles. J’en paie maintenant le prix, fort lourd ».

Exerçant quelques jobs en pointillé, Vincent ne bénéficie toujours d’aucun revenu régulier et n’obtient pas la bourse littéraire escomptée. Il subsiste, tant bien que mal, logé par la famille ou des amis souvent. Le fait qu’il ne dispose pas de domicile fixe et définitif l’use.