Avec l’isotropie on aborde une réalité non pas improbable mais plutôt très forte qui pourrait caractériser l’univers de Matthieu Messagier, puisqu’elle vient de son poème Mariage de saindoux, extrait de son recueil Poèmes sans tain, autres sauvageries. Après avoir parlé de « mélopée mate » et du « pavillon des images sommairement punaisées » puis des « jonquilles qui ondulent au rythme magnifiquement incohérent de la brise fraîche d’un douze mars », le poète s’interroge : et la poésie isotrope ?
L’isotropie désigne habituellement la qualité irréductible de l’univers d’être le même quel que soit le point de vue. Est-ce à dire qu’une poésie isotrope résiste à l’analyse ?
Peut-être, car c’est une poésie qui refuse la syntaxe, fruit pourtant d’un consensus, organisant le discours au sein d’une langue, afin que la communication soit la plus fluide possible entre ses locuteurs. Cette syntaxe est donc, tout le monde s’en aperçoit, un élément essentiel du rapport avec autrui, sans lequel tout énoncé risque d’être lacunaire, et par conséquent exposé à l’échec.