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Les Dossiers

Entretien avec Juan Asensio (mené par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 09 Mai 2019. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

La Cause Littéraire :

Malgré sa réputation de virulence, que vous entretenez savamment, Stalker est devenu un incontestable lieu français de la littérature. On s’y agace parfois, souvent on s’y enthousiasme, mais toujours on s’y nourrit grâce à l’intelligence et l’érudition de ses articles. Pouvez-vous nous tracer sommairement l’histoire de ce blog, son origine, ses choix éditoriaux ?

 

Juan Asensio :

Ce blog, je l’ai évoqué plusieurs fois, est né dans la salle des marchés d’une société de Bourse filiale d’une grande banque, en mars 2004. C’est alors qu’éclata l’affaire Dantec : la presse de gauche, pour résumer, tomba sur le romancier comme une frétillante troupe de rats affamés, lui reprochant d’avoir osé discuter (via des échanges de courriers électroniques, a priori privés) avec le Bloc identitaire.

Entretien avec Tristan Leperlier, par Nadia Agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Mardi, 09 Avril 2019. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Algérie, les écrivains de la décennie noire, Tristan Leperlier

 

Le champ littéraire algérien durant la décennie noire. CNRS Editions

A travers son ouvrage, Tristan Leperlier, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (EHESS), propose une analyse littéraire et sociologique du champ littéraire algérien au temps de la décennie noire (1988-2003). Il met également en lumière le rôle que les écrivains algériens ont joué pendant cette période. Pour réaliser ce travail de recherche effectué sur la base d’entretiens menés auprès de 70 écrivaines et écrivains, et de sources variées, en français et en arabe, l’auteur a adopté une méthode interdisciplinaire qui se situe au croisement des études littéraires et de celles des sciences sociales, et a travaillé sur une population d’écrivains, intellectuels qui prennent des positions sur la situation politique, et en tant qu’écrivains produisant des écrits littéraires. Il montre qu’il existe un lien entre les engagements littéraires et politiques des écrivains algériens pendant cette époque et leurs positions dans le champ littéraire qui est « transnational, bilingue et surpolitisé ».

Le train d’Erlingen, Boualem Sansal, et un entretien avec l'auteur (par Nadia Agsous)

Ecrit par Nadia Agsous , le Mardi, 13 Novembre 2018. , dans Les Dossiers, Les Livres, La Une CED, Entretiens

 

La locomotive de l’apocalypse

Ute Von Ebert, une riche héritièreà la tête de « l’un des plus grands empires financiers et industriels du monde depuis 2 siècles », habite la ville d’Erlingen en Allemagne. Alors que la ville est plongée dans un marasme total ; pendant que la population d’Erlingen a sombré dans une hystérie paralysante, Ute écrit des lettres à sa fille Hannah qui vit à Londres. La vision du monde qu’elle décrit est sombre et profondément pessimiste. L’incertitude et l’attente d’un hypothétique train semblent rythmer le désespoir de la population d’Erlingen.

En France, dans le département du neuf trois, en Seine-Saint-Denis, Léa écrit à « sa maman chérie qui est au ciel ». Elisabeth Potier, professeure d’histoire à la retraite, est décédée à la suite d’une attaque, dans le métro, par quatre jeunes islamistes. Léa qui réside à Londres achève le roman commencé par sa mère.

Rencontre avec l’écrivain Lambert Schlechter qui poursuit la publication du Murmure du monde (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 03 Octobre 2018. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Les deux derniers opus, Monsieur Pinget saisit le râteau et traverse le potager et Une mite sous la semelle du Titien, sont publiés aux Editions Phi et par Tinbad Poésie.

« Puis soudain j’ai pensé que la phrase Je pense à toi est une phrase inouïe. Puisque c’est une phrase qui reste valable encore après la mort. Puisque cette pensée-là, en quelque sorte, ne s’éteint pas. Pas si vite (Monsieur Pinger saisit le râteau et traverse le potagerLe murmure du monde, Editions Phi, novembre 2017, 19 €)

« Cette aire spéciale de blancheur rectangulaire, les deux tiers d’une page A5, et vingt-neuf lignes à remplir, le total fera autour de mille signes, c’est le champ que j’aurai encore & encore à labourer / ensemencer/ récolter, personne ne m’a rien demandé, tout le labeur se fait sur la base d’un contrat avec moi-même, contrat-contrainte, tout ce que tu as à écrire, tu l’écriras en vingt-neuf lignes, mille signes… » (Une Mite sous la semelle du TitienProseriesLe murmure du monde, Tinbad poésie, mai 2018, 16 €)

Rencontre avec le poète et traducteur Saleh Diab, par Philippe Chauché

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 05 Juin 2018. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

La Cause Littéraire : Votre anthologie vient à point nommé, alors que la guerre, la torture, la folie ne cessent de s’inviter, alors que la Syrie est en train de disparaître en tant que pays, alors que cette science luxuriante, inventive et vagabonde qu’est la poésie n’a point de place, vous ouvrez le livre de la poésie contemporaine, de la poésie vivante, qui résiste par sa présence riche et complexe, par sa liberté libre. D’où vient ce projet ? Et pourquoi maintenant ?

 

Saleh Diab : La bibliothèque francophone manque de livres qui traitent de la poésie arabe classique à l’exception des odes (al-Mu’allaqât) dont il y a plusieurs traductions, mais il n’existe pas une seule traduction complète des poètes qui ont écrit ces odes. De même aucune œuvre complète d’un seul poète Omeyade, Abbasside et de l’époque Andalouse non plus n’a été traduite en français. Comment expliquer cela ? Les chercheurs et traducteurs n’étaient–ils pas intéressés par mille ans de poésie arabe ? Il n’existe pas une seule anthologie de la poésie arabe classique dans la collection de La Pléiade.