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Les Dossiers

Rencontre avec l’écrivain Lambert Schlechter qui poursuit la publication du Murmure du monde (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 03 Octobre 2018. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Les deux derniers opus, Monsieur Pinget saisit le râteau et traverse le potager et Une mite sous la semelle du Titien, sont publiés aux Editions Phi et par Tinbad Poésie.

« Puis soudain j’ai pensé que la phrase Je pense à toi est une phrase inouïe. Puisque c’est une phrase qui reste valable encore après la mort. Puisque cette pensée-là, en quelque sorte, ne s’éteint pas. Pas si vite (Monsieur Pinger saisit le râteau et traverse le potagerLe murmure du monde, Editions Phi, novembre 2017, 19 €)

« Cette aire spéciale de blancheur rectangulaire, les deux tiers d’une page A5, et vingt-neuf lignes à remplir, le total fera autour de mille signes, c’est le champ que j’aurai encore & encore à labourer / ensemencer/ récolter, personne ne m’a rien demandé, tout le labeur se fait sur la base d’un contrat avec moi-même, contrat-contrainte, tout ce que tu as à écrire, tu l’écriras en vingt-neuf lignes, mille signes… » (Une Mite sous la semelle du TitienProseriesLe murmure du monde, Tinbad poésie, mai 2018, 16 €)

Rencontre avec le poète et traducteur Saleh Diab, par Philippe Chauché

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 05 Juin 2018. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

La Cause Littéraire : Votre anthologie vient à point nommé, alors que la guerre, la torture, la folie ne cessent de s’inviter, alors que la Syrie est en train de disparaître en tant que pays, alors que cette science luxuriante, inventive et vagabonde qu’est la poésie n’a point de place, vous ouvrez le livre de la poésie contemporaine, de la poésie vivante, qui résiste par sa présence riche et complexe, par sa liberté libre. D’où vient ce projet ? Et pourquoi maintenant ?

 

Saleh Diab : La bibliothèque francophone manque de livres qui traitent de la poésie arabe classique à l’exception des odes (al-Mu’allaqât) dont il y a plusieurs traductions, mais il n’existe pas une seule traduction complète des poètes qui ont écrit ces odes. De même aucune œuvre complète d’un seul poète Omeyade, Abbasside et de l’époque Andalouse non plus n’a été traduite en français. Comment expliquer cela ? Les chercheurs et traducteurs n’étaient–ils pas intéressés par mille ans de poésie arabe ? Il n’existe pas une seule anthologie de la poésie arabe classique dans la collection de La Pléiade.

Rencontre avec l’écrivain éditeur Arnaud Le Guern, que nous dédions à Clément Rosset (1), par Philippe Chauché

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 09 Mai 2018. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

 

Arnaud Le Guern a écrit sur Jean-Edern Hallier (Stèle pour Edern),Richard Virenque (in Gueules d’amour),sur des chanteurs avec Thierry Séchan (Nos amis les chanteurs, dernière salve),ou encore sur Paul Gégauff (Une âme damnée),sur lui (Du Soufre au cœur et Adieu aux espadrilles),sur Vadim (Un playboy français),et enfin sur Frédéric Beigbeder (L’Incorrigible). Des romans, des biographies romancées, des romans biographiques, des esquisses de romans, avec à chaque fois une même constance, une même pate, que l’on pourrait définir comme un style français dans la tradition des Hussards, de Michel Déon à Jacques Laurent et Roger Nimier, sous l’œil amusé d’Antoine Blondin.

Entretien avec Jacques Flament, éditeur, Par Laurent Herrou

, le Lundi, 07 Mai 2018. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

« La différence en toute indépendance », annonce le site de Jacques Flament Editions (JFE), aujourd’hui rebaptisées Jacques Flament Alternative Editoriale. Revenir sur un parcours de huit années, engagé, littéraire et latéraldans le sens où l’éditeur, de nationalité belge mais installé en France, a choisi dès le départ un système économique différent de celui des « grandes maisons » pour donner une chance à sa structure de survivre face aux exigences sans cesse plus sévères du marché du livre.

 

Laurent Herrou : « Jacques Flament Editions » est né en 2010. Vous avez édité – ce sont vos chiffres – plus de 350 titres et 160 auteurs en huit ans en vous positionnant « en marge de la filière classique traditionnelle ». Notamment en privilégiant un « système atypique d’autodiffusion », soit : ventes via le site internet et achats fermes (un système que, par exemple, les grandes enseignes culturelles refusent presque unanimement aujourd’hui) chez les libraires partenaires. Quel bilan tirez-vous de ce choix éditorial et de diffusion après huit ans d’activité ?

Poésie et cinéma, entretien avec Matthieu Gosztola Questions posées par Béatrice Bonhomme

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 03 Mai 2018. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens, Côté écrans

 

– Quand et avec qui allez-vous au cinéma (seul, en couple, en famille, avec des amis…) ?

 

En matinée (souvenir inoubliable, enfant, de La Nuit du chasseur de Laughton) ou le soir. Plus souvent le soir. Seul ou en couple. Mais être au cinéma, dans ce noir chaud, accueillant, qui est (excitation et légère angoisse) comme le prélude d’une survenue, d’un accouchement miniature (l’accouchement d’une émotion), être au cinéma, c’est : ne jamais être seul, n’est-ce pas ? Puisque l’émotion que l’on éprouve est à la fois hautement singulière et universelle, étant partagée, du moins supposément, par toutes les personnes présentes. L’on est tous ensemble, toujours, et la solitude à laquelle nous convie la salle de cinéma, lorsque l’on y va seul, nous le fait confusément sentir, ressentir, à chaque instant, même quand cette constatation n’affleure pas, n’embrasse pas la conscience mais demeure nichée dans le profond inintelligible. Être au cinéma me fait toujours songer au sermon de John Donne mis en exergue par Hemingway dans Pour qui sonne le glas : « La mort de tout être humain me diminue, / Car je suis concerné par l’humanité tout entière ».