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Fayard

Fayard est une maison d'édition française fondée en 1857 par Joseph-François Arthème Fayard. Le libellé complet du nom de l’entreprise est Librairie Arthème Fayard.

 


Visions Capitales, Julia Kristeva

Ecrit par Elisa Amaru , le Mardi, 22 Octobre 2013. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Histoire

Visions Capitales. Arts et rituels de la décapitation, Fayard/Editions de La Martinière, mars 2013, 144 pages, 35 € . Ecrivain(s): Julia Kristeva Edition: Fayard

 

Ecrit par la philosophe et psychanalyste française d’origine bulgare, Julia Kristeva, lauréate de nombreux prix et distinctions en plus de quarante ans de présence in libro dans la vie des idées, des concepts et des lettres, et accessoirement épouse de Philippe Sollers, voici un livre illustré de la plus belle facture, qui a pour thème ravissant… la décollation ! A parcourir un thème si barbare, point de dégoût toutefois, Julia Kristeva aura eu le bon goût de le rendre appétissant…

 

Caput !


« C’était un de ces hivers blancs et froids qui congèlent les Balkans et réunissent les familles autour des poêles à charbon. Penchée sur la plaque rougeoyante, je réchauffais mes joues glacées et mes doigts gourds en écoutant distraitement une émission de radio destinée aux enfants :

La milice française, Michèle Cointet

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 27 Septembre 2013. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

La milice française, août 2013, 341 pages, 23 € . Ecrivain(s): Michèle Cointet Edition: Fayard

 

Les Français ont eu, longtemps, du mal à regarder en face l’histoire de l’Occupation, du régime de Vichy, considérés comme des révélateurs désagréables de certains pans de l’histoire de France, de l’existence de courants d’idées contraires à nos valeurs républicaines. Michèle Cointet, historienne spécialisée dans l’histoire de la Collaboration, de la Résistance, et du gaullisme, énonce dans son livre La Milice française un terrible constat : la Milice, par ses crimes et ses exactions, s’est hissée au même niveau de barbarie que les SS, confirmant ainsi le caractère décisif, et douloureux, d’un réexamen de cette période de l’Histoire de notre pays, dramatique à plus d’un titre.

Ce qui frappe, dès les premiers paragraphes, c’est le malentendu originel sur lequel est fondée la création de la Milice le 31 janvier 1943. Laval, en confiant le commandement de ce corps à Joseph Darnand, pense que « ses hommes l’aideront sans trop l’engager. Sur cette erreur commence l’aventure de la Milice française ».

Albert Camus, fils d’Alger, Alain Vircondelet

Ecrit par David Campisi , le Lundi, 16 Septembre 2013. , dans Fayard, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Albert Camus, fils d’Alger, 2013, 456 pages, 10 € . Ecrivain(s): Alain Vircondelet Edition: Fayard

 

Qui était Albert Camus avant de devenir Albert Camus ? A quoi ressemblait le petit gosse des ruelles algéroises lorsqu’il n’était qu’un enfant ? Où vivait-il ? Quelle était sa vie ?

Tant de questions auxquelles Alain Vircondelet tente d’apporter des réponses par le prisme de la terre, le prisme du sol et du soleil. Lui qui vient d’Alger à l’instar de Camus, c’est par le ciel et la « chaleur énorme » qu’il va nous proposer une lecture de la vie d’Albert Camus, écrivain et philosophe, comédien et journaliste. Lui qui a grandi dans les mêmes rues, fréquenté les mêmes écoles et les mêmes plages, éprouvé le même soleil et caressé les mêmes absinthes, c’est une proposition très « littéraire » de la vie de Camus qui nous est fournie dans cette biographie qui, sans les nier toutefois, met de côté les grandes œuvres littéraires et philosophiques de Camus pour rester focalisé sur les terres où il a grandi.

Alain Vircondelet, usant d’une sémantique très proche des œuvres camusiennes, va peu à peu s’effacer dans le récit pour faire parler Camus, et c’est parfois le grand écrivain que nous lisons entre les mots dans deux styles très proches qui s’enlacent et se confondent. Le récit est presque un hommage au style, une tentative d’imitation réussie et troublante.

Manuel El Negro, David Fauquemberg

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 20 Août 2013. , dans Fayard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Manuel El Negro, 21 août 2013, 366 pages, 20 € . Ecrivain(s): David Fauquemberg Edition: Fayard

 

« En vous racontant Manuel, je vous parlerai de moi ».

En s’attelant à l’histoire du chanteur de flamenco Manuel El Negro, Melchior de la Peña avertit qu’il sera aussi question de lui. Ce portrait d’un homme sera le portrait de deux hommes. Il prévient aussi que cette histoire risque de n’être tout à fait réelle. La vie de Manuel, telle qu’il la conçoit en effet, est comme un songe.

Sa vie, Melchior l’a passée derrière sa guitare, le front courbé au-dessus de ses cordes. Il dira même qu’il est devenu esclave de son instrument. Il est un homme de l’ombre, toujours en retrait sur la scène, un homme qui a « appris à se taire ».

« Les mots, voyez, disaient si peu, ils ne servent souvent qu’à créer des malentendus. La musique est sans équivoque, elle ne vous cache rien des sentiments de l’autre ».

Le Seigneur vous le rendra, Mahi Binebine

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 12 Juillet 2013. , dans Fayard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Maghreb

Le Seigneur vous le rendra, janvier 2013, 200 pages, 18 € . Ecrivain(s): Mahi Binebine Edition: Fayard

 

Après Les étoiles de Sidi Moumen, roman initié par les attentats du 23 mai 2003, se déroulant dans cette ville cloaque à la lisière de l’insouciante et bourgeoise Casablanca, dans cet enfer qui en avait nourri les jeunes kamikazes, le dernier livre de Mahi Binebine revient sur cette fracture du Maroc en deux mondes étrangers et sur la fabrication de destins inéluctables, mais dans un registre beaucoup plus souriant.

Le Seigneur vous le rendra se situe à Marrakech, ville natale aimée – et déjà célébrée en 2008 dans un recueil de nouvelles, Le griot de Marrakech –, où l’auteur est revenu vivre après de longues années passées à l’étranger. C’est un conte burlesque, plein de vie et de fantaisie, de malice et de tendresse, qui rend hommage aux petites gens de cette médina animée où il vécut son enfance et à ses gosses miséreux auxquels il invente un avenir possible. Un conte dont la lumière transcende l’ombre, disant pourtant la pauvreté et la crasse, la violence et la noirceur mais avec humour et légèreté, sans colère ni pathos, sachant surtout éclairer la beauté de la « ville ocre » et de « ce peuple avenant et paisible » derrière « toute cette laideur ».