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Robert Laffont

Les Éditions Robert Laffont sont une maison d'édition française fondée en 1941 par Robert Laffont.

Elle publie des biographies, des témoignages, des livres d'ésotérisme, de la littérature de langue française, de la littérature traduite de langue étrangère, des mémoires, desromans policiers, des romans d'espionnage, des livres de spiritualité et l'encyclopédie annuelle Quid.

La collection « Bouquins », créée par Guy Schoeller, qu'elle héberge depuis sa création, est probablement celle qui la distingue le plus de ses concurrents bien qu'elle ait lancé les collections « Vécu » et « Best Sellers ».

Elle possède les éditions JulliardSeghers et NiL. Elle diffuse dans différents pays francophones et possède des bureaux en Belgique et au Canada.

Elle a été acquise au début des années 1990 par le groupe de la Cité. En 2010, elle est dirigée par Leonello Brandolini, avec pour directrice générale Nicole Lattès.

L'éditeur fait partie intégrante du groupe Editis, deuxième groupe d'édition français.


Une autobiographie, Neil Young

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 10 Décembre 2012. , dans Robert Laffont, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Canada anglophone

Une autobiographie, octobre 2012, 546 pages, 23 € . Ecrivain(s): Neil Young Edition: Robert Laffont

 

Le mot digression est celui qui vient à l’esprit quand on referme cette autobiographie. Neil Young a en effet opté pour une construction thématique plus que chronologique pour écrire ses souvenirs d’une vie riche à différents titres. D’un chapitre à l’autre, le chanteur passe de la musique au cinéma, de la pureté oubliée du son actuel produit par les fichiers informatiques aux voitures anciennes qu’il collectionne, de sa famille à son train électrique. Cette autobiographie est un kaléidoscope qui, si elle fait fi de toute chronologie, ne nous perd jamais. Neil Young sait raconter les événements qui ont ponctué sa vie, et sa vie fut riche, assurément. L’ex-membre de Buffalo Springfield maîtrise cet art sans jamais se départir de son sujet : montrer qui il est devenu en donnant les différentes facettes de sa personnalité.

La musique est cependant l’élément fondateur du personnage. Avec Buffalo Springfield tout d’abord, il fit un apprentissage formateur, ou seul, comme lors de certains concerts durant lesquels il s’accompagnait à la guitare acoustique et à l’harmonica. Ce génial Canadien a subi les influences de la country music, du rock, et il admire tout autant Bob Dylan qu’il a côtoyé, qu’Elvis Presley. Il croise un certain John Kay, qui chantera Born to be wild avec Steppenwolf. Sur scène, il jouera avec Joni Mitchell, Linda Ronstadt.

Les Bourgeoises, Sylvie Ohayon

, le Mardi, 02 Octobre 2012. , dans Robert Laffont, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Les Bourgeoises, 6 septembre 2012, 360 p. 19 € . Ecrivain(s): Sylvie Ohayon Edition: Robert Laffont

 

« J’aimerais vous raconter ces filles que j’ai voulu mépriser pour ne pas avoir à me sentir inférieure, celles à qui j’ai d’abord caché mon origine géographique comme on cache une maladie honteuse. Avec elles, j’ai découvert un monde rempli de codes insensés, un monde où l’éloquence acquise par des années d’éducation servait à parer de falbalas une violence bien plus vaste et destructrice que celle qu’on montre le soir à la télévision quand les voitures brûlent » (page 21).

Ces codes, la narratrice prénommée Sylvie se les prend en pleine figure – il faut dire qu’elle le cherche un peu – dès la fin de son adolescence. Elle-même habite à La Courneuve, dans cette cité des 4000 qui l’a vue naître. Sa vie de lycéenne est à des kilomètres, au sens propre comme figuré, de celle des demoiselles fréquentant Janson-de-Sailly (rue de la Pompe, Paris XVIème).

Mais plutôt que de fuir ou de rejeter, la jeune femme cherche à comprendre. Elle observe pour mieux déceler les failles et les douleurs, met ces héritières face à leurs contradictions.

Les petits succès sont un désastre, Sonia David

, le Samedi, 16 Juin 2012. , dans Robert Laffont, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les petits succès sont un désastre, janvier 2012, 432 p. 20,30 € . Ecrivain(s): Sonia David Edition: Robert Laffont

 

Montmartre. Un bistrot, le Papillon, une bande d’amis formée autour de ce lieu qui en est le point de départ et de ralliement. Pour vivre heureux, vivons nombreux !. Rose, la narratrice, observe ce foisonnement de vie, cherche à mieux cerner les héros de son quotidien et raconte les aventures statiques de ce joyeux groupe dont elle est à la fois participante et spectatrice.

Entre eux, ils ne parlent que du présent, choisissant de ne pas évoquer notre « avant », une nouvelle tournée est la fuite en avant favorite.

Nous passions notre vie à nous jurer de garder pour nous des secrets que nous ne manquions pas de répéter aux autres, en leur faisant jurer, à leur tour, de ne les répéter à personne (page 356).

Les amis, comme les enfants, c’est vraiment un truc du présent. Ça ne vieillit pas, c’est une sorte de relation immuable, alors qu’il me semble toujours que l’amour est tellement plus compliqué. Surtout il s’use (page 219).

Les dépossédés, Steve Sem-Sandberg

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 12 Février 2012. , dans Robert Laffont, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Récits

Les dépossédés, traduit du suédois par Johanna Chatellard-Schapira (De Fattiga i Łódź), août 2011, 587 p. 22 € . Ecrivain(s): Steve Sem-Sandberg Edition: Robert Laffont


Les dépossédés relate l’histoire du ghetto de Łódź de 1940 à 1945, reprenant les faits dont témoignent la Chronique et les archives du ghetto et divers documents cachés par les résistants. L’auteur a décidé d’y articuler fiction et faits authentiques pour délivrer un récit insoutenable, prenant et atrocement vraisemblable. S’il transpose et adapte l’Histoire, il ne trahit pas la mémoire. Il œuvre pour transmettre.


« Le mensonge commence toujours dans le déni.

Il est arrivé quelque chose – pour autant, on se refuse à l’admettre.

Ainsi commence le mensonge ».

Drood, Dan Simmons

, le Mardi, 20 Septembre 2011. , dans Robert Laffont, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire

Drood (traduit de l’anglais par Odile Demange), 876 p., 23,50 euros. (25/08/11) . Ecrivain(s): Dan Simmons Edition: Robert Laffont

S’il est policier comme vaguement fantastique, Drood est également, et surtout, un roman intertextuel, dont les œuvres de William Wilkie Collins, ici narrateur, et Charles Dickens, lesquels furent collaborateurs, amis et rivaux, constituent en s’entremêlant la matière première.

Où, donc, les références abondent autant qu’elles trament l’intrigue : certes d’abord le fameux roman inachevé de Charles Dickens, Le mystère d’Edwin Drood, puis tout un corpus victorien, de Thomas de Quincey à Sheridan Le Fanu.

Où la mise en abîme est féconde, avec un roman, voire plusieurs, dans un autre ; avec aussi quelque chose d’un palimpseste où l’intrigue donne l’impression d’en dissimuler une autre, sous forme d’énigme éventuellement (évoquons Le Quinconce de Charles Palisser qui, de même, à partir du fond  dickensien, pose un mystère).

C’est aussi un pastiche, mais ni servile ni parasite, des romans à suspens, et jusque dans le style, de William Wilkie Collins. Et plus qu’un pastiche puisque on se demande parfois, tant la maîtrise en est impeccable, tant c’est essentialisé, qui imite qui, et si ce n’est pas Wilkie Collins qui aurait imité Dan Simmons. Autrement dit, par conséquent, une sorte d’artificialisme où la copie précèderait l’original, ou encore, et convoquons Oscar Wilde, se serait la nature qui imiterait l’art.