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Hermann

Aujourd’hui présidées par Arthur Cohen et dirigées par Philippe Fauvernier, les éditions Hermann ont retrouvé leur siège d’origine, rue de la Sorbonne. Arthur Cohen dirige la politique éditoriale dans la droite tradition de la maison, tout en ouvrant la ligne des publications.

Le prestige de la maison continue d’attirer à elle de nombreux grands intellectuels d’aujourd’hui, parmi lesquels Michel SerresAndré Comte-SponvilleRoger-Pol DroitPhilippe SollersJacqueline RissetMarcelin PleynetPaul Badura-Skoda ou Bernard Diu.

En 2006, les éditions Hermann renouent avec l’épistémologie avec la création de la collection Visions des sciences.

En 2005, à la rentrée littéraire, Hermann crée un département de littérature générale, Hermann Littérature, inauguré par Philippe Sollers avec, à la rentrée 2007, la publication du premier roman de toute son histoire : Giovanni Pico deGuillaume de Sardes.


Henri Meschonnic, théoricien de la traduction, Marcella Leopizzi, Céleste Boccuzzi

Ecrit par AK Afferez , le Samedi, 07 Mars 2015. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Poésie

Henri Meschonnic, théoricien de la traduction, octobre 2014, 304 pages, 35 € . Ecrivain(s): Marcella Leopizzi, Céleste Boccuzzi Edition: Hermann

De ce recueil d’essais consacré à Meschonnic ressortent les multiples facettes de ce monstre sacré des lettres françaises : traducteur bien évidemment, essayiste caustique envers ses contemporains, théoricien érudit, poète. Loin des controverses et polémiques qui ont bien pu caractériser une partie de sa carrière, ce recueil cherche avant tout à souligner la contribution monumentale et désormais incontournable qu’il a pu apporter au domaine de la traduction.

On remarquera tout de même que l’ensemble des essais converge sur un seul et même ensemble de principes (de préceptes ?) : il faut, dans la lignée des travaux de Meschonnic, repenser le langage, et donc la poésie, en profondeur ; si l’on s’occupe de théoriser le langage, il ne faut pas séparer la théorisation qu’on en fait de la pratique qu’on mène, que ce soit à l’oral ou à l’écrit ; traduire n’est pas tant affaire de rester fidèle au texte (notion déjà hautement suspecte) que restitution d’une singularité langagière. Ces trois principes clefs étant repris dans tous les essais, on a au fil des pages des impressions de déjà-vu (ou déjà-lu) qui fait perdre de vue à certains moments ce que chaque essai apporte de spécifique à la conversation sur l’héritage de Meschonnic, et qui empêche parfois toute lecture critique de l’œuvre et des théories de Meschonnic.

Les traducteurs dans l’histoire, codirigé par Jean Delisle et Judith Woodsworth

Ecrit par AK Afferez , le Vendredi, 06 Février 2015. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Les traducteurs dans l’histoire, traduction coordonnée par Benoit Léger, novembre 2014, 377 pages, 29 € . Ecrivain(s): Jean Delisle et Judith Woodsworth Edition: Hermann

 

 

Lorsqu’on lit de la littérature étrangère, on ne prête souvent pas beaucoup d’attention à qui a pu traduire le récit qu’on a sous les yeux. Le traducteur ou la traductrice (ou le collectif de traducteurs) : figures plutôt fantomatiques, effacées. Il faut faire valoir un contact en apparence immédiat entre le lecteur et l’auteur de la version originelle. On pense rarement à trianguler cette relation pour y insérer le traducteur ; on pense rarement au traducteur en tant qu’auteur. Des exceptions existent, bien entendu : Nerval, Baudelaire, Mallarmé (pour n’en citer que quelques uns), dont les activités de traduction sont souvent mentionnées lorsqu’on nous les présente au collège ou au lycée. Mais cette activité de traduction n’est jamais analysée comme une caractéristique déterminante du parcours de ces auteurs. Ils sont poètes, écrivains avant tout – le rôle de traducteur passe en second plan.

Marguerite Yourcenar et le souci de soi, Anne-Yvonne Julien

Ecrit par AK Afferez , le Mardi, 27 Janvier 2015. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Marguerite Yourcenar et le souci de soi, octobre 2014, 367 pages, 25 € . Ecrivain(s): Anne-Yvonne Julien Edition: Hermann

 

 

Marguerite Yourcenar occupe une place à part, insulaire, dans les lettres françaises et francophones : longtemps cantonnée au domaine des néoclassiques et considérée comme « trop savante » pour faire réellement partie de la modernité littéraire, son œuvre est à présent redécouverte dans toute sa diversité et sa complexité. Yourcenar s’est toujours placée au carrefour de courants de pensée, de genres littéraires et de tonalités stylistiques. Véritable citoyenne du monde, sa connaissance fine et nuancée de multiples philosophies, religions et mythologies du monde entier, a nourri une œuvre polymorphe, qui prend autant la forme de brefs récits et d’essais que de poèmes et de chroniques familiales, et qui n’hésite pas à se saisir de toutes les potentialités poétiques qu’offre le langage – du style le plus épuré à celui le plus baroque.

Le testament des ombres, Danièle Séraphin & Jacques Lauprêtre

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 05 Janvier 2015. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Le testament des ombres, 2013, 350 pages, 45 € . Ecrivain(s): Danièle Séraphin & Jacques Lauprêtre Edition: Hermann

 

Le testament des ombres est avant tout une belle réussite d’éditeur. Un beau livre d’art, magnifiquement illustré, original et singulier. Il plaira aux amateurs d’énigmes et servira sans doute des développements savants à venir.

De quoi s’agit-il ? D’un tableau. Un tableau de 1528 : « La Cène » de Pieter Coeck d’Alost, 1528, huile sur bois, 65 cm x 80 cm, collection privée. Peintre flamand, Pieter Coecke Van Aelst est le maître de Brueghel l’Ancien (et son beau-père). Mais il représente plus que cela. A l’instar de nombre d’artistes de son temps, il a un penchant discret pour les nouvelles idées de la Réforme et de son chantre Luther.

Luther, on le sait, désigne Rome et ses dérives fastueuses et politiciennes comme la nouvelle Babylone et préconise un retour aux textes bibliques originaux. Plus de sincérité et de vérité ne peuvent qu’emporter l’adhésion des artistes authentiques. Mais il convient d’être discret sous peine d’être brûlé vif comme hérétique ou sorcier…

Le petit château de Diderot, Roger Bruyeron

, le Jeudi, 07 Novembre 2013. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Le petit château de Diderot, Entretien d’un philosophe avec son ombre, juillet 2013, 18 € . Ecrivain(s): Roger Bruyeron Edition: Hermann

 

On croit connaître les grandes lignes de l’épopée intellectuelle de l’Encyclopédie, l’extraordinaire impact sur les courants de pensée, le rôle moteur des philosophes qui, sur deux longues décennies, interrompues par les abandons, la censure royale, ont osé s’y impliquer ; l’originalité dans son approche des techniques, son importance accordée à l’image… mais la richesse des thèmes abordés est inépuisable du fait même des changements de perspective que notre regard critique, évoluant par définition, suscite. Et le travail de fond sur un seul article, avec toutes les passerelles possibles, est une méthode certainement efficace.

Un simple article comme celui de Jouissance, qui aurait été mal ou non lu il y a cinquante ans prend avec les changements sociétaux des significations différentes. C’est la richesse de ces textes qui, les générations passant, se font littéralement re-lire, qui découvrent leur propre capacité à susciter l’émotion et la réflexion dans la nouvelle approche qu’en fait une société autre. Car ne nous trompons pas : les mœurs passées nous sont opaques, et nous aurions sans doute autant de mal à jouer les chrononautes sous Louis XV que du temps de Tibère.