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Livres décortiqués

Ainsi parlait Sénèque, Sénèque

Ecrit par Didier Smal , le Mercredi, 21 Octobre 2015. , dans Livres décortiqués, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Arfuyen

Ainsi parlait Sénèque, septembre 2015, trad. du latin par Louis Gehres, 172 pages, 13 € . Ecrivain(s): Sénèque Edition: Arfuyen

 

« Faciles etiam nos facere debemus, ne nimis destinatis rebus indulgeamus, transeamusque in ea in quae nos casus deduxerit, nec mutationem aut consilii aut status pertimescamus ». Ainsi s’exprimait Lucius Annaeus Seneca, plus connu sous le nom de Sénèque (1-65), dans son traité intitulé De la Tranquillité de l’âme. On peut, à la lecture de semblable étalage de sagesse, et ainsi que le rappelle Louis Gehres dans l’aussi brève qu’essentielle préface du présent Ainsi Parlait Sénèque : Dits et Maximes, choisir le camp de Nietzsche, qu’irritait profondément le philosophe latin, et qualifier à notre tour Sénèque de « toréador de la vertu », moquer celui qui prône une saine distanciation par rapport aux vétilles de l’existence tout en vivant lui-même dans un confort parfait pour l’époque – même si sa fin par suicide sur ordre de Néron n’est quant à elle guère enviable. On peut de même se rallier à l’opinion de Chateaubriand qui épinglait un Sénèque qui « au milieu de ses trésors écrivait sur le mépris des richesses ». On peut, et d’autres encore ont montré de l’agacement, pour dire le moindre, par rapport à la pensée de Sénèque. On peut aussi choisir de puiser dans les Dits et Maximes ici réunis un fonds de sagesse, quelques mots ou phrases qui résonnent à travers les siècles et possèdent encore un sens deux mille ans après leur rédaction.

Le Japon en guerre, 1931-1945, Haruko Taya Cook & F. Cook

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 09 Octobre 2015. , dans Livres décortiqués, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions de Fallois, Histoire

Le Japon en guerre, 1931-1945, 2015, 556 pages, 22 € . Ecrivain(s): Haruko Taya Cook & F. Cook Edition: Editions de Fallois

En 1992, deux universitaires américains, Haruko Taya et Theodore F. Cook publiaient en langue anglaise leur livre co-écrit et intitulé : Japan at War. On Oral History. Grâce aux éditions de Fallois, une récente et limpide version de cet ouvrage traduit dans notre langue par Danièle Mazingarbe nous ouvre cette fois son contenu. Le Japon en guerre/1931-1945 retient le titre français de ce volumineux rapport. Il déroule une remarquable et complémentaire revue de témoignages inédits, récoltés séparément auprès de rescapés du Japon impérialiste brisé à Hiroshima et Nagasaki. Ceux dont la parole est ici consignée avaient été acteurs ou témoins avisés de situations différemment rencontrées durant la guerre menée par leur pays pendant le second quart du XXe siècle, initialement en Chine, par la suite à travers un vaste secteur géographique, notamment celui de l’océan Pacifique face aux Etats-Unis.

L’originalité de cette compilation de déclarations rapportant des situations connues sur des lieux dispersés, tant depuis le début de la période que parmi le réseau bientôt très étiré de ce théâtre d’agitation internationale, réside avant tout dans le regard rétrospectif des interviewés sur ce qu’ils auront vu ou vécu, cinquante ans après. Ils sont des hommes ou femmes qui livrent ainsi généralement pour la première fois (avant 1992) leurs émotions conservées de ces épisodes auxquels ils avaient participé ou dont ils eurent au plus près connaissance.

Les Fleurs noires de Santa María, Hernán Rivera Letelier

Ecrit par Claire Mazaleyrat , le Mardi, 08 Septembre 2015. , dans Livres décortiqués, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Métailié

Les Fleurs noires de Santa María, mai 2015, trad. espagnol (Chili) par Bertille Hausberg, 214 pages, 10 € . Ecrivain(s): Hernan Rivera Letelier Edition: Métailié

 

Montez de la mine, descendez des collines, camarades

« Il faut graver dans sa caboche tout ce qui s’est passé, le marquer au fer rouge dans sa mémoire ; plus tard, ces tyrans vont vouloir camoufler cet horrible massacre ; il faudra être là pour le raconter à nos enfants et aux enfants de nos enfants pour qu’à leur tour ils le transmettent aux nouvelles générations. Il faut le faire savoir au monde entier, camarade, dit l’homme, commotionné » (p.202).

Sous le présage funeste des deux vautours qui accompagnent de leur ombre et de leur tendresse Olegario Santana, mineur solitaire de San Lorenzo, commence et s’achève le récit d’une lutte sociale essentielle et de la répression féroce qui s’ensuivit dans les compagnies chiliennes du salpêtre, alors à leur apogée, en 1907. Le récit est limpide comme l’évidence de sa fin dramatique. Olegario se joint à ses amis Domingo Dominguez, Jesus Pintor et le jeune Idilio Montaño, les amis se mettent en marche avec des centaines d’autres personnes vers Iquique, la capitale régionale, et dans le cortège ils marchent aux côtés de l’intrépide et valeureuse Gregoria Becerra et de ses enfants.

Malarrosa, Hernán Rivera Letelier

Ecrit par Claire Mazaleyrat , le Lundi, 31 Août 2015. , dans Livres décortiqués, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Métailié

Malarrosa, trad. espagnol (Chili) par Bertille Hausberg, 208 pages, 18 € . Ecrivain(s): Hernan Rivera Letelier Edition: Métailié

 

Debout, les damnés du salpêtre !


Le désert d’Atacama à l’orée duquel se déroulait le précédent récit est au cœur de ce roman plus flamboyant d’Hernán Letelier, qui illustre un réalisme-magique à la chilienne, à mi-chemin de Lucky Luke (son croque-mort inquiétant et lugubre, ses bordels où l’on danse entre deux parties de poker un charleston frénétique, ses longs chemins de fer désolés, ses balles perdues et ses dangereux hors-la-loi qu’un règlement de comptes refroidit vite fait bien fait) et des récits de Garcia Márquez : la jeune Malarrosa qui donne son nom au roman est dotée de pouvoirs aussi étranges que dérisoires, comme sa faculté à retrouver n’importe quel objet perdu et ses qualités extraordinaires de maquilleuse des morts, la guigne inexplicable qui poursuit son père jusqu’à ce que la jeune fille coupe pour lui sur son cadavre encore fumant le sixième doigt du meilleur joueur de poker de la région, Amable Marcelino.

Mark Twain, Œuvres en la Pléiade

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 20 Juin 2015. , dans Livres décortiqués, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, La Pléiade Gallimard

Mark Twain, Œuvres, la Pléiade, n° 604, 10 avril 2015, 1648 pages, 652 illustrations, prix de lancement jusqu’au 31 août 2015 : 58 € . Ecrivain(s): Mark Twain Edition: La Pléiade Gallimard

 

 

Mark Twain, Œuvres, traduit de l’anglais (États-Unis) par Thomas Constantinesco et Philippe Jaworski, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski avec la collaboration de Thomas Constantinesco, Paris, Gallimard, collection Bibliothèque de la Pléiade, n° 604, 10 avril 2015, 1648 pages, 652 illustrations, prix de lancement jusqu’au 31 août 2015 : 58 €

 

Ont été réunis, en ce magnifique volume de la collection Bibliothèque de la Pléiade, présentés dans l’ordre chronologique de leur parution, quatre ouvrages publiés par Mark Twain entre 1876 et 1894. Trois romans : Les Aventures de Tom Sawyer (1876), Aventures de Huckleberry Finn (1884-1885), La Tragédie de David Wilson le Parfait Nigaud (1894), et un – long – récit : La Vie sur le Mississippi (1883).