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L’ombre du crime, Panique sur Brive, Virginie Anglard (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mercredi, 29 Mai 2019. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’ombre du crime, Panique sur Brive, Editions Le Geste noir, mars 2019, 400 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): Virginie Anglard

 

Virginie Anglard livre ici un roman policier que l’on lit sans souffler de bout en bout, avec un suspense bien mené. Les chapitres font alterner personnages et lieux de Brive-la-Gaillarde et de ses environs. Brive-la-Gaillarde est une ville gastronomique de Corrèze qui héberge chaque année au mois de novembre le salon du livre qui porte son nom, événement très prisé des auteurs et des éditeurs. Mais ceci n’est peut-être qu’anecdotique. Il n’y a en effet nulle référence directe au livre et à l’édition dans ce roman qui met aux prises un assassin aux rituels pervers, une enquêtrice-stagiaire qui cache un lourd secret et deux victimes torturées. Ces deux victimes, deux belles femmes célibataires de quarante ans, l’une gérante d’une boutique de prêt-à-porter féminin, l’autre maire de Brive, disparaissent tour à tour et font l’objet d’une macabre mise en scène.

Peu à peu l’enquête avance, menée au commissariat de Brive par le commandant Victor Guiliano et ses adjoints les lieutenants Franck Bréchard, Befey et Djomo, personnages hauts en couleurs, dont les dialogues font vivre le récit.

Ceux que nous avons abandonnés, Stuart Neville (par Christelle Brocard)

Ecrit par Christelle d’Herart-Brocard , le Jeudi, 16 Mai 2019. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Rivages/noir

Ceux que nous avons abandonnés, avril 2019, trad. Fabienne Duvigneau, 370 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Stuart Neville Edition: Rivages/noir

 

En l’absence de sa femme et de son fils, M. Rolston a été sauvagement assassiné dans sa demeure. Les soupçons se tournent immédiatement vers les frères Devine, deux jeunes orphelins hébergés par la famille Rolston, que la police retrouve prostrés, couverts du sang de la victime.

Ciaran, le plus jeune de deux prévenus, ne tarde pas à passer aux aveux. Bien qu’il soit difficilement concevable qu’un gosse de douze ans puisse être l’auteur d’un crime si effroyable, rien ne permet de mettre en doute sa culpabilité. Il est dès lors incarcéré dans un établissement pénitentiaire pour mineurs et n’en ressortira qu’après avoir purgé une peine de sept ans. Son frère, Thomas, condamné, lui, pour complicité de meurtre, est relaxé deux ans plus tôt. Le jour de sa libération, Ciaran est confié aux soins d’une conseillère de probation, Paula Cunningham, qui se serait bien passée de cette mission d’une nature doublement délicate.

Le Cherokee, Richard Morgiève (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 29 Janvier 2019. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Joelle Losfeld

Le Cherokee, janvier 2019, 480 pages, 24 € . Ecrivain(s): Richard Morgiève Edition: Joelle Losfeld

 

Le Cherokee de Richard Morgiève porte superbement son titre, celui d’un des classiques de Jazz les plus célèbres, joués par Charlie Parker, Count Basie, Lee Konitz ou Wynton Marsalis. Un rythme staccato, très élevé, mais une sonorité retenue. Morgiève écrit sur ce tempo, sur ce son. Obsédant et possédé, comme l’est le Shérif Nick Corey, assailli par ses fantômes et ses blessures incurables. Car c’est bien le personnage qui occupe la place centrale du roman, détrônant la sacro-sainte enquête traditionnelle du roman noir. Morgiève se moque des codes du genre, une abracadabrante histoire d’avion sans pilote et d’invasion de Martiens vient pasticher avec ferveur les storytellers purs et durs. On peut en dire autant de l’éternel Serial Killer, le Dindon, dont on peut se demander s’il n’est pas celui de la farce.

Non, ce roman est une expédition spéléologique dans les profondeurs d’un homme, Nick Corey, dont les recoins de l’âme sont un paysage halluciné, peuplé de fantômes – ceux de son père et sa mère adoptifs adorés et sauvagement assassinés quand il était encore enfant – d’horreurs sanglantes, d’échecs amoureux, de pertes inlassables. L’âme d’un homme jeté dans la solitude et le désespoir d’une humanité haineuse et violente. Désespoir des humains, désespoir de soi, Corey ne se supporte pas lui-même, ne s’épargne pas la responsabilité de la déchéance du monde.

La Coupure, Fiona Barton (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Jeudi, 29 Novembre 2018. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Fleuve Editions

La Coupure, septembre 2018, trad. anglais Séverine Quelet, 480 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Fiona Barton Edition: Fleuve Editions

 

Comme tout bon roman policier, La rupture est une histoire de secrets.

Trois femmes, qu’au départ rien ne relie, rien ne prédestine à se rencontrer, sont marquées par l’annonce, en quelques lignes, dans un journal, de la macabre découverte du corps d’un nouveau-né sur un chantier de la banlieue de Londres. Le dossier se corse lorsqu’on apprend que les ossements du bébé datent de 42 ans auparavant. A des titres différents, ces trois femmes vont chacune renouer les fils de leur passé et mener une enquête individuelle qui les conduira vers une vérité – la verité ? Ont-elles un lien personnel ou un lien professionnel avec l’affaire ? Le doute persiste, au cours du roman, pour l’une des trois protagonistes.

Angela, mère de famille et jeune grand-mère, vit dans le souvenir de l’enlèvement de son premier enfant à la maternité quelque quarante ans plus tôt, et peine à tourner la page. Cette affaire est pour elle l’occasion sinon de percer le mystère, du moins d’obtenir une réponse : Alice, son bébé qui lui a été si tôt arraché, est-elle morte ou a-t-elle survécu ?

L’Epine blanche, Jacques Moulin (par Nathalie de Courson)

Ecrit par Nathalie de Courson , le Jeudi, 18 Octobre 2018. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, L'Atelier Contemporain

L’Epine blanche, septembre 2018, lecture de Michaël Glück, dessins de Géraldine Trubert, 111 pages, 20 € . Ecrivain(s): Jacques Moulin Edition: L'Atelier Contemporain

 

« L’épine blanche » (spina alba), autre nom de l’aubépine, c’est d’abord la plante qui représente la mère à laquelle le livre est consacré, mère morte également nommée tout au long du livre par une lettre D pour Denise, première lettre aussi des mots « décès » et « deuil ».

L’aubépine buissonnante ou épineuse. L’arbrisseau qui s’élève à tiges rameuses. D est seule à sa fenêtre face à la mer – sa prairie permanente. Spina alba. D la Blanche. La dame d’albâtre en ses falaises (p.75-76).

La mère « d’albâtre » aux cheveux blancs, les falaises crayeuses de Normandie, et en écho lointain les « pays calcaires sans littoral », région du Jura où son fils unique a élu domicile, enveloppent le texte dans un blanc sépulcral que mettent en valeur la couverture des belles éditions de L’Atelier contemporain et les paysages en gris-bleu et blanc des sobres dessins de Géraldine Trubert.

Deuil discipline d’écriture et devoir de notation. Le fils veut noter. Consigner l’essentiel avec des stop télégraphiques (p.14).