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Polars

Argent sale, Richard Stark

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 15 Mai 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Argent sale, traduit de l’anglais (USA) par Élie Robert-Nicoud, avril 2013, 268 pages, 20 € . Ecrivain(s): Richard Stark Edition: Rivages/Thriller

 

Dernier volet d’un triptyque (À bout de course, Demandez au perroquet, Argent sale), qui voit Parker courir après un magot impossible à écouler et chercher à échapper à la police et à ceux qui voudraient aussi mettre la main sur son butin. Argent sale est par ailleurs l’ultime aventure de Parker, parue en 2008, quelques mois avant la mort de son auteur.

Pour mémoire, dans les deux épisodes précédents, Parker, sorti de prison, se lançait dans l’attaque d’un fourgon blindé dont il s’avérait que le butin était composé de billets marqués. Non seulement impossibles à écouler, les billets en question mettaient la police sur les traces des braqueurs et entraînaient même l’arrestation de l’un d’eux. Traqué, Parker trouvait refuge chez un étrange ermite avec lequel il finissait par planifier l’attaque d’un champ de courses. Dans Argent sale, Parker décide de récupérer le butin abandonné dans une église malgré l’important dispositif policier mis en place. Aidé par sa compagne, Claire, par Mc Whitney, son complice lors de l’attaque du fourgon, et par Sandra, chasseuse de primes qui a basculé de son côté, Parker va donc jouer une dernière fois de ses talents de planificateur et de sa capacité à improviser face aux imprévus qui vont s’enchaîner et les mettre lui et Claire en danger.

Le coeur et la raison, Dorothy L. Sayers

Ecrit par Odile Alleguede , le Vendredi, 10 Mai 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Le cœur et la raison (titre original Gaudy Night), traduit de l’anglais Daniel Verheyde, Presses universitaires du Septentrion, novembre 2012, 448 p. 25 € . Ecrivain(s): Dorothy L. Sayers

 

 

Le succès commercial comme l’estime critique d’un livre tiennent souvent d’un double mystère. Mystère diégétique d’abord, ce monde interne à l’œuvre qui, dépeignant des destins singuliers et jailli de l’imagination de son auteur, parvient par la grâce du souffle narratif à parler au plus grand nombre. Mystère chronologique ensuite. Ce timing parfait qui fait que la sortie médiatique du livre coïncide avec la réceptivité intuitive du public à l’attendre. Sorti pour la première fois en 1935, Gaudy Night (Le cœur et la raison en français) que l’on pourrait traduire par « la nuit électrique », connut d’emblée succès et reconnaissance dans la perfide Albion. Une estime (et des ventes) qui consolidèrent dans les pays anglophones la réputation de Dorothy L. Sayers, romancière experte en coups fourrés à mi-chemin entre Agatha Christie et P.D. James.

Washington noir (Georges Pelecanos présente)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 07 Mai 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Nouvelles, Asphalte éditions

Washington noir, trad. USA par Sébastien Doubinsky février 2013, 280 p. 21 € . Ecrivain(s): George Pelecanos Edition: Asphalte éditions

 

Asphalte continue son tour du monde des grandes cités, versant noir. Aux USA, on savait pour Chicago bien sûr, pour NY, pour San Francisco et Los Angeles. La littérature policière, avec pour guides Chandler, Himes, Ellroy et combien d’autres, nous a conduits régulièrement dans ces antres du crime et de la violence urbaine. Pour Washington ça se sait moins : on imagine, de loin, une ville administrative, froide, à vastes espaces, bourgeoise.

Dès la préface, George Pelecanos nous révèle le Washington réel, celui que vivent ses habitants.

« Washington D.C. est la ville américaine où les différences de classe, de race et de culture sont les plus évidentes. Et les conflits ne se cachent pas sous la surface – l’expérience américaine est disséquée, discutée, vécue chaque jour, comme un poing dans la gueule. »

Nous voilà prévenus. Mais pas au point qu’on imagine ! Les nouvelles de ce recueil sont autant de coups de poing qui vont nous laisser sonnés. Il faut dire que le genre – la nouvelle noire – s’y prête particulièrement avec sa capacité de concentration des tensions, des conflits, des complexités les plus torves de l’âme humaine. Et le choix de Pelecanos est singulièrement sombre et détonnant.

Djibouti, Elmore Leonard

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 06 Mai 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Djibouti (Djibouti, 2010), traduit de l’anglais (USA) par Johanne Le Ray, 347 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Elmore Leonard Edition: Rivages/Thriller

 

 

Dans Dieu reconnaîtra les siens, paru en France en 2003, Elmore Leonard abordait de manière quelque peu anecdotique la question du génocide rwandais. C’était jusque-là une de ses rares incursions du côté de l’histoire récente et de l’actualité géopolitique. Avec Djibouti, il s’empare réellement pour la première fois d’un sujet d’une actualité brûlante, à savoir la piraterie dans le golfe d’Aden et l’activité d’Al-Qaïda dans cette région du monde.

Réalisatrice de documentaires, primée aux Oscars, Dana Barr débarque à Djibouti avec Xavier, son assistant septuagénaire, pour filmer les pirates somaliens à l’œuvre dans cette région, carrefour entre l’Orient et l’Occident où se croisent barbouzes, millionnaires texans en quête d’aventures, marines de guerre, méthaniers, islamistes radicaux et, donc, pirates embarqués dans des yoles et amateurs de 4x4 Toyota.

Aimer et laisser mourir, Jacques Olivier Bosco

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Vendredi, 03 Mai 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jigal

Aimer et laisser mourir, septembre 2012, 272 pages, 18,50 € Edition: Jigal

La mondialisation du crime organisé devient une affaire de géopolitique. De Nice à Bogotá, de Paris aux confins de Zagreb, on trafique de la drogue, des armes, de l’humain, on vend du sexe, on aime, on tue et parfois aussi, on laisse mourir.

Amanda et Lucas Beauvaux, surnommé « Le Maudit », les deux principaux héros du roman, vivent à des milliers de kilomètres de distance et rien, a priori, ne devrait les amener à lier leurs destinées… et pourtant…

Amanda est une pute de luxe, véritable bombe sexuelle de vingt-cinq ans, « associée » à Pompom le Corse, propriétaire de restaurants, de bars et de parts dans des casinos, solidement implanté, lui et sa bande, à Paris. En « mission » à Nice, elle se fourvoie dans un règlement de comptes de proxénètes Croates et ne sauve sa peau, in extremis, qu’en tuant l’un des malfrats. Manque de chance, il s’agit du jeune frère de Tchek Mordeck, l’un des principaux pontes du TEH (Trafic d’Etres Humains) dans les Balkans. Le Croate a la vengeance tenace et la vie d’Amanda ne tient plus qu’à un fil. La sienne ou à défaut, puisqu’elle arrive à leur échapper, celle de sa jeune sœur Mira, tombée en représailles entre les mains de ces esclavagistes du sexe. Amanda n’a plus qu’une idée en tête : sauver sa sœur, et ce, par tous les moyens possibles.