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Polars

Tu n’as jamais été vraiment là, Jonathan Ames

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 24 Septembre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire, Joelle Losfeld

Tu n’as jamais été vraiment là, (you were never really here) 29 août 2013. Trad (USA) Jean-Paul Gratias. 98 p. 12,90 € . Ecrivain(s): Jonathan Ames Edition: Joelle Losfeld

 

Ce petit opus est un concentré de roman noir. La violence – celle du héros par exemple - est totale et fascinante -, l’amertume, l’immoralité, le vice, et, flottant au-dessus de ce monde glauque, un air permanent de nostalgie. La littérature noire traîne toujours cet air-là, comme une aspiration constante à la rédemption, comme le regret d’une pureté perdue, impossible. La mémoire comme dernier refuge d’un bonheur évanoui.

« C’était la fin octobre, et il flottait dans l’air un parfum douceâtre, comme celui d’une fleur qui vient de mourir. Il pensa à une époque où il était heureux. Cela remontait à plus de vingt ans. »

Puis Joe repéra un taxi vert. Il aimait bien les taxis de Cincinnati. Les voitures étaient vieilles, les chauffeurs étaient noirs. Cela lui rappelait le passé. »

Joe est tanné par la vie, la guerre, le crime qu’il a combattu au FBI naguère. La douleur lui sert de deuxième peau, il a tout vu. Mais il reste un homme avec, en dépit des apparences, des lignes qu’on ne peut pas franchir sans le mettre en colère. Et quand Joe est en colère …

A chacun sa mort, Ross McDonald

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 18 Septembre 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

À chacun sa mort (The Way Some People Die, 1951), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Mailhos, mai 2013, 301 pages, 10 € . Ecrivain(s): Ross McDonald Edition: Gallmeister

 

Troisième volet des enquêtes du privé Lew Archer, À chacun sa mort fait provisoirement quitter au héros de Ross Macdonald les sphères de la haute société californienne sans pour autant l’extraire des affaires liées à des relations familiales perturbées.

Engagé par une veuve sans le sou dont la fille, Galatea, infirmière de son état et particulièrement séduisante, a disparu depuis plusieurs semaines, Archer se trouve entraîné dans une affaire qui voit s’accumuler meurtres et manipulations des quartiers résidentiels en déshérence, de Santa Monica aux bouges de San Francisco, en passant par les luxueuses villas de Palm Springs.

Séduit par la beauté de la jeune fille à la recherche de laquelle il se lance autant que par la glorieuse incertitude de l’enquête (« J’éprouvais cette espèce d’excitation plus visionnaire que divinatoire qui vous transporte lorsque tout peut arriver, et arrivera sans doute »), Archer se lance donc de nouveau tête baissée dans une affaire dans laquelle il pourrait laisser quelques plumes.

Diable rouge, Joe Lansdale

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 13 Septembre 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Denoël

Diable Rouge (Devil Red), traduit de l’anglais (USA) par Bernard Blanc, 2013, 318 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Joe Lansdale Edition: Denoël

 

C’est en l’an 2000 que le duo de quadragénaires texans, Hap Collins, blanc démocrate et hétérosexuel, et Leonard Pine, noir républicain et homosexuel, ont débarqué à la Série Noire avec L’arbre à bouteilles, roman noir âpre, violent mais aussi bourré d’humour. Assez vite, après un deuxième volet avec un arrière-plan social assez développé (Le mambo des deux ours), Joe Lansdale a infléchi la trajectoire de sa série en choisissant de l’axer presque totalement sur le divertissement avec plus ou moins de réussite selon les volumes, ce qui explique sans doute en partie le choix de la série Noire de ne plus l’éditer après le très moyen Tsunami mexicain. Après un passage chez les éphémères éditions Outside (Vanilla Ride, 2010), les deux acolytes rebondissent donc chez Denoël et sa nouvelle collection, Sueurs Froides. Heureusement.

Septième et dernier en date des romans mettant en scène le duo le plus violemment déjanté de l’East Texas, Diable Rouge voit de nouveau Hap et Leonard aux prises avec un tueur dont ils ont tôt fait de s’apercevoir qu’il sème depuis quelque temps un nombre important de cadavres.

Heureux veinard, S. G. Browne

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 02 Septembre 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Série Noire (Gallimard)

Heureux veinard (Lucky Bastard, 2012), traduit de l’anglais (USA) Christophe Mercier, 352 p. 22,50 € . Ecrivain(s): S.G. Browne Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Nick Monday est détective privé mais aussi « braconneur » de chance. C’est-à-dire que, comme quelques heureux élus, il a la capacité de voler la chance des autres pour la revendre. Un don a priori avantageux mais qui, comme toute médaille, a son revers ainsi qu’il peut le constater ce jour-là. Cela commence par une sublime jeune femme se présentant comme la fille du maire de San Francisco et demandant à Monday de retrouver la personne qui dérobé la chance de son père… sauf que, comme de bien entendu, le coupable est le détective. Puis cela continue avec le chef de la Mafia chinoise du coin, accro à la chance, qui exige que Monday se mette à son service. Mais c’est sans compter sur le FBI qui voudrait que Monday fourgue plutôt de la malchance au parrain asiate afin de pouvoir enfin lui mettre le grappin dessus.

L’idée de départ de S. G. Browne est donc, on le voit, particulièrement loufoque et prometteuse. Jouer avec les codes du polar, mettant en scène un détective – femmes fatales, cynisme, répliques bien envoyées et tabassages en règle du héros – en y instillant un élément fantastique, peut en effet se révéler amusant. De fait, ça l’est parfois, en particulier lorsque, comme avec les zombies dans Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour, l’auteur s’attache à révéler combien la condition surnaturelle du héros peut poser des problèmes très terre à terre.

61 heures, Lee Child

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 31 Août 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Calmann-Lévy

61 heures (61 hours, 2010), traduit de l’anglais (GB) par William Olivier Desmond, janvier 2013, 457 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Lee Child Edition: Calmann-Lévy

Dernier volume en date traduit en français mettant en scène l’indestructible Jack Reacher, 61 heures voit son héros échouer par hasard en pleine tempête de neige dans une bourgade perdue du Dakota du Sud. Bolton, ville qui s’est considérablement développée grâce à l’installation d’un complexe pénitentiaire, vit des moments difficiles. En effet, alors que la tempête fait rage, les services de police ont bien du mal à assurer la sécurité d’un témoin qui doit prochainement déposer devant un tribunal pour expédier en prison les dirigeants d’une bande de bikers spécialisée dans la fabrication de drogue de synthèse. Or, il semblerait qu’un narcotrafiquant mexicain ayant des intérêts dans l’affaire veuille se débarrasser de ce frein à son expansion.

Il y avait longtemps que le hasard, qui fait bien les choses, n’avait pas comploté pour coller Jack Reacher dans le pétrin. Ou plutôt pour coller ceux que croise Jack Reacher dans le pétrin… parce que bon, rappelons ici à ceux qui ne le connaîtraient pas encore, que Jack Reacher est un peu la version intelligente de Chuck Norris et qu’on ne la lui fait pas. On le verra donc ici porter secours à un groupe de retraités coincés dans un bus, envoyer en quelques secondes deux bikers à l’hôpital, faire baisser les yeux à cinquante autres, retrouver un fugitif par téléphone grâce à ses exceptionnelles capacités de déduction et, à l’occasion, expédier quelques méchant ad patres.