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Polars

61 heures, Lee Child

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 31 Août 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Calmann-Lévy

61 heures (61 hours, 2010), traduit de l’anglais (GB) par William Olivier Desmond, janvier 2013, 457 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Lee Child Edition: Calmann-Lévy

Dernier volume en date traduit en français mettant en scène l’indestructible Jack Reacher, 61 heures voit son héros échouer par hasard en pleine tempête de neige dans une bourgade perdue du Dakota du Sud. Bolton, ville qui s’est considérablement développée grâce à l’installation d’un complexe pénitentiaire, vit des moments difficiles. En effet, alors que la tempête fait rage, les services de police ont bien du mal à assurer la sécurité d’un témoin qui doit prochainement déposer devant un tribunal pour expédier en prison les dirigeants d’une bande de bikers spécialisée dans la fabrication de drogue de synthèse. Or, il semblerait qu’un narcotrafiquant mexicain ayant des intérêts dans l’affaire veuille se débarrasser de ce frein à son expansion.

Il y avait longtemps que le hasard, qui fait bien les choses, n’avait pas comploté pour coller Jack Reacher dans le pétrin. Ou plutôt pour coller ceux que croise Jack Reacher dans le pétrin… parce que bon, rappelons ici à ceux qui ne le connaîtraient pas encore, que Jack Reacher est un peu la version intelligente de Chuck Norris et qu’on ne la lui fait pas. On le verra donc ici porter secours à un groupe de retraités coincés dans un bus, envoyer en quelques secondes deux bikers à l’hôpital, faire baisser les yeux à cinquante autres, retrouver un fugitif par téléphone grâce à ses exceptionnelles capacités de déduction et, à l’occasion, expédier quelques méchant ad patres.

7 jours, Deon Meyer

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 28 Août 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Afrique, Seuil

7 jours (Seven Days), traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet, Seuil Policiers, mai 2013, 487 pages, 22 € . Ecrivain(s): Deon Meyer Edition: Seuil

 

La police du Cap est confrontée à un sniper décidé à abattre un policier par jour tant que l’enquête sur la mort de la jeune avocate d’affaires, Hanneke Sloet, n’aura pas été rouverte. Alors que Mbali Kaleni se lance à la poursuite du tueur, c’est à Benny Griessel qu’est confiée l’enquête sur la mort de Sloet.

Un an après l’ambitieux – et inégal – À la trace, Deon Meyer retrouve donc Kaleni et Griessel, personnages qu’il avait creusés précédemment dans 13 heures. C’est encore dans une intrigue resserrée dans le temps qu’il décide de les faire évoluer, sans cependant chercher cette fois à verser dans le thriller si ce n’est dans quelques derniers chapitres qui voient le rythme s’emballer très sensiblement.

Roman d’enquête de facture classique, 7 jours, publié quatre ans après 13 heures, s’intéresse moins aux relations interethniques de la nation arc-en-ciel qui étaient au centre de ce dernier qu’aux problèmes de corruption et aux dérives des affairistes, nous donnant par ailleurs à voir – même de manière anecdotique – l’arrivée sur un marché africain à conquérir des puissances émergentes que sont la Chine et la Russie.

Né sous les coups, Martyn Waites

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 21 Août 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, La rentrée littéraire, Rivages/Thriller

Né sous les coups (born under punches) 21 août 2013. trad de l’anglais Alexis Nolent. 459 p 22€ . Ecrivain(s): Martyn Waites Edition: Rivages/Thriller

 

Si vous n’avez pas une grande sympathie pour « la dame de fer », Margaret Thatcher, la lecture de ce livre vous la fera détester à jamais. L’action de ce roman se situe alternativement dans deux époques : « maintenant » et « avant ». « Avant » c’est 1984 avec en fond d’écran permanent et souvent même au cœur de l’action, la dernière grande grève ouvrière en Angleterre, la grève des mineurs du printemps 84, écrasée par la répression du gouvernement Thatcher. 1984, l’Angleterre bascule dans une nouvelle ère, sinistre. Comment ne pas évoquer, au passage, le 1984 de George Orwell ?

« Les temps modernes, tels que nous les connaissons, ont débuté le lundi 28 mai 1984. (…) C’est ce jour-là que notre pays a changé pour toujours, que la bombe à retardement a été enclenchée et le compte à rebours lancé. Et où ce singulier événement a-t-il eu lieu ? A Orgreave, près de Rotherham, dans le South Yorkshire. »

Ce jour-là, et Martyn Waites nous le fera vivre au plus près, la police aux ordres du gouvernement Thatcher écrase la dernière manifestation des mineurs dans le sang. C’est une certaine idée de l’Angleterre qui meurt, celle des trade unions, des confréries, des camarades, des solidarités dans les quartiers. « Maintenant », c’est autre chose :

Le tueur se meurt, James Sallis

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 09 Juillet 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Le tueur se meurt (The killer is dying), traduit de l'anglais (USA) par Christophe Mercier et Jeanne Guyon avril 2013, 264 p. 20 € . Ecrivain(s): James Sallis Edition: Rivages/Thriller

 

Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d'un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement

Charles Baudelaire. Les Phares

 

Baudelaire ici parce que dans ce quatrain est concentré l’univers de ce chef-d’oeuvre noir de James Sallis. Univers de la chute, de l’impiété, du meurtre et du châtiment. The killer is dying dit le titre original. La syntaxe anglaise est plus explicite que la française. Progressive form. C’est bien là le génie de Sallis qui va distiller, instiller, son récit au goutte-à-goutte comme les liquides jaunâtres qui coulent des poches suspendues au-dessus des patients, cassés, blessés, mourants des hôpitaux qui parsèment le chemin de Chrétien. Chrétien, c’est le nom du héros tueur !

Djebel, Gilles Vincent

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 08 Juillet 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jigal

Djebel, 256 pages, 8,80 € . Ecrivain(s): Gilles Vincent Edition: Jigal

 

Djebel a pour point de départ la mechta d’Ouadhia en Kabylie. En mars 1960, un détachement de la compagnie du 7e régiment de chasseurs, commandé par le capitaine Murat, campe sous la tente. Le jeune Antoine Berthier, opérateur radio, monte la garde en murmurant des vers de Victor Hugo. Berthier a de la chance. Dans trois jours, c’est la quille, le retour en France, sain et sauf, là où tant d’autres ont laissé leur peau. Quitter l’Algérie dont il ne connaît que « la caillasse et le sang séché » devrait le remplir de joie. Et pourtant, la perspective des retrouvailles l’effraye et le couvre de honte… « Tout le monde s’en est fait un, ici »… tout le monde, sauf lui.

Pas question pour trois gradés de la compagnie de le laisser rentrer « bredouille ». Ce qui se passe ensuite relève de l’impensable, de l’ignoble, de l’inhumain. Trop, beaucoup trop, pour un jeune homme qui choisit sur le bateau qui le ramène vers sa mère et sa sœur jumelle, vers Marseille et ses collines natales de Trets, de se donner la mort plutôt que d’affronter pour le restant de son existence le remords. Pour l’armée, pas question de dire la vérité à la famille. Pendant quarante et une années, Antoine sera mort au combat.