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Polars

Animaux solitaires, Bruce Holbert

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 21 Octobre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Animaux solitaires (Lonesome Animals, 2012), traduit de l’anglais (USA) par Jean-Paul Gratias, août 2013, 327 pages, 23,60 € . Ecrivain(s): Bruce Holbert Edition: Gallmeister

 

« Il s’était senti justifié de semer le chaos dans le poste de police, mais le taureau était sans aucun doute une riposte déraisonnable. Strawl avait supposé que l’animal se ruerait sur les flics et les coincerait quelque part, le temps qu’il rassemble les documents qu’il recherchait, mais une fois lâché, le taureau s’était révélé trop semblable à Strawl, un projectile, sorti d’un canon qui fonce dans la direction choisie par quelqu’un d’autre, aussi inconscient des dégâts que le plomb lui-même ».

En 1932, dans l’État de Washington, un tueur mutile et expose des corps d’Indiens. Ancien officier de police, Russell Strawl est devenu un mythe. Implacable, n’hésitant pas à abattre les fuyards qu’il était chargé de récupérer (« Pendant les dix ans qui précédèrent son mariage […] Il tua 11 fuyards car, en raison des circonstances, c’était trop compliqué de les ramener vivants »), Strawl est un homme que tout le monde craint, un animal solitaire et imprévisible. Bref il est à la fois l’homme idéal pour mettre la main sur ce tueur et le suspect le plus plausible.

Loupo, Jacques-Olivier Bosco

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 07 Octobre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Jigal

Loupo, septembre 2013, 200 pages, 16,80 € . Ecrivain(s): Jacques-Olivier Bosco Edition: Jigal

 

Il y a du Jacques-Olivier Bosco dans le personnage de Loupo, à moins que ce ne soit l’inverse. Inutile de chercher dans la biographie de l’auteur des points communs avec le parcours chaotique du héros de son dernier polar. Non, l’identification que l’on flaire à chaque page du roman ne passe ni par les origines, ni par l’enfance abandonnée, ni par un CV de bandit spécialisé dans les braquages… Si Bosco est Loupo, ou l’inverse, c’est par la sensibilité exacerbée, par l’incapacité à guérir les bleus à l’âme infligés par les injustices, par la recherche perpétuelle d’un refuge salvateur dans l’amitié virile, le credo dans des valeurs humaines qui se dressent comme autant de remparts face à la désespérance, la jouissance dans l’amour qui donne encore envie d’y croire et de s’accrocher à l’existence. Écorchés, à vif, l’un et l’autre. Parfois désabusés, mais jamais cyniques. La rage en partage, mais aussi et surtout la tendresse.

Loupo, c’est un ancien môme de l’Assistance Publique d’Évry, comme son pote Kangou, le frappé des gros cubes. « Deux loups solitaires et méfiants », 25 piges chacun et déjà à leur actif pas mal de braquages de postes et de banques sur Paris et sa banlieue et qui bénéficient des tuyaux de Le Chat, leur « prospect », au parfum des mouvements de fonds et des sécurités mises en place. Les motos volées et trafiquées pour Kangou, les décisions et les flingues pour Loupo.

De bons voisins, Ryan David Jahn (2ème critique)

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 01 Octobre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Babel (Actes Sud)

De bons voisins, traduit de l’américain par Simon Baril, mai 2013, 270 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Ryan David Jahn Edition: Babel (Actes Sud)

 

Les oiseaux de nuit


Le tableau d’Edward Hopper peint en 1942 et intitulé Oiseaux de nuit suggère par sa thématique la vie des personnages de ce roman. Comme les hôtes esseulés du bar aquarium de Hopper, les protagonistes de De bons voisins évoluent dans un univers de désillusion, de solitude et de vide existentiel. Si les clients de Hopper s’attardent dans cet espace saloon, l’air hagard dans la lumière artificielle des néons, pendant qu’à l’extérieur les ténèbres écrasent le monde d’un sommeil sans rêve, nos personnages sont eux aussi des noctambules.

Le roman se concentre sur un laps de temps très court. L’action se déroule entre quatre heures et six heures du matin. C’est le temps de l’agression de Kat. C’est aussi au cours de cette nuit que les différents personnages se décident à prendre ou non leur destin en main.

La femme qui valait trois milliards, Boris Dokmak

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 26 Septembre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La femme qui valait trois milliards, Editions Ring, Collection Ring Noir, avril 2013, 638 pages, 21 € . Ecrivain(s): Boris Dokmak

 

Monumental thriller à l’américaine, écrit par un auteur français né en Ukraine.

2013, coup de tonnerre dans l’actualité « pipole » : Paris Hilton, vedette à scandales, a disparu… Comment est-ce possible ? L’opinion est divisée : on y croit, on n’y croit pas, coup publicitaire, suicide, meurtre, enlèvement, isolement volontaire ?

Alors imaginez Paris Hilton, la plus connue des stars, sans cesse survolée, poursuivie, filmée, photographiée… et par ailleurs toujours accompagnée par deux gardes du corps : comment aurait-elle pu disparaître… ?

2023, de Hollywood, le père de Paris Hilton lance à la recherche de sa fille Albert Almayer, détective privé alcoolique et misanthrope qu’il a fait kidnapper au milieu de la mer d’Oman…

Je veux que vous la cherchiez ; je veux que vous la retrouviez ; je veux qu’à terme vous me la rameniez… Je veux que ma fille Paris rejaillisse, pure et immaculée, de tout ce putain de fumier…

Tu n’as jamais été vraiment là, Jonathan Ames

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 24 Septembre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire, Joelle Losfeld

Tu n’as jamais été vraiment là, (you were never really here) 29 août 2013. Trad (USA) Jean-Paul Gratias. 98 p. 12,90 € . Ecrivain(s): Jonathan Ames Edition: Joelle Losfeld

 

Ce petit opus est un concentré de roman noir. La violence – celle du héros par exemple - est totale et fascinante -, l’amertume, l’immoralité, le vice, et, flottant au-dessus de ce monde glauque, un air permanent de nostalgie. La littérature noire traîne toujours cet air-là, comme une aspiration constante à la rédemption, comme le regret d’une pureté perdue, impossible. La mémoire comme dernier refuge d’un bonheur évanoui.

« C’était la fin octobre, et il flottait dans l’air un parfum douceâtre, comme celui d’une fleur qui vient de mourir. Il pensa à une époque où il était heureux. Cela remontait à plus de vingt ans. »

Puis Joe repéra un taxi vert. Il aimait bien les taxis de Cincinnati. Les voitures étaient vieilles, les chauffeurs étaient noirs. Cela lui rappelait le passé. »

Joe est tanné par la vie, la guerre, le crime qu’il a combattu au FBI naguère. La douleur lui sert de deuxième peau, il a tout vu. Mais il reste un homme avec, en dépit des apparences, des lignes qu’on ne peut pas franchir sans le mettre en colère. Et quand Joe est en colère …