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Polars

Donnybrook, Frank Bill

Ecrit par Yan Lespoux , le Dimanche, 16 Mars 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Série Noire (Gallimard)

Donnybrook (Donnybrook), traduit de l’anglais (USA) par Antoine Chainas, février 2014, 234 p. 17,50 € . Ecrivain(s): Frank Bill Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Vous vous souvenez peut-être de la série télévisée Shérif fais-moi peur (The Dukes of Hazzard en VO) avec Bo et Luke Duke, l’oncle Jesse, la cousine Daisy, le machiavélique Boss Hogg et le shérif un peu demeuré Rosco P. Coltrane et son basset hound Flash.

Imaginez maintenant qu’au lieu de produire de la gnôle de contrebande, l’oncle Jesse se soit mis à fabriquer de la méthamphétamine, que Bo et Luke, au lieu de faire des combats de boxe, s’essaient, complètement défoncés, aux arts martiaux dans des combats à mort, que la cousine Daisy ait gardé ses mini-shorts en jean mais abandonné son côté légèrement pudibond pour laisser libre cours à ses tendances nymphomanes et à son amour de la meth, que Rosco soit devenu moins bête et mis à la musculation, et que Boss Hogg ait abattu Flash pour le remplacer par une meute de pitbulls avant de se mettre à organiser le plus grand tournoi de combats à mains nues et à mort du sud des États-Unis. Alors vous aurez une assez bonne idée de l’ambiance de Donnybrook.

Petite Louve, Marie Van Moere

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 12 Mars 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La Manufacture de livres

Petite Louve, janvier 2014, 268 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Marie Van Moere Edition: La Manufacture de livres

 

Quelque part au-dessus des calanques, une femme abat un homme ; celui-là même qui a violé sa fille. En assouvissant cette vengeance, elle met en branle toute une série d’événements et devient avec sa fille la proie des frères du violeur, gitans sédentarisés et criminels endurcis, qui vont la poursuivre sur les routes de Corse où elle pensait se faire oublier.

Pour ce premier roman, Marie Van Moere choisit de traiter un thème vieux comme l’Homme et donc la tragédie ; celui du cycle de la violence et de la vengeance. Appliquant la loi du talion, prenant la vie de celui qui a brisé celle de son enfant, cette mère enclenche un engrenage qu’elle ne maîtrise pas et que, d’évidence, aveuglée par l’obsession de faire payer le coupable, elle n’a jamais réellement envisagé de maîtriser.

À partir de là, tout en menant une course-poursuite sans temps mort et en ménageant un suspense bien maîtrisé révélant au lecteur attentif des événements à venir pour mieux dissimuler d’autres surprises plus inattendues, Marie Van Moere peut jouer sur les contrastes et les oppositions.

Le duel, Arnaldur Indridason

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 03 Mars 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Métailié

Le Duel, traduit de l’Islandais par Eric Boury, février 2014, 310 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Arnaldur Indridason Edition: Métailié

 

Cette livraison du désormais imposant Arnaldur fournira encore au lecteur mille et une surprises. Au reste, que l’Islandais nous surprenne n’est même plus une surprise. Indridason démontre ici non seulement sa maîtrise mais aussi et surtout son souffle.

Ce souffle qui manqua cruellement à la jeune tuberculeuse Marion Briem (la future « Chef » d’Erlendur…) soignée à l’ancienne dans un sanatorium danois bien avant que la moderne biochimie dirimante ne relègue au musée des horreurs ces tortures d’un âge pourtant proche.

Ce souffle retrouvé – à quel prix – par la jeune archiviste Marion Briem à la mémoire d’éléphant plongée enfin sur le terrain.

Ce souffle historique qui illumina Reykjavik en 1972 et suspendit le monde entier accroché aux caprices de Bobby Fischer et au marbre poli de Boris Spassky ; ce souffle de guerre très froide entre les blocs de l’Ouest et de l’Est.

Gun Machine, Warren Ellis

Ecrit par Adrien Battini , le Mardi, 18 Février 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Le Masque (Lattès)

Gun Machine, traduit de l’anglais par Claire Breton, janvier 2014, 304 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Warren Ellis Edition: Le Masque (Lattès)

 

Les barrières entre les différentes formes d’écriture s’effritent à l’image de ces trajectoires d’auteurs qui ont allègrement franchi le Rubicon en abandonnant la noble prose pour s’encanailler avec le comics… à moins que ce ne soit l’inverse. Orson Scott Card, Neil Gaiman, Scott Snyder, Joe Hill, Greg Hurvitz, Peter David, Alan Moore, Grant Morrison, Dan Abnett, cette liste, sans être exhaustive est relativement significatrice de cette tendance à varier ou croiser les genres dans l’espace littéraire anglo-saxon contemporain. Dernier en date à abandonner (provisoirement) le monde des collants et autres slips moulants, le génial Warren Ellis, créateur de ces œuvres fondamentales que sont The Authority, Planetary et Transmetropolitan. Après Artères Souterraines paru en 2010 au Diable Vauvert, les éditions Du Masque nous proposent sa deuxième cartouche sobrement intitulée Gun Machine.

Il est plutôt étonnant de retrouver Warren Ellis, plutôt familier des séries estampillées SF ou Anticipation, aux manettes d’un pur polar, un genre auquel il ne vous avait guère habitués dans ses travaux de bande dessinée. Le britannique se coule sagement dans les clous du roman policier et la joue by the book.

Tuez qui vous voulez, Olivier Barde-Cabuçon

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 17 Février 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Actes Noirs (Actes Sud)

Tuez qui vous voulez, une enquête du commissaire aux morts étranges, février 2014, 384 p. 22,90 euros . Ecrivain(s): Olivier Barde-Cabuçon Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

Troisième volet des enquêtes de Volnay, le commissaire aux morts étranges, Tuez qui vous voulez plonge le lecteur à la veille de Noël 1759 dans un Paris trouble, partagé entre l’excitation des fêtes données par Louis XV, les remous subversifs politico-religieux des convulsionnaires, héritiers des jansénistes, les intrigues, les luttes intestines entre les services de police, les Affaires étrangères et le Secret du Roi, avec d’un côté Sartine, le duc de Choiseul, et de l’autre le Chevalier d’Éon et la tentative de résurrection par un inconnu d’une fête moyenâgeuse transgressive : la fête des fous.

Autant d’ingrédients sulfureux, propres à brouiller les pistes pour brosser le portrait d’une capitale à deux doigts de l’implosion.

«La semaine dernière reprit Sartine d’une voix sourde, nous avons connu une émeute. Un laquais avait dit des sottises à ses maîtres. Pour le punir, on le condamna à être exposé en public au carcan avant d’être conduit en prison au Châtelet. On n’eut pas le temps de planter le poteau du carcan que la populace s’en émut, balaya les rangs des archers du guet et brisa le poteau. Les archers durent tirer, faisant plusieurs morts. Le quartier est resté en ébullition jusqu’à la nuit malgré les renforts envoyés sur place. »