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Polars

L’ombre des chats, Arni Thorarinsson

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 13 Mai 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Métailié

L’ombre des chats (Ár kattarins), octobre 2014, traduit de l’islandais par Eric Boury, 300 pages, 20 € . Ecrivain(s): Arni Thorarinsson Edition: Métailié

 

L’ombre des chats nous permet de retrouver le journaliste du « Journal du soir », Einar, qui va peut-être se trouver à un tournant de sa carrière. Cela commence par un mariage entre femmes au cours duquel une plaisanterie au goût pour le moins douteux sera déposée au milieu des cadeaux aux mariées. Mais est-ce bien une plaisanterie ? La question se pose d’autant plus lorsque quelques jours après l’une des mariées est retrouvée morte. Apparemment un suicide partagé avec son ex, mais un suicide assisté par ordinateur ! Dans le même temps, Einar reçoit d’étonnants SMS, ressemblant à de la drague. Des SMS en provenance du porte-parole du parti socialiste qui est sur le point de déclarer sa candidature à la présidence du Parti.

Bien des évènements se bousculent et Einar va devoir en plus gérer l’absence de collègues, dont celle du rédacteur en chef, son mentor et son modèle en matière de journalisme et de déontologie. Comme dans la vie, un événement en bouscule un autre, à peine un problème trouve-t-il une ébauche de réponse qu’un autre survient. Le privé et le professionnel s’emmêlent et le héros, tout comme le lecteur, ne sait plus où donner de la tête. On se dit que là, on n’est pas comme dans un roman ou un film, avec une relative unité de lieu, de temps et d’action, mais plutôt au cœur d’un journal en train de se fabriquer, d’enquêtes en train de piétiner, de vies en train de se chercher.

L’appât, José Carlos Somoza

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 13 Mai 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne, Babel (Actes Sud)

L’appât, octobre 2014, traduit de l’Espagnol par Marianne Million, 533 pages, 9,80 € . Ecrivain(s): José Carlos Somoza Edition: Babel (Actes Sud)

 

Visage, Sentiment, Masque


Nous sommes à Madrid. Un tueur sévit dans la ville. Il retient des victimes et les tue selon un rituel bien précis. La police madrilène enquête et lâche dans la nuit des appâts, qui sont des agents profileurs d’un genre nouveau, afin de l’attirer et le neutraliser en vain. Des victimes continuent de disparaître. C’est ainsi que Diane, un appât expert, prêt à décrocher pour une vie « normale », entre en scène. Elle a du mal à attirer le criminel dans son piège d’autant plus que sa hiérarchie la surveille jour et nuit car Diane constitue une menace pour l’institution. En pleine enquête, sa sœur, appât elle aussi mais inexpérimentée, disparaît. Diane est plus que jamais déterminée à arrêter le coupable en employant les moyens les moins orthodoxes. La vérité va cependant éclater et Diane est à son tour prise au piège…

Du sang sur l’arc-en-ciel, Mike Nicol

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 04 Mai 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman, Seuil

Du sang sur l’arc-en-ciel (Of cops and Robbers), mars 2015, trad. de l’anglais (Afrique du Sud) par Jean Esch, 493 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Mike Nicol Edition: Seuil

 

Après sa trilogie Vengeance, dont on attend d’ailleurs le troisième volet après La dette et Killer Country, Mike Nicol continue dans le roman noir en suivant un nouveau héros, le détective privé Fish Pescado. Surfeur, un peu dealer d’herbe pour boucler ses fins de mois et comptant plus ou moins sur sa compagne avocate, Vicki Kahn, pour manger à sa faim, Pescado n’est pas vraiment un de ces personnages rugueux et durs à cuire à l’image de Mace et Pylon, précédents héros de Nicol. Mais en acceptant d’enquêter pour le compte du cabinet de Vicki sur une affaire de délit de fuite, il se trouve entraîné dans une affaire qui le dépasse.

Comme dans les précédents livres noirs de Mike Nicol, le passé de l’Afrique du Sud ressurgit – à travers ici les exactions d’une sorte d’escadron de la mort opérant entre les années 1970 et 1990 – pour mieux éclairer le présent. Car ce que veut montrer l’auteur c’est avant tout ce qui se cache, souvent bien mal d’ailleurs, derrière l’image lissée de la nation arc-en-ciel. Corruption, collusions, trafics, et, bien entendu, la pauvreté extrême d’une bonne partie de la population, sont au cœur de Du sang sur l’arc-en-ciel.

Cry Father, Benjamin Whitmer

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 13 Avril 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Cry Father (Cry Father), mars 2015, trad. de l’anglais (USA) par Jacques Mailhos, 320 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Benjamin Whitmer Edition: Gallmeister

« – Tu te rappelles de l’hôpital ?

Il fait non de la tête.

– Tu as deux os fêlés, un muscle claqué, une foulure au poignet. Je ne savais même pas qu’on pouvait se fouler le poignet, mais c’est ce que tu as fait. Tu as aussi le nez cassé. Apparemment, tu as dû te faire ça en te prenant le plancher de ta cabane en pleine face à peu près juste avant ton deuxième pas dans l’entrée. Il a aussi été question des taux de cocaïne et d’alcool que tu avais dans l’organisme, tous deux suffisamment élevés pour être potentiellement mortels.

– De l’intérieur, ça paraissait bien pire, dit Patterson ».

Depuis que Justin, son fils, est mort, Patterson Wells sombre dans la dépression et l’alcool. Entre deux chantiers sur lesquels il travaille aux quatre coins du pays, il revient dans sa cabane de la Mesa, sur les hauteurs encore sauvages de Denver. Ici l’isolement le préserve un peu d’un monde extérieur dans lequel il ne désire plus vivre. Mais son aspiration à la solitude est bousculée par sa rencontre avec Junior, le fils de son ami Henry. Brouillé à mort avec son père, violent, drogué, Junior brûle la chandelle par les deux bouts et sa vie n’est rythmée que par ses bagarres de bar et ses voyages entre le Colorado et le Mexique pour convoyer de la drogue.

Toutes les vagues de l’océan, Victor del Árbol

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 01 Avril 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne, Actes Noirs (Actes Sud)

Toutes les vagues de l’océan (Un millón de gotas), février 2015, trad. de l’espagnol par Claude Bleton, 608 p. 23,80 € . Ecrivain(s): Victor del Arbol Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

Attendu par les amateurs depuis des mois, le troisième titre d’un maître du thriller « made in Barcelona » traduit en France, toujours chez Actes Sud et dans une traduction de Claude Bleton : Toutes les vagues de l’océan (Un millón de gotas) de Víctor del Árbol. Un roman qui a demandé à son auteur, de son propre aveu, un important travail et qui fut plus « éprouvant » que les précédents (La maison des chagrins / Respirar por la herrida ; La tristesse du samouraï / La tristeza del samurai ; précédé par El peso de los muertos (pas traduit) et El abismo de los sueños (primé mais pas publié).

Un avocat discret, un peu débordé par la vie et les événements, Gonzalo Gil, est confronté à la mort de sa sœur, Laura, et à tout ce que celle-ci va entraîner. C’est que Laura, son aînée de quelques années, n’est pas quelqu’un de très ordinaire. Elle a commencé par publier un article qui contestait la légende entourant la vie et la disparition de leur père, est entrée dans la police alors que d’autres carrières, plus enviables, se présentaient à elle, s’est retrouvée dans une enquête qui semble avoir coûté la vie à son jeune fils pour être finalement accusée d’avoir cruellement exécuté l’assassin de celui-ci avant de se donner la mort. Gonzalo a du mal à simplement admettre ce qui s’est passé, ce qui se serait passé, et va partir à la chasse aux fantômes de son père, éveillant d’autres fantômes, encore trop vivants.