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Polars

Cassandra, Todd Robinson

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 02 Septembre 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Gallmeister, La rentrée littéraire

Cassandra (The Hard Bounce), août 2015, trad. de l’anglais (USA), par Laurent Bury, 380 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): Todd Robinson Edition: Gallmeister

 

« Junior se dirigea vers eux à grands pas, la colère lui donnait un coup de soleil irlandais.

– Je vais te tuer et t’enculer après, tapette !

Je n’étais pas sûr que Junior pensait ce qu’il disait, mais je lui emboîtais le pas.

– Ouais, il est pas gay, c’est juste qu’il aime enculer les morts.

Dans les grands rétroviseurs, je vis la peur sur le visage de Mulet. Tout à coup, il se pencha pour ramasser quelque chose. J’étais à peu près sûr que ce n’était pas un chaton ».

Ainsi va la vie pour Boo et Junior, videurs du Cellar, boîte miteuse de Boston, et pas vraiment des prix Nobel de la Paix. Jusqu’au jour où les deux amis inséparables depuis l’orphelinat sont contactés par le procureur de la ville qui voudrait récupérer discrètement sa fille fugueuse. Dès lors, leur vie pas vraiment fabuleuse va devenir carrément dégueulasse.

La filière afghane, Pierre Pouchairet

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 06 Juillet 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Jigal

La filière afghane, mai 2015, 272 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Pierre Pouchairet Edition: Jigal

 

Rarement un roman policier a entretenu des liens aussi étroits avec la réalité et l’actualité. Que l’action se situe dans la banlieue de Nice ou en Afghanistan, Pierre Pouchairet, sans sacrifier un seul instant à l’intrigue fictionnelle, sait faire partager au lecteur une expérience de terrain, accumulant les détails et les situations véridiques. Il faut tout de suite préciser que l’auteur, ancien commandant de la police nationale, chef de groupe aux stups, attaché de sécurité intérieure à Kaboul puis au Kazakhstan, possède à merveille son sujet. Son héros, Gabin, capitaine de police d’un groupe de stups au sein de l’antenne PJ de Nice, enquête avec son équipe sur un trafic de stupéfiants dans le quartier de l’Ariane. Des informations vont le mettre sur la trace d’un trafiquant Franco-Afghan qui, sous couvert de diriger une ONG, se livre au commerce du hachich et de l’héroïne en provenance d’Afghanistan. Un travail de longue haleine commence, alors que la France est secouée par une vague d’attentats terroristes.

Mission Confidentielle, Lee Child

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 30 Juin 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Calmann-Lévy

Mission Confidentielle (The Affair), avril 2015, trad. de l’anglais (GB) par Elsa Maggion, 394 p. 21,90 € . Ecrivain(s): Lee Child Edition: Calmann-Lévy

Pour cette seizième aventure de Jack Reacher, l’homme capable de faire d’une brosse à dent une arme de destruction massive, Lee Child choisit de revenir sur les origines de Reacher, de montrer comment son héros est devenu l’homme sans attaches qui traverse les États-Unis pour protéger la veuve et l’orphelin à grands coups de tatanes.

Ce genre de prequel n’est généralement pas de très bon augure et peut apparaître comme une certaine incapacité de l’auteur à se renouveler. Mais enfin, bon, Lee Child se renouvelle-t-il vraiment depuis ses tous premiers romans, de toute façon ? Et est-ce là ce que son lecteur attend ? Voilà des questions qui méritent d’être posées. En gros, ce que l’on attend d’une aventure de Jack Reacher, ce sont ces dialogues surréalistes de série Z et les bagarres à la Jean-Claude Van Damme qui vont avec :

« – Donne-moi une seule raison de ne pas descendre du pick-up pour te botter le cul ?

– Deux-cent six plutôt, répondis-je.

– Quoi ?

– C’est le nombre d’os que tu as dans le corps ».

Torpedo Juice, Tim Dorsey

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 25 Juin 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Torpedo Juice (Torpedo Juice), juin 2015, trad de l’anglais (USA) par Jean Pêcheux, 409 pages, 23 € . Ecrivain(s): Tim Dorsey Edition: Rivages/Thriller

 

Le revoilà. Serge A. Storms, psychopathe, schizophrène, paranoïaque, rétenteur anal, érudit autodidacte et tueur en série, débarque avec une nouvelle idée fixe : trouver la femme de sa vie et se marier afin d’atteindre un stade supérieur de l’évolution. Rien de plus simple pour lui, qui entend bien entendu opérer de la manière la plus efficace et logique qui soit. Selon ses propres critères, du moins : « J’ai découpé les îles en plusieurs zones, dit Serge en feuilletant son bloc-notes, comme ils font pour recenser les daims en danger d’extinction. Si la Femme idéale se trouve à l’intérieur de ce quadrillage, elle ne m’échappera pas ».

Et pendant que Serge, accompagné de son inséparable ami Coleman pourtant mort depuis longtemps – mais l’auteur fait ce qu’il veut, pour le plus grand malheur du narrateur omniscient –, passe les Keys au peigne fin, d’autres personnages convergent vers Big Pine Key, son No Name Pub et ses daims miniatures.

Exécutions à Victory, S. Craig Zahler

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 05 Juin 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Gallmeister

Exécutions à Victory (Mean Business on North Ganson Street), mars 2015, trad. de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides, 480 pages, 18 € . Ecrivain(s): S. Craig Zahler Edition: Gallmeister

 

« Le nom de la ville, c’est Victory. (Bettinger ricana.) Pense au pire bidonville que tu aies jamais vu, chie dessus pendant quarante ans et tu auras une idée de ce à quoi ça ressemble ».

Il peut toujours ricaner, Jules Bettinger, il n’en demeure pas moins qu’après avoir involontairement poussé au suicide un type venu porter plainte, c’est à Victory, dans le Missouri, qu’il est muté avec sa petite famille. Et le tableau que lui brosse son nouveau chef lorsqu’il arrive est encore moins ragoûtant que ce qu’il pensait :

« – […] Environ soixante-dix pour cent des hommes entre dix-huit et quarante-cinq ans à Victory ont un casier judiciaire. Et il y a fort à parier que ceux qui vivent dans les zones abandonnées et les égouts font monter ce nombre à quatre-vingts pour cent. Un huit suivi d’un zéro, donc…

Bettinger fit la grimace.