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Polars

Les Amazoniques, Boris Dokmak

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 22 Septembre 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Ring Editions

Les Amazoniques, avril 2015, 430 pages, 19,95 € . Ecrivain(s): Boris Dokmak Edition: Ring Editions

 

Voici un roman qui est tout le contraire d’un long fleuve tranquille, même si la majeure partie de son cours narratif se déroule sur les eaux généralement languides d’un immense réseau fluvial plus ou moins imaginaire que l’auteur situe dans une région inconnue aux confins de la Guyane et des pays limitrophes.

Dans cet enfer vert et quasi-vierge d’exploration, vit depuis des années le professeur Loiseau, un ethnologue français, en immersion dans des ethnies amérindiennes mal connues.

Un jour, à la stupéfaction des autorités locales, surgit de la forêt un Indien malade à l’agonie, « complètement radioactif », appartenant à la tribu considérée comme totalement éteinte des Arumgaranis cannibales. L’homme, porteur d’un mystérieux carnet noir rend l’âme immédiatement.

Dans le même temps est annoncée la disparition de Loiseau, soupçonné d’avoir assassiné ou fait assassiner au cœur de la jungle, pour des raisons obscures, Mc Henry, un agent américain représentant d’importants intérêts politico-économiques états-uniens. En conséquence, la vie de Loiseau est officiellement tenue pour fortement menacée.

Le plus jeune fils de Dieu, Carlos Salem

Ecrit par Prescillia Bourguignon , le Mardi, 22 Septembre 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Actes Noirs (Actes Sud)

Le plus jeune fils de Dieu, février 2015, traduit de l’espagnol par Amandine Py, 416 pages, 23 € . Ecrivain(s): Carlos Salem Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

Dans Le plus jeune fils de Dieu, Carlos Salem nous plonge dans la chaleur Madrilène où un serial killer s’en prend à des pseudos journalistes de la presse people. Le suspect de ces meurtres est Dieu Jr, ancienne célébrité de téléréalité, principalement connu pour affirmer être le plus jeune fils de Dieu. Le roman suit la quête de Poe, ancien ami du suspect, écrivain-poète raté qui n’a connu le succès que lorsqu’il a commencé à écrire par plaisanterie des livres à l’eau de rose érotiques. Convaincu de l’innocence de Dieu Jr, Poe va alors tout faire pour retrouver son ancien ami dont les seuls miracles à l’époque étaient de remplir des bières vides et de rendre vierges et chastes les jeunes filles avec lesquelles il souhaitait coucher. Tout au long de son enquête Poe va ainsi conter les aventures de Dieu Jr sous forme d’Evangile, le tout est ainsi entrecoupé des aventures amoureuses du narrateur et de sa recherche assidue du suspect. Au fil des meurtres, le héros nous raconte ses déboires quotidiens, sa passion enivrante, ses mensonges, son passé, tout semble décousu et pourtant Salem nous conduit au plus profond de l’intrigue page après page.

Ambulance, Suso de Toro

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 03 Septembre 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne, Rivages/Thriller

Ambulance (Ambulancia), traduit de l’espagnol par Georges Tyras, 176 pages, 16 € . Ecrivain(s): Suso de Toro Edition: Rivages/Thriller

 

 

Santiago de Compostella, vous connaissez ? Saint-Jacques de Compostelle, le terminus de tous ces chemins qui rident les cartes de l’Europe, de plus en plus. Une ville de pèlerinage que l’on n’imagine a priori pas comme un décor propice au crime et à la folie (si ce n’est celle des foules de pèlerins, que la morale et l’église contiennent, tout de même !). Une petite ville plutôt calme, au bout du compte. Sauf quand… quand ça se met à ne plus aller ! Mais alors plus du tout. Si bien des chemins mènent à Compostelle, il semblerait aussi que les choses qui s’y passent sont parfois comme écrites d’avance, inévitables dans leur enchaînement absurde et irrépressible. Tellement inévitable que l’on peut même commencer par parler de ce roman un peu fou du Galicien Suso de Toro en commençant par sa fin. Une fin qui dit tout en ne révélant rien. Rassurez-vous.

Une disparition inquiétante, Dror Mishani

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 03 Septembre 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Seuil, Israël

Une disparition inquiétante, trad. de l’hébreu par Laurence Sendrowicz, 336 pages, 21 € . Ecrivain(s): Dror Mishani Edition: Seuil

Avraham Avraham est sans doute le frère littéraire de Meyer Meyer – l’un des héros du 37ème district d’Isola dans les romans d’Ed McBain. Comme lui, il est Juif. Comme lui ses parents ont trouvé drôle de le prénommer en l’affublant de son nom de famille. Comme lui, il est flic, introverti, plutôt timide et discret. Comme lui il admire sa cheffe (Pour Meyer c’était son chef, Steve Carella).

Pourtant, le cadre de ce roman, le talent époustouflant de Mishani, la narration fascinante, nous mènent vite au-delà d’une lecture de divertissement. C’est un grand roman policier, haletant, surprenant jusqu’au bout, qui nous tient incrédules dans ses rebondissements, ses contrepieds, son stupéfiant dénouement.

Tel Aviv. Enfin sa banlieue de Holon. Plutôt triste, ennuyeuse, faite de cités populaires. Le commissariat est à l’image du quartier : pas de quoi faire rêver de carrière pour un flic. Et Avraham Avraham ne rêve pas. Il fait son boulot, avec application, honnêteté, humanité. C’est un bon flic. Mais dans cette enquête, il se trompe. Pas un peu : il se trompe de la première page à la dernière, sans exception ! Ça n’enlève rien à ses qualités, ni à la sympathie qu’il provoque chez les gens, ses collègues. Chez nous, lecteurs. « Un homme compétent est un homme qui se trompe selon les règles » écrivait Paul Valéry (Mauvaises pensées et autres). Avraham Avraham est, à n’en pas douter, un homme compétent.

Cassandra, Todd Robinson

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 02 Septembre 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Gallmeister, La rentrée littéraire

Cassandra (The Hard Bounce), août 2015, trad. de l’anglais (USA), par Laurent Bury, 380 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): Todd Robinson Edition: Gallmeister

 

« Junior se dirigea vers eux à grands pas, la colère lui donnait un coup de soleil irlandais.

– Je vais te tuer et t’enculer après, tapette !

Je n’étais pas sûr que Junior pensait ce qu’il disait, mais je lui emboîtais le pas.

– Ouais, il est pas gay, c’est juste qu’il aime enculer les morts.

Dans les grands rétroviseurs, je vis la peur sur le visage de Mulet. Tout à coup, il se pencha pour ramasser quelque chose. J’étais à peu près sûr que ce n’était pas un chaton ».

Ainsi va la vie pour Boo et Junior, videurs du Cellar, boîte miteuse de Boston, et pas vraiment des prix Nobel de la Paix. Jusqu’au jour où les deux amis inséparables depuis l’orphelinat sont contactés par le procureur de la ville qui voudrait récupérer discrètement sa fille fugueuse. Dès lors, leur vie pas vraiment fabuleuse va devenir carrément dégueulasse.