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Polars

Mais délivrez-nous du mal, Maurice Gouiran

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mercredi, 03 Juillet 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jigal

Mais délivrez-nous du mal, mai 2013, 248 pages, 18 € . Ecrivain(s): Maurice Gouiran Edition: Jigal

 

On se souvient du scandale de la Clinique du sport à Paris et du procès de 2010 qui, au terme d’une instruction de dix longues années, se termina par la condamnation du directeur et de l’un des chirurgiens à de la prison ferme. En cause, la mycobactérie xénopi, à l’origine d’infections nosocomiales ayant causé des dommages irréversibles à de nombreux patients. Maurice Gouiran, pour les besoins de son vingt-deuxième roman, transpose l’affaire dans le « milieu » des établissements médicaux marseillais. Nous sommes en mai 2012, et Jean-Lucien de Ponterne, directeur et propriétaire de la clinique Les Acacias, ainsi que deux de ses chirurgiens doivent répondre devant la justice de la contamination par la bactérie de trente-huit personnes, dont plusieurs sportifs de haut niveau. Oui, mais voilà… au moment où le procès s’ouvre, Jean-Lucien de Ponterne joue les abonnés absents. Difficile, en effet, de se présenter à une audience et de s’assoir sur le banc des accusés, lorsque l’on vient de prendre une balle dans la tête et de cramer dans « un champ envahi par les roquettes et les camomilles », à quelques encablures de l’Estaque.

Défoncé, Mark Haskell Smith

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 02 Juillet 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Défoncé (Baked, 2010), traduit de l’anglais (USA) par Julien Guérif, juin 2013, 332 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Mark Haskell Smith Edition: Rivages/Thriller

Alors qu’il sort de chez lui, Miro Basinas reçoit une balle dans la poitrine. C’est d’autant plus déplaisant pour lui (« Une balle peut vraiment foutre votre journée en l’air ») qu’il planait jusque-là sur un petit nuage après avoir remporté quelques semaines auparavant, à Amsterdam, la Cannabis Cup. Car Miro, botaniste amateur mais éclairé, a créé une herbe de très haute qualité qui devrait assurer à la fois son avenir matériel et sa réputation chez les fumeurs de joints pour des siècles et des siècles. Mais, de toute évidence, ce succès suscite aussi des jalousies.

Comme les précédents romans de Mark Haskell Smith, découvert en France il y a une petite dizaine d’années avec À bras raccourcis, Défoncé est pour le moins débridé. Il faut bien dire qu’avec une galerie de personnages rassemblant un botaniste admirateur de Floyd Zaiger, inventeur du pluot, un flic faussement détaché mais constamment malade, une infirmière dominatrice, un tueur psychopathe incapable de s’empêcher de ramasser n’importe quelle croûte accrochée au mur du logement de ses victimes et un mormon converti au culte du burrito, il y a de quoi faire. Et, à partir de cet échantillon particulièrement secoué d’humanité, Mark Haskell Smith multiplie les combinaisons. Tel Floyd Zaiger essayant de croiser des prunes avec des abricots, Smith provoque des rencontres étonnantes propres à aboutir à des scènes délicieusement hilarantes.

Emergency 911, Ryan David Jahn

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 20 Juin 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Actes Noirs (Actes Sud)

Emergency 911, trad. (USA) par Simon Baril février 2013, 331 p. 22 € . Ecrivain(s): Ryan David Jahn Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

Partir avec Ryan David Jahn dans cette poursuite éperdue d’une fille qu’on a arrachée à son père sept ans plus tôt et qu’on croyait morte, est une traversée rugueuse du cœur même de la littérature noire. Jahn nous offre, dans un style toujours aussi nerveux et dense (on se rappelle le « De bons voisins » haletant !) une sorte d’épure absolue du polar, dans une version extrême. Par sa noirceur, son incroyable violence, son scénario élémentaire, Emergency 911 constitue le parfait syntagme du thriller.

Autant en avertir d’emblée les lecteurs sensibles : les scènes de violence de ce roman touche au gore dans sa version « bistouri » ! Dans une débauche de détails horrifiques qui rappellent les ralentis des films de Sam Peckinpah. Le rapprochement d’ailleurs s’impose : simplicité de l’histoire, étirement des scènes violentes, comment ne pas évoquer « Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia » par exemple ?

« Davis fait un bond de côté, mais ça ne suffira pas pour échapper à la balle du deuxième canon, qui l’atteint en plein visage. Il n’a même pas le temps de crier. En une fraction de seconde, son visage se transforme en un masque de sang et de muscles. Des dents et des fragments d’os se répandent dans l’allée derrière lui, à l’intérieur d’un triangle rouge qui s’élargit, comme si sa tête était un sachet de ketchup qu’on avait écrabouillé. »

Fin de course, C. J. Box

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 14 Juin 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Calmann-Lévy

Fin de course (Nowhere to run, 2010), trad. de l’anglais (USA) par Aline Weill, avril 2013, 355 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): C. J. Box Edition: Calmann-Lévy

 

Alors qu’il ne va pas tarder à quitter son affectation à Baggs, dans la Wyoming, le garde-chasse Joe Pickett entreprend une dernière expédition dans la Sierra Madre, après que des chasseurs lui ont confié s’être fait dérober un wapiti qu’il venait d’abattre. Il rencontre bien vite deux jumeaux vivant reclus dans la montagne, et refusant de se soumettre à une quelconque autorité, Pickett devient une proie traquée. Échappant finalement à ses poursuivants, il se trouve alors confronté à la mise en doute de son aventure aussi bien par la police locale que par le FBI ou ses supérieurs. Supputant que tout cela cache quelque chose et décidé à réparer l’humiliation qu’il a subie, Pickett décide de retourner dans la Sierra Madre.

Pour la dixième aventure mettant en scène son héros récurrent, C.J. Box décide d’offrir au lecteur deux romans pour le prix d’un : un roman du type de ce que l’on appelle dans le cinéma d’horreur « survival », où le personnage principal se trouve traqué par des psychopathes dont on ne peut qu’imaginer ce qu’ils feront de lui une fois qu’ils lui auront mis la main dessus d’une part, une enquête plus classique d’autre part centrée comme souvent chez Box sur des citoyens injustement victimes de la corruption des politiques et de la collusion de ces derniers avec les milieux d’affaires.

Le retour du gang, Edward Abbey

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 08 Juin 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Gallmeister

Le retour du gang (Hayduke Lives !), traduit de l’américain par Jacques Mailhos 2013 430 pages, 24,50 € . Ecrivain(s): Edward Abbey Edition: Gallmeister

 

Le gang de la clef à molette est de retour !

C’est avec un véritable plaisir que l’on retrouve le quatuor enflammé, à la tchatche facile, à la vanne contagieuse. Quelques années ont passé depuis leurs premières aventures. Après les démêlés judiciaires de la fin du premier opus, les uns et les autres se sont rangés. Doc et Bonnie ont eu un bébé, attendent le deuxième alors que Seldom Smith est, lui, bien occupé entre toutes ses femmes. Il n’y a que George qui poursuit le combat. Un temps laissé pour mort (du moins officiellement), il est toujours bien en vie, ainsi que le proclame le titre original, Hayduke Lives ! Il est toujours bien en vie et continue à sillonner les grands espaces et à poser ses pièges contre les industriels qui ravagent la nature. Il est devenu un emblème, une idée.

Et pour sa deuxième aventure, le gang se retrouve confronté à un ennemi de taille, un monstre, le super-excavateur géant GOLIATH. Un engin qui fait 125 mètres de long, qui pèse treize mille cinq cents tonnes, haut de 23 mètres, avec 27.000 m2 de surface de travail. C’est le plus terrifiant engin construit par l’homme. On le dirait tout droit tiré d’un film de science-fiction.