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Polars

Le retour du gang, Edward Abbey

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 08 Juin 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Gallmeister

Le retour du gang (Hayduke Lives !), traduit de l’américain par Jacques Mailhos 2013 430 pages, 24,50 € . Ecrivain(s): Edward Abbey Edition: Gallmeister

 

Le gang de la clef à molette est de retour !

C’est avec un véritable plaisir que l’on retrouve le quatuor enflammé, à la tchatche facile, à la vanne contagieuse. Quelques années ont passé depuis leurs premières aventures. Après les démêlés judiciaires de la fin du premier opus, les uns et les autres se sont rangés. Doc et Bonnie ont eu un bébé, attendent le deuxième alors que Seldom Smith est, lui, bien occupé entre toutes ses femmes. Il n’y a que George qui poursuit le combat. Un temps laissé pour mort (du moins officiellement), il est toujours bien en vie, ainsi que le proclame le titre original, Hayduke Lives ! Il est toujours bien en vie et continue à sillonner les grands espaces et à poser ses pièges contre les industriels qui ravagent la nature. Il est devenu un emblème, une idée.

Et pour sa deuxième aventure, le gang se retrouve confronté à un ennemi de taille, un monstre, le super-excavateur géant GOLIATH. Un engin qui fait 125 mètres de long, qui pèse treize mille cinq cents tonnes, haut de 23 mètres, avec 27.000 m2 de surface de travail. C’est le plus terrifiant engin construit par l’homme. On le dirait tout droit tiré d’un film de science-fiction.

Manuel du Hors-la-loi, Daniel Woodrell

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 01 Juin 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Manuel du hors-la-loi, traduit de l’anglais (USA) par Isabelle Maillet, avril 2013, 187 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Daniel Woodrell Edition: Rivages/Thriller

Hors-la-loi mais aussi hors du monde. Tels sont les personnages qui hantent les douze nouvelles de ce recueil de Daniel Woodrell. Dans cette région rude et isolée des Ozarks, devenue le lieu de prédilection de ses écrits noirs, Woodrell dépeint des vies à la marge, tout autant de la loi que de l’Amérique, des communautés repliées sur elles-mêmes et méfiantes vis-à-vis de l’étranger comme de leurs propres membres.

Au milieu de cette nature encore sauvage, à la fois splendide et menaçante, les liens entre les autochtones sont particuliers, les tensions exacerbées, les comportements déviants acceptés parce qu’ils sont cachés ou au contraire assumés et jetés à la face des autres. Ainsi verra-t-on un homme continuer à venir tuer le cadavre du voisin qu’il a assassiné, une fille s’occuper de son oncle pervers (« Mon bébé, il tient pas dans un berceau. Mon bébé, il fait bien cent kilos, il est dans un fauteuil roulant, il reste silencieux tout le temps et c’est dur de le pousser dans les côtes. Il peut plus parler depuis qu’il a reçu ce coup sur la tête que je lui ai moi-même donné. Je lui ai défoncé le crâne d’un coup de pioche, et depuis il a plus dit un mot, ni à moi ni à personne »), un fils mettre le feu à la maison de ses voisins pour que sa mère malade puisse voir le paysage qu’elle a toujours aimé, un étranger nouvellement installé, aux prises avec de dangereux locaux…

La bouche qui mange ne parle pas, Janis Otsiemi

Ecrit par Theo Ananissoh , le Jeudi, 30 Mai 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jigal

La bouche qui mange ne parle pas, septembre 2012, 171 pages, 8 € . Ecrivain(s): Janis Otsiemi Edition: Jigal

 

 

L’un est un policier et l’autre, un malfrat qui vient de braquer une agence bancaire. Le flic prend en otage le complice du braqueur et réclame une part du gâteau. Le braqueur, très dégoûté, paye la rançon en déposant l’argent dans un bac à poubelle.

 

« – J’ai vu ton colis. Si tu es dans le coin, tu peux venir récupérer ton copain Dodo.

– Il sait où me trouver.

– Ça a été un plaisir de faire affaire avec toi, Jimmy.

– Ce n’est pas un plaisir partagé ».

Fantôme, Jo Nesbø

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 21 Mai 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Série Noire (Gallimard)

Fantôme, traduit du norvégien par Paul Dott, avril 2013, 560 pages, 21 € . Ecrivain(s): Jo Nesbø Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Pour sa neuvième apparition, l’inaltérable Harry Hole revient de son exil hongkongais pour tenter de résoudre une affaire qui le touche de près. En effet, Oleg, le fils de Rakel, l’amour de sa vie, est accusé du meurtre de Gusto, un dealer avec lequel il traînait depuis quelques années. Toutefois, au fur et à mesure qu’il avance dans son enquête, Hole met à jour de nombreuses collusions entre services de police, politiques locaux et un mystérieux trafiquant de drogue surnommé Dubaï. Ce faisant, il perturbe un fragile équilibre et devient lui-même une cible à abattre.

Personnage attachant et complexe, c’est toujours avec plaisir que l’on retrouve Harry Hole. Ajoutons à cela la thématique du trafic de drogue, de la marginalité et de la corruption en Norvège, qui vient quelque peu bousculer l’image que l’on peut avoir de ces sociétés scandinaves souvent citées en exemple chez nous et, bien entendu, le savoir-faire de Jo Nesbø. Car l’auteur norvégien est indéniablement aujourd’hui l’un des meilleurs auteurs de thriller. Imaginatif, collant au plus près à la réalité sociale et politique, mais aussi spécialiste éprouvé des fins de chapitres qui donnent envie de continuer à tourner les pages, et de la mise en place de fausses pistes et de personnages ambigus, il fait preuve d’un savoir faire qui lui permet d’accrocher le lecteur et de le tenir en haleine.

Les violents de l'automne, Philippe Georget

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Samedi, 18 Mai 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jigal

Les violents de l’automne, mai 2012, 344 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Philippe Georget Edition: Jigal

 

Ce n’est sans doute pas un hasard si Philippe Georget a choisi dans son dernier roman Les violents de l’automne, paru en 2012 aux éditions Jigal, et dont l’intrigue se déroule à Perpignan, de décrire en toile de fond la vie des rapatriés d’Algérie, leurs luttes pour sauvegarder intacte la mémoire de leurs morts, leur nostalgie d’une terre qu’ils sacralisent, leurs rancœurs parfois et leurs désillusions, souvent.

L’année 2012, cinquantième anniversaire de l’accession à l’indépendance de l’Algérie, est aussi l’année où cette ville forte à dix pour cent d’une population ayant des origines pieds-noirs s’apprête à inaugurer Le Centre de documentation des Français d’Algérie, après avoir inauguré en 2003 la stèle aux fusillés et combattants morts pour l’Algérie française, à l’initiative de l’Association de Défense des Intérêts Moraux et Matériels des Anciens Détenus et Exilés politiques de l’Algérie française, et érigé en 2007 le mur des disparus, financé par des fonds privés.

Dans ce roman policier enraciné dans le Languedoc-Roussillon, Gilles Sebag est un lieutenant de police intuitif, à l’excellente renommée, époux parfois inquiet de la fidélité de sa femme et bon père de famille, mais qui a perdu de sa foi en sa profession.