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Polars

Pur, Antoine Chainas

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 18 Novembre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Série Noire (Gallimard)

Pur, septembre 2013, 307 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Antoine Chainas Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Patrick Martin recouvre ses esprits en contrebas d’une autoroute du sud de la France, non loin de sa voiture dans laquelle sa femme est morte. Cet accident prend bien vite une autre dimension que celle d’un simple fait divers. Patrick aurait eu, avant le drame, une altercation avec deux jeunes arabes sur une aire d’autoroute et ceux-ci l’auraient poursuivi. Dans ce Midi où les plus riches se terrent dans des résidences sécurisées, où le maire entend se faire réélire en fustigeant les populations basanées qui participent de l’insécurité et en s’appuyant sur le groupuscule d’extrême-droite Force et Honneur, Patrick Martin devient un symbole et peut-être plus encore, une arme manipulée par ceux qui voudraient capitaliser sur les violences intercommunautaires.

En l’espace de quelques années, Antoine Chainas s’est imposé comme un des auteurs phares de la nouvelle Série Noire en particulier et comme un des meilleurs auteurs français de roman noir en général. Avec Pur, son cinquième roman dans la collection noire de Gallimard, celui qui s’est fait remarquer par son sens de la provocation et son audace stylistique semble s’assagir un peu.

Une fille comme les autres, Jack Ketchum

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 13 Novembre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Folio (Gallimard)

Une fille comme les autres (The Girl Next Door, 1989), traduit de l’anglais (USA) par Benoît Domis, Folio Policier, septembre 2013, 381 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Jack Ketchum Edition: Folio (Gallimard)

 

 

Dans une petite ville du New Jersey, au cœur des années 1950, David, douze ans, rencontre Meg. Un peu plus âgée que lui, Meg vient d’aménager avec sa petite sœur chez les voisins de David, les Chandler, après que leurs parents sont morts dans un accident de voiture. Dans ce petit quartier résidentiel, au cœur de l’été, la belle Meg constitue une nouvelle attraction. Mais petit à petit David se rend compte que les frères Chandler et leur mère, Ruth, entretiennent vis-à-vis de Meg une relation étrange et inquiétante. Dans cette maison dont la cave abrite un lugubre abri antiatomique, David, partagé entre la fascination et la répulsion, va être le témoin d’actes odieux.

« Vous serez effrayé de tourner ces pages, mais vous ne pourrez pas vous en empêcher » affirme Stephen King dans la préface qu’il a écrite pour ce roman ; et il s’y connaît.

San Pedro la nuit, Joseph Wambaugh

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 06 Novembre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Calmann-Lévy

San Pedro la nuit (Harbor Nocturne, 2012), traduit de l’anglais (USA) par Elsa Maggion, septembre 2013, 370 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Joseph Wambaugh Edition: Calmann-Lévy

 

Avec ce cinquième volet de la nouvelle série initiée en 2006 autour du commissariat d’Hollywood et plus particulièrement des équipes de nuit, renouant ainsi avec les histoires de flics qui avaient fait son succès, Wambaugh aborde un nouvel espace de la Cité des Anges. Après le quotidien sur Hollywood boulevard, les patrouilles censées faciliter les relations entre la police et les citoyens, la vie des quartiers riches et les galères des laissés pour compte, place au quartier du port de San Pedro, aux tensions mais aussi aux fraternisations entre ethnies.

Délaissant quelque peu les anecdotes auxquelles il nous a habitués – même si l’on a droit au désormais passage obligé des embrouilles entre super héros sur le boulevard – Wambaugh se concentre presque exclusivement sur une histoire. Celle de la rencontre entre Dinko, jeune docker d’origine croate voyant d’un mauvais œil la « mexicanisation » de son quartier et de Lita Melinda, immigrée clandestine mexicaine qu’il tente de soustraire à un gang de proxénètes tenu par un soi-disant russe et un coréen.

Les hamacs de carton, Colin NIel

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 04 Novembre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Actes Sud

Les Hamacs de carton, une enquête du capitaine Anato en Amazonie française, juin 2013 (première édition aux Ed. du Rouergue en 2012), 380 p. 8,80 € . Ecrivain(s): Colin Niel Edition: Actes Sud

Une intrigue dense et bien ficelée, des personnages consistants, pour cette enquête policière dans laquelle on se laisse volontiers embarquer. Son originalité est sans conteste l’univers dans lequel elle se déroule, peu exploré habituellement dans ce genre de littérature : la Guyane française, et plus particulièrement les communautés de Noirs-Marrons qui vivent le long du fleuve Maroni.

Le capitaine Anato mène l’enquête, fraîchement débarqué de la capitale métropolitaine, de la nécropole, comme certains Guyanais appellent la France. Anato est lui-même d’origine ndjuka, l’une de ces communautés de Noirs-Marrons, mais de ses origines, il ne connaît pas grand-chose, car ses parents avaient quitté la Guyane pour la France alors qu’il était encore enfant. Il a donc passé la majeure partie de sa vie à Paris. Mais le jour où ses deux parents, retournés en Guyane pour la première fois depuis tout ce temps, meurent là-bas dans un accident de voiture, le capitaine Anato ressent le besoin de se rapprocher de ses origines. Il postule donc pour un poste à Cayenne, sans trop savoir ce qu’il espérait retrouver là-bas. Il y retrouvera des membres de sa famille, mais se sentira au départ véritablement étranger, ne connaissant rien ou presque de la culture ndjuka d’une part, et d’autre part à cause de son métier, car une des premières enquêtes qui lui sera confiée le plongera de plain-pied dans ces communautés qui vivent au bord du fleuve.

Echappement libre, Jean Chauma

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 23 Octobre 2013. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Echappement libre, Editions BSN Press, mai 2013, 200 pages, 19 € . Ecrivain(s): Jean Chauma

Paris, juin 1968, un jeune homme, Dominique Delille, quinze ans, déambule, seul, dans les rues de Paris. En langage adulte, il a fugué ; dans son vocabulaire, il est « tout simplement parti, […] un mélange de fuite et de départ en voyage ».

Après quelques jours d’errance et plusieurs vols, la cavale prend fin, à la rue Victor Hugo, dans le restaurant du même nom. Celui-ci, fréquenté par le Milieu, est tenu par la famille David, soit Roger, le père, ancien garçon coiffeur, œuvrant comme mac, receleur et organisateur de parties de poker ; sa femme, Andrée, ancienne spécialiste de la fellation, devenue maquerelle et leur fille, Martine, de même que Dominique. Il est engagé comme plongeur aux côtés d’un vieux Tunisien, Omar, cuisinier. Pas de question, pas de commentaire, on ne lui demande rien.

« Il était évident pour Andrée que ce jeune garçon était fugueur. Cela ne la troublait en rien. Elle pensait que chacun avait sa propre destinée à suivre. Elle-même, à l’âge de quinze ans, avait quitté le trou perdu où elle était née. Elle avait fui ce monde de paysans, profitant d’un marchand qui passait par là et qui lui fit payer son voyage jusqu’à Paris à coup de pipes. Comme il ne faisait pas le chemin en ligne droite mais allait de villages en petits bourgs, le voyage dura plusieurs jours ».