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Biographie

Nicolas Bouvier, passeur pour notre temps, Nadine Laporte

Ecrit par Sanda Voïca , le Vendredi, 03 Juin 2016. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Nicolas Bouvier, passeur pour notre temps, Le Passeur, avril 2016, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Nadine Laporte

 

Nicolas Bouvier, étonnant passeur de poésie

Pourquoi l’engouement et le succès des livres de Nicolas Bouvier ? Peut-être parce qu’ils « donnent à voir et à penser ce que nous sommes exactement, dans ce monde quelquefois traversé avec inconséquence », écrit Nadine Laporte dès l’Introduction.

« C’est le troisième présent que nous offre Nicolas Bouvier : une certaine façon de vivre le monde et le temps. Il ne s’agit pas de s’adapter à un lent cheminement continu qui deviendrait corrosif. Il s’agit de savoir profiter de cette flânerie qu’offrent le voyage et la vie, pour se rendre plus disponible aux fulgurances ».

Passeur, donc, de SON TEMPS pour notre temps ! Pour qu’il devienne NOTRE TEMPS aussi, ce « troisième présent ».

Signoret ou la traversée des apparences, Chantal Pelletier

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Mercredi, 11 Mai 2016. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions des Busclats

Signoret ou la traversée des apparences, septembre 2015, 128 pages, 12 € . Ecrivain(s): Chantal Pelletier Edition: Editions des Busclats

 

Au départ du livre Signoret ou la traversée des apparences, paru en 2015 aux éditions des Busclats, Chantal Pelletier nous avertit d’emblée : « Simone Signoret ne me passionnait pas… », en fait, ce livre est une commande d’une productrice de la télévision.

Répondant à cette demande, peu à peu l’auteur va se prendre au jeu avec des sentiments contradictoires, perplexité, agacement puis « une rêverie » a surgi en elle pour « cette femme puissante », figure féminine française du XXème siècle. Elle aurait même souhaité la rencontrer, en faire une amie.

Cette femme, finalement, l’entraîne dans son sillage. Lecteur, ne vous y trompez pas, Chantal Pelletier ne rédige pas une biographie, non pas du tout. L’écrivain se prend d’affection pour le personnage qu’elle donne d’elle à l’image et surtout pour la personne de cette « femme puissante ». C’est en tant que femme engagée qu’elle va la suivre. Et nous allons cheminer avec elle dans un portrait à facettes. Elle va nous dévoiler son parcours glorieux, chaotique, déchiré, déchirant, exaltant, celui d’une femme au parcours d’une femme « au cœur battant qui a bravé beaucoup de tabous, a osé ce que personne n’avait osé avant elle et que personne n’osa après elle ».

Comédie française Ça a débuté comme ça, Fabrice Luchini

Ecrit par Arnaud Genon , le Mardi, 03 Mai 2016. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Flammarion

Comédie française Ça a débuté comme ça, mars 2016, 256 pages, 19 € . Ecrivain(s): Fabrice Luchini Edition: Flammarion

 

 

Le passeur de textes

On ne sait pas grand-chose de Fabrice Luchini. On connaît le personnage médiatique, qui vient présenter ses spectacles ou ses films avec brio sur les plateaux de télévision et n’épargne aucun présentateur de ses coups de folie drolatiques. On connaît le comédien de talent, qui prête sa voix aux plus grands auteurs français. Il livre bien, de temps en temps, dans une interview quelques « indiscrétions » un peu plus intimes, mais le plus souvent pour amuser la galerie, de sorte qu’on ne sait jamais si elles sont réelles ou de circonstance. Son autobiographie, que publient les éditions Flammarion, est alors d’autant plus attendue par tous ceux qui suivent le comédien et en admirent le talent.

Flannery O’Connor, Dieu et les gallinacés, Cécilia Dutter

Ecrit par Laurent Bettoni , le Mercredi, 30 Mars 2016. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Flannery O’Connor, Dieu et les gallinacés, éd. du Cerf, mars 2016, 208 pages, 19 € . Ecrivain(s): Cécilia Dutter

 

Grande romancière et nouvelliste américaine du vieux Sud des États-Unis, Flannery O’Connor, malgré une vie brève et marquée par la maladie, a laissé une œuvre puissante, encore trop méconnue du public français, bien qu’elle ait fait l’objet d’une édition intégrale en Quarto chez Gallimard.

Cécilia Dutter se fait ici l’écho de cette voix singulière. Elle retrace avec talent et admiration l’itinéraire de la femme et de l’écrivain, dans une biographie aussi littéraire qu’intime. L’auteur s’y dévoile de temps à autre, par petites touches, derrière cette « maîtresse en littérature » qu’elle fut.

Atteinte d’un lupus érythémateux, maladie auto-immune grave qui lui valut de nombreux séjours à l’hôpital et dont elle mourut à l’âge de 39 ans, Flannery O’Connor passa l’essentiel de son existence dans son domaine de Milledgeville, en Géorgie où, entourée de ses paons et autres gallinacés, elle consacra le peu d’énergie qu’il lui restait à l’écriture.

Né au bon moment, David Lodge

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 08 Mars 2016. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Rivages

Né au bon moment (Quite a Good Time to Be Born, A Memoir, 1935-1975) traduit de l’anglais par Maurice Couturier, février 2016. 561 p. 24 € . Ecrivain(s): David Lodge Edition: Rivages

 

Pour tous ceux qui connaissent essentiellement David Lodge à travers ses œuvres hilarantes (et elles sont nombreuses*1), il faut dire d’emblée que cette première partie de son autobiographie est largement dominée par un sentiment durable de mélancolie. Lodge raconte ici son enfance, ses parents, les années de guerre, sa jeunesse, ses débuts dans la carrière d’écrivain. Est-il besoin de dire qu’il s’agit là de l’essentiel, des mémoires de l’auteur (il annonce en préface un second volet à venir « si j’en ai le temps »), les fondements d’une vie et d’une œuvre.

Sans cesse, David Lodge établit le lien entre les deux. Il tisse les passerelles entre les émotions, les blessures, les peurs de l’enfance et les traces qu’elles laisseront en lui et dans l’écriture d’une œuvre désormais immense, romans (25 !), biographies, nouvelles, pièces de théâtre. Il écrit, à propos de ses souvenirs de « pension » (qui ne dura qu’une petite semaine !) :

« A présent, je n’arrive plus à distinguer de façon certaine les détails empruntés à ma propre vie, ceux dictés par d’autres œuvres qui ont traité du sujet, comme « Portrait de l’artiste en jeune homme » de Joyce et « Frost in May » d’Antonia White, et ceux de mon invention ».