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Essais

Les gens heureux ont une histoire, 52 contraintes originales pour écrire son autobiographie, Balval Ekel

Ecrit par Thierry Radière , le Jeudi, 07 Juin 2018. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jacques Flament Editions

Les gens heureux ont une histoire, 52 contraintes originales pour écrire son autobiographie, avril 2018, 123 pages, 12 € . Ecrivain(s): Balval Ekel Edition: Jacques Flament Editions

 

Cette nouvelle parution de Balval Ekel est un livre pratique, didactique et littéraire à la fois. Il s’adresse à tous ceux et toutes celles qui voudraient écrire leur autobiographie mais ne savent pas par quel bout la commencer. Ou alors à ceux ou celles qui sont si complexé(e)s par la tâche à accomplir qu’ils la sursoient sans jamais l’honorer.

Balval Ekel sait de quoi elle parle. Elle-même professeure agrégée de Lettres Modernes, auteure et animatrice d’ateliers d’écriture, elle s’est rendu compte qu’avec des contraintes bien ciblées, elle parvenait à faire écrire à son public – parfois difficile à convaincre – des textes qui les ont rendus heureux en leur faisant prendre conscience de la richesse de leur vie.

L’amour de l’auteure pour d’une part la littérature et d’autre part son métier de passeur se sent dès l’avant-propos du livre. Sa bienveillance est communicative :

Charlus, Philippe Berthier

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 29 Mai 2018. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions de Fallois

Charlus, juin 2017, 168 pages, 19 € . Ecrivain(s): Philippe Berthier Edition: Editions de Fallois

 

 

Les essais autour de la Recherche n’en finiront jamais de fleurir, tant sa richesse semble une source inépuisable de réflexions et de points de rencontre, mais aussi tant s’avèrent justes les miroirs qu’elle nous tend, inflexible et tendre, cruelle et bienveillante.

Le professeur Philippe Berthier s’empare dans un court et virevoltant essai de l’un des personnages emblématiques de l’univers proustien, le baron de Charlus. Si le fond n’apporte pas de révélation inédite sur ce cher Palamède, laissant de côté certaines recherches, en privilégiant d’autres, l’agencement du livre apporte une lecture où l’érudition rivalise avec un style somme toute fort proustien, mais surtout un regard singulier où l’auteur se dit tout autant qu’il dit le personnage sur lequel il se penche.

Don Quichotte, Pietro Citati

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Lundi, 28 Mai 2018. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard, Italie

Don Quichotte, 2018, trad. italien Brigitte Pérol, avril 2018, 192 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Pietro Citati Edition: Gallimard

 

Pietro Citati lecteur de Cervantès

Pietro Citati prouve combien le Don Quichotte de Cervantès reste un livre inépuisable. Dans ce roman premier, sorte de chant renversant et mystique (sous certains aspects) et farce de première importance, Cervantès mélange le rire à la douleur. Et l’auteur italien commente à sa manière cette symbiose en dépliant des plis inconnus de la robe de Dulcinée du Toboso comme des hauts de chausse du héros et de son fidèle écuyer. Il prouve comment Cervantès procède pour que bien des ombres et des chausse-trappes nous attirent là où la question que les deux héros, inconsciemment, se posent, se déplace sans cesse entre un « qui je suis » et un « si je suis ».

Les mots de Cervantès ne font donc rien que constater les dégâts d’un héros premier de l’histoire du roman. Ecrire, rappelle l’Italien, est donc toujours croire à la vie mais dans un sens particulier. Et il appelle à l’éveil, à la lucidité du lecteur face à une œuvre hors norme et ses suites de fractures, merveilles, absurdités et critiques implicites. Celles-ci portent autant sur le rêve que sur la réalité. L’essai trace une nouvelle carte pour ce livre où se pose la question de leur sens.

Søren Kierkegaard, Œuvre I et II en la Pléiade

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Mardi, 22 Mai 2018. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, La Pléiade Gallimard

Søren Kierkegaard, Œuvre I et II, La Pléiade, Gallimard, mai 2018, sous la direction de Jean-Louis Jeannelle et Michel Forget, 62 et 63 € Edition: La Pléiade Gallimard

 

Redéfinir l’existentialisme

Søren Kierkegaard n’a eu cesse (dans ce qu’on a assimilé à tord à l’existentialisme à la française) à une défense de la foi contre l’église. En particulier la Danoise qu’il tourne en dérision au nom de son conformisme crasse que le père lui infligea avant qu’il ne se révolte. Cette religion de bas étage ne fait que gommer le paradoxe de la foi qui pour ce nouveau Pascal résulte du rapport et de l’incommensurabilité absolue entre la vérité éternelle et l’existence humaine.

Chez le philosophe du XIXème siècle mais dont le propos demeure d’actualité, l’existence impose de comprendre que les choses les plus opposées doivent et peuvent se réunir dans le processus de la naissance à soi-même. Cela demande un « effort » non seulement intellectuel mais de tous les instants dans le métier de vivre et bien loin d’une pure essentialisation. « L’individu, s’il ne devient pas possesseur de la vérité en existant, dans l’existence, ne la possédera jamais », écrit le philosophe. Le paradoxe, c’est donc l’expérience vivante et existentiellement vécue de cette vérité.

Nous sommes tous des féministes suivi de Les marieuses, Chimamanda Ngozi Adichie

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Vendredi, 18 Mai 2018. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Gallimard

Nous sommes tous des féministes suivi de Les marieuses, traduit de l’anglais par Sylvie Schneiter et Mona de Pracontal, livre audio, lu par Annie Milon, mars 2018, 12,90 € . Ecrivain(s): Chimamanda Ngozi Adichie Edition: Gallimard

« Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement ».

C’est par ces mots qui résument bien ce premier texte lu – retranscription d’une Conférence donnée en décembre 2012 lors d’un colloque annuel consacré à l’Afrique – que Chimamanda Ngozi Adichie engage une réflexion féministe sur un sujet toujours plus controversé. Elle le fait avec humour et délicatesse, affirmant cependant une personnalité qui très tôt s’est révélée engagée et décidée pour la Cause féministe. Habituée à donner des conférences notamment sur « la façon dont les stéréotypes appauvrissent nos idées notamment à propos de l’Afrique », elle accepte de parler de sa vision du féminisme tout en espérant malgré les doutes que ses propos susciteraient auprès d’un public attentif mais récalcitrant, que cette question ouvrira un débat nécessaire. Le féminisme lui-même étant limité par les stéréotypes et chargé de connotations lourdes et négatives.