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Revues

Apulée #4, Traduire le monde, Revue de littérature et de réflexion, Collectif (par Nathalie de Courson)

Ecrit par Nathalie de Courson , le Mercredi, 15 Mai 2019. , dans Revues, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Zulma

Apulée #4, Traduire le monde, Revue de littérature et de réflexion, Collectif, Editions Zulma, mars 2019, 415 pages, 28 €

 

 

« Espace d’accueil, don de mémoire inépuisable et promesse de liberté, elle ouvre toutes les geôles de l’intérieur »… Ce que dit ici Hubert Haddad de la langue peut s’appliquer à la revue annuelle Apulée dont il est le rédacteur en chef. Ce quatrième numéro, Traduire le monde, tient les promesses de son titre avec plus de cent contributions : articles, entretiens, récits, poèmes du monde entier traduits en une ou plusieurs langues. Quatre importants dossiers constituent les piliers de l’ensemble : « Québec à l’âge des premiers jours du monde » ; « Avot Yeshurun, quand l’exil devient parole » ; et deux dossiers consacrés aux grandes figures de la traduction que sont Claude Couffon et Henri Meschonnic. D’autres contributions s’ajoutent à ces dossiers comme les colonnes et les ornements d’une joyeuse tour de Babel.

La Révolution Sergio Leone, Gian Luca Farinelli, Christopher Frayling (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 07 Décembre 2018. , dans Revues, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, La Table Ronde

La Révolution Sergio Leone, Gian Luca Farinelli, Christopher Frayling, octobre 2018, 512 pages, 26,50 € Edition: La Table Ronde


La publication de cet ouvrage-catalogue fait écho à l’exposition « Il était une fois Sergio Leone »  qui se tient à La Cinémathèque française à Paris du 10 octobre 2018 au 28 janvier 2019. C’est d’ailleurs Frédéric Bonnaud, actuel directeur général de la Cinémathèque qui assure l’avant-propos de l’ouvrage. Il s’agit aussi de célébrer le cinquantième anniversaire de la sortie de l’un des films les plus célèbres du réalisateur italien, Il était une fois dans l’Ouestdont les images sont restées gravées dans l’esprit des spectateurs ainsi que son incroyable bande originale (cf. l’homme à l’harmonica). Christopher Frayling est un critique de cinéma britannique, spécialiste des westerns de Leone ; quant à Gian Luca Farinelli, il a dirigé la cinémathèque de Bologne et produit un documentaire sur Antonioni.

La honte, Dissonances#35 (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 27 Novembre 2018. , dans Revues, Les Livres, La Une Livres


Dis/sonances ou la revue en noir et blanc

Nous savons combien la vie des revues actuellement en France est d’une grande richesse. La revue Dissonances, fondée en 2002, témoigne comme d’autres publications à la fois d’une exigence des contenus mais aussi d’un travail de « révélateur » des écritures contemporaines. Elle a choisi autour de ses fondateurs dont Jean-Marc Flapp (actuel directeur de publication) un fonctionnement particulier fondé tout d’abord sur la variété des genres littéraires convoqués et ensuite sur une sélection par appel à textes rendus anonymes pour le comité de lecture, à partir d’un thème défini. En outre elle propose pour chaque numéro un dialogue visuel entre les textes et un(e) artiste non pas selon une simple approche illustrative mais bien plutôt selon un écho poétique fondé sur le noir et blanc et leur « entre-deux », le gris. Le numéro de l’hiver 2018 a pour thème la honte après le numéro 34 consacré aux traces.

À propos de Traction-Brabant 80, par Murielle Compère-Demarcy

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 15 Octobre 2018. , dans Revues, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Traction-Brabant 80, 2,40 €

 

Ce numéro 80 du 15 septembre 2018 permet à Patrice Maltaverne d’« aborder le thème sensible du grand âge », l’éditeur-poète s’imaginant être « aussi vieux que (s)on poézine ! ». Non sans humour et causticité comme à son habitude (on ne change pas de tempérament, même si au fil des années l’expérience nous apprend à peser l’importance des choses, en mieux ou en pire…). Ce qui nous donne un numéro aussi revigorant que son capitaine tient coûte que coûte le cap, malgré la concurrence et en dépit d’une société performative qui pousse ses pions à remplir leurs objectifs et faire leur bilan de compétences de plus en plus compétitives… Si Maltaverne était aussi vieux que son poézine, voyons voir, il aurait le bel avantage de se consacrer à plein temps à l’écriture, écrit-il bien campé dans sa page savoureuse des Incipits finissants, sa poésie « en viager », et pressant « les éditeurs, des gens de (s)a génération, donc des êtres d’expérience, de (l’) éditer plutôt deux fois qu’une, ou rien qu’une fois de plus, jusqu’à la prochaine, parce que voyez-vous, on n’est pas immortel, même moi, et çaserait dommage que je sois édité à titre posthume ». Il écrirait, il publierait, il courrait… conformément au rythme tendance d’une société boulimique produisant en temps chronophage (sourire), mais… ne vaudrait-il pas mieux « dormir, être décédé au quotidien » ?

Alkemie n°21, L’utopie (par Cyrille Godefroy)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Vendredi, 21 Septembre 2018. , dans Revues, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Classiques Garnier

Alkemie n°21, L’utopie, Classiques Garnier, juin 2018, 338 pages, 35 € Edition: Classiques Garnier

 

Alkemie se présente comme une revue semestrielle de littérature et de philosophie. Chaque numéro se fonde sur un thème traité en profondeur autour duquel se greffent diverses créations, fictions ou réflexions. Les numéros antérieurs ont abordé les thématiques cardinales de la mélancolie, l’oubli, la mort, la solitude, le silence, l’autre, l’éros, l’ennui, l’imaginaire… Le numéro 21 paru en juin 2018 se focalise sur l’utopie. Il s’ouvre sur une agora extrêmement stimulante portant sur le diptyque de l’absurde et du langage. Quatre écrivains d’origine roumaine y sont convoqués : Cioran, Fondane, Tzara, et Ionesco, le drolatique dramaturge qui révolutionna le théâtre traditionnel et qui confirme ici son talent d’essayiste et de théoricien de l’art : « S’attaquer à un langage périmé, tenter de le tourner en dérision pour en montrer les limites, les insuffisances, tenter de le faire éclater, car tout langage s’use, se sclérose, se vide ; tenter de le renouveler, de le réinventer ou simplement de l’amplifier, c’est la fonction de tout créateur ». Tristan Tzara, lui, percute les conformismes, affûte ses formules à l’emporte-pièce : « Je ne suis ni pour ni contre et je n’explique pas car je hais le bon sens ». Aurélien Demars, à l’appui de ce quatuor virtuose de libres penseurs plaide implicitement pour un isolement salutaire :